D'un point de vue anatomique, certains organes du porc comme le rein ou le coeur présentent des similitudes avec les organes humains ©Getty
D'un point de vue anatomique, certains organes du porc comme le rein ou le coeur présentent des similitudes avec les organes humains ©Getty
D'un point de vue anatomique, certains organes du porc comme le rein ou le coeur présentent des similitudes avec les organes humains ©Getty
Publicité
Résumé

Tout est bon dans le cochon ! La récente greffe d'un coeur de porc génétiquement modifié prouve que cet animal pourrait pallier le manque de greffons humains disponibles dans les années à venir. Mais ce n'est pas totalement une surprise: le porc est depuis longtemps notre allié en santé !

En savoir plus

Le porc, notre allié en solutions de santé ? ça ne date pas d'hier. Il nous a déjà souvent été bien utile: avant d'en fabriquer en laboratoire par génie génétique, on s'est servi longtemps de l'insuline de porc pour les diabétiques, on s'est servi aussi de l'héparine qu'on trouve dans leurs intestins comme anticoagulant. La peau du cochon aussi a pu servir de substitut cutané temporaire pour les grands brûlés. Enfin, depuis quelques dizaines d'années, on fait aussi des valves cardiaques à partir du péricarde des porcs: c'est du tissu mort donc pas de rejet. Ces valves biologiques sont souvent préférées d'ailleurs aux valves artificielles car elles réclament moins l'usage d'anticoagulants et elles peuvent durer des années.

On a vu ces dernières semaines qu'on peut aller plus loin encore, avec carrément des greffes d'organes. Le porc étant une espèce animale, on le traite génétiquement pour éviter le rejet chez l'homme. Mais c'est clairement une piste d'avenir pour pallier le manque de greffons humains et don l'attente souvent longue des malades a greffer. Il y a eu depuis septembre des expérimentations sur le coeur, sur le rein... mais pas seulement. Il y a aussi des greffes de cornée, qui se font déjà, et des greffes d'ilôts de Langherans (c'est dans le pancréas), pour les diabétiques qui pourraient bientôt se faire.

Publicité

Le porc présente en effet des avantages: c'est un animal dont on dispose à grande échelle (la source est donc plus ou moins intarrissable) et dont certains organes ont des configurations proches des nôtres, le coeur en particulier, comme l'explique le professeur Olivier Bastien. Il est expert auprès de l'Agence de Biomédecine et travaille depuis de nombreuses années sur les xenogreffes: "C'est vrai que le coeur et les reins du porc présentent des similitudes anatomiques qui facilitent ces greffes, c'est moins vrai pour d'autres organes comme le poumon. Et j'ajoute que c_ertains pays travaillent déjà sur d'autres organes à greffer. La Chine a déjà greffé des cornées issues du porc par exemple, car la cornée suscite peu de rejet. Les Etats Unis viennent d'autoriser aussi les greffes d'ilots de Langherans prelevés sur des porcs"_.

Les ilots de Langherans, dont parle le médecin, ce sont les cellules du pancréas qui fabriquent l'insuline. Ces greffes vont concerner pour le coup des diabétiques sevères, chez qui on veut restaurer la production d'insuline et donc rétablir l'équilibre glycémique. La encore, ces greffes nécessitent beaucoup de cellules. Les prélever sur des porcs permettrait d'en avoir en grande quantité.

Le porc évidemment entraine des réactions de rejet plus importantes qu'avec des cellules ou des organes humains mais le fait de pouvoir désormais traiter génétiquement ce qui vient du porc pourrait changer la donne: on corrige de mieux en mieux en effet les gènes du porc qui sont à l'origine des réactions de rejet.

Références

L'équipe

Véronique Julia
Production