Au moins 10 millions de français souffrent de dermatoses
Au moins 10 millions de français souffrent de dermatoses
Au moins 10 millions de français souffrent de dermatoses ©Getty
Au moins 10 millions de français souffrent de dermatoses ©Getty
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Résumé

Le lien est étroit entre les inflammations de la peau et l'état d'anxiété ou de stress. Et l'épidémie qui se prolonge n'est pas sans conséquence pour les malades.

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Stress et maladies de peau inflammatoires chroniques font bon ménage... Depuis la première vague, et à fortiori en ce moment, très anxiogène, de nouvelle flambée épidémique, les dermatologues voient affluer des patients en pleine crise, en pleine poussée d'eczéma par exemple.

Car l'eczéma comme le psoriasis ou l'acné sont très sensibles à notre état mental. Le lien est clairement établi, de multiples études en attestent: il y a une connexion directe entre la peau, les maladies inflammatoires de la peau, et le système nerveux central. Quand ce dernier va mal, la  peau va mal aussi et inversement. Il est courant par exemple de faire une énorme crise d'eczéma avant un examen, et, de fait, les médecins l'évoquent, le stress inhérent à la situation actuelle génère en ce moment chez des patients des poussées d'acné ou d'eczéma assez violentes.

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Le Professeur Marie-Aleth Richard est dermatologue à l'hôpital de la Timone à Marseille, elle avait observé la même chose au cours de la 1ere vague. A l'époque, le phénomène était d'autant plus marqué que certains patients ne prenaient plus leur traitement de fond, leurs anti-inflammatoires, comme la ciclosporine. Faute d'accès aux soins et donc de renouvellement d'ordonnance mais aussi par crainte que leur traitement soit contre indiqué avec la menace Covid : "Dans le psoriasis ou dans la dermatite atopique, dans les maladies très sévères, on a des traitements par voie générale qui sont considérés comme des immunosuppresseurs, ce que je trouve exagéré, j'appelle ça plutôt des immunomodulateurs. Les premiers temps, les gens étaient inquiets et ont beaucoup arrêté leur traitement de peur d'attraper plus facilement le virus. Très vite, on a établi des registres, on a eu du recul et on a vu qu'à part une ou deux molécules particulières, la majorité de traitements n'avaient pas de conséquences sur l'infection covid 19". 

Des craintes infondées, donc. Depuis, les médecins ont rassuré ces patients pour une reprise de traitements. Ce qui persiste en revanche, aujourd'hui, en plus du stress, comme facteur de risque, c'est notre mode de vie "dégradé" : on mange plus, on fait moins de sport, et ça aussi ce sont des facteurs aggravants pour les maladies de peau inflammatoires. "Quand on a de l'acné, la prise de poids favorise les poussées, et dans le psoriasis, la prise de poids rend plus inflammatoire, elle rend les traitements moins efficaces car c'est un facteur de résistance au traitement, donc ça a pu jouer aussi !", précise le Professeur Richard.

Il n'y a pas de contre indication au vaccin en tout cas pour les patients qui souffrent de ces maladies inflammatoires de la peau de façon sévère. ll faut le préciser car beaucoup d'entre eux sont inquiets et se posent la question.  Dans le service du Professeur Richard en tout cas, on vaccine déjà les plus sévères, quel que soit leur âge : ils sont considérés, à cause de leur traitement, comme prioritaires à la vaccination.

Références

L'équipe

Véronique Julia
Production