Une dinde rôtie sur une table à Noël
Une dinde rôtie sur une table à Noël ©Getty - Carlina Teteris
Une dinde rôtie sur une table à Noël ©Getty - Carlina Teteris
Une dinde rôtie sur une table à Noël ©Getty - Carlina Teteris
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Météopol, avec Yaël Goosz, regard sur la semaine prochaine. Allons-nous (encore) manger de la théorie de la dinde à Noël ? Le marronnier est très répandu chez les politiques, mais les Français ont-ils vraiment la tête dans la campagne ? Le casting est connu (ou presque), pas la pièce.

On a deux heures d'émission, sans compter les voeux de fin d'année, j'ai le sentiment que le président de la République veut qu'on parle de lui autour de la dinde !" (Franck Louvrier, maire LR de La Baule, sur France Info, le 14 décembre 2021)

Cela tombe bien : on sera tous réunis, dans quelques jours, autour de la dinde, de la bûche, on a de quoi être fier, on n'a pas à rougir." (Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué chargé du tourisme, de la francophonie, des Français de l'étranger, et des PME, sur France Inter, le 15 décembre 2021)

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L’obsession de la dinde ! Si je résume, c’est l’idée qu’il faut absolument marquer les esprits avant les fêtes pour qu’on parle de vous à la table du réveillon. Donc mieux vaut être le ou la candidate qui fait l’événement, en dernier.

Mais sur quoi repose ce postulat ? Sur rien ! Rien de sérieux, rien de scientifique en tout cas. Ce n’est jamais à Noel que les jeux sont faits, que les votes se cristallisent. C’est plutôt vers février / mars. Et dire que les Français sont déjà dans la présidentielle, c’est faux ! L’institut Ipsos publiera demain une enquête qui montre que l’intérêt pour la campagne est bien plus faible qu’il ne l’était à Noël 2016.

Ajoutez à cela l’incertitude de la participation, près de 4 électeurs sur 10 ne savent même pas s’ils iront voter. Ça rend humble…  

A Noël, on a quand même le casting, tous les acteurs ou presque, de la campagne ?  

Oui, mais pas encore la pièce qu’ils vont jouer, les thèmes, les imprévus, qui peuvent tout chambouler. En décembre 2016, François Fillon se voyait déjà en haut de l’affiche. Noël marque surtout une césure entre pré-campagne et campagne. Et c’est dans cet interstice que les présidentiables veulent laisser une empreinte. 

C'est pour ça qu'on a eu le vrai faux mea culpa « j’ai appris et je vous aime », d’Emmanuel Macron en prime time sur TF1. Opération purge : gommer les irritants pour permettre la re-candidature. 

Eric Zemmour peut encore capitaliser sur les images de sa démonstration de force de Villepinte. Plus besoin de grands meetings pour l’instant, interviews en rafale et visite demain chez un viticulteur alsacien.

Valérie Pécresse s’envole lundi pour l’Arménie… Défense des Chrétiens d’Orient face à la menace islamiste. Comme Eric Zemmour qui a fait l’aller-retour à Erevan la semaine dernière, avec Philippe De Villiers.

L’empreinte ultra-marine pour Mélenchon et Le Pen, on a déjà évoqué cette géographie politique la semaine dernière.

Et les autres candidats, de gauche, ils impriment quoi ? Arnaud Montebourg qui se filme en train de laisser des SOS sur répondeur ? Anne Hidalgo en avocate acharnée d’une primaire virtuelle ?

Primaire, le mot était banni, honni, depuis 2017 : Hamon-Valls, Fillon-Juppé, ces histoires finissaient trop mal en général. Mais après l’expérience écolo et le rebond Pécresse, la primaire revient en grâce. Roue de secours, en voie de réhabilitation à gauche, faute de mieux. Pour l'instant, cela relève plus de la croyance au père Noel... que de la théorie de la dinde.