France Inter
France Inter
Publicité
Résumé

A cinq mois de la présidentielle, toujours pas de signaux rassembleurs sur la gauche de l'échiquier : la menace plane même d'une huitième candidature ! Pendant ce temps, la macronnie met sur pied sa "maison commune".

En savoir plus

L’Avenir « en commun » de Jean-Luc Mélenchon, Idées « en commun » d’Anne Hidalgo… Mais pas de maison « commune » !

A ce stade, c'est vrai que quand on regarde comment est valorisée la gauche dans les sondages, on se dit qu'on est mal barrés (...) Mais vous voyez quelqu'un, là, qui n'a pas envie d'aller au bout ? C'est mal me connaître, c'est mal me connaître. (la candidate socialiste Anne Hidalgo, le 16 octobre 2021, sur France Culture)

Publicité

Anne Hidalgo, jusqu’au-boutiste, le 16 octobre sur France Culture.  Anne Hidalgo on the road again, dès lundi. Au revoir Paris. Tour de France du pouvoir d’achat et de l'emploi, de Mulhouse à Avignon. Cinq jours. Anne Hidalgo sur les fondamentaux du PS. Comme une re-re-re candidature en espérant que cette fois, ce sera la bonne. Car « tout est congelé à gauche », se lamente un de ses proches : "En janvier, c’est dans le finish qu’elle passera le mur du son !" 

Le finish, mais à combien sur la ligne de départ ? Depuis l'échec des réunions organisées en avril par Yannick Jadot, tout le monde fait chambre à part. En se disant que les sondages feront le départage. Processus mortifère. 

Y a-t-il des lanceurs d'alerte chez les lilliputiens ? Oui, la primaire populaire et ses 150.000 inscrits en ligne. Jusqu’à la fin du mois, certains vont se relayer pour faire des sit-in devant les QG insoumis, PS et écolos. Sur les pancartes : « Zemmour au second tour, on ne vous le pardonnera pas. » 

L'ultimatum, enfin, d'un certain Guillaume Lacroix. Lui c’est le patron du PRG, le parti radical de gauche. Si l’union ne se fait pas avant Noël, alors il menace la gauche d'une huitième candidature (si ! si !), la sienne !

Autre salle, autre ambiance, du côté des marcheurs ?

Là, on débat sur la date de la pendaison de crémaillère. Pour le lancement d’ « Ensemble, citoyens ! », la fameuse « maison commune » qui va chapeauter la majorité. Entre le 28 novembre et le 4 décembre, nous dit-on : contre-événement parfait à Eric Zemmour, dont la candidature approche, et à la droite LR qui aura enfin élu son champion en Congrès.

Une "maison" qui ne passionnera pas les foules, mais en management interne, ça permet de militer ensemble, de se coordonner pour les élections, de faire vivre le macronisme au-delà d’Emmanuel Macron.

Qui dans la coloc ? En Marche + Modem + Agir + Horizons, le nouveau parti d’Edouard Philippe. Mais attention, on garde les cloisons, ça ne sera pas l’UMP qui avait digéré le RPR et une partie du centre.

Les choses sérieuses ont démarré mercredi soir, autour d'un buffet, avec les architectes en chef Richard Ferrand, Edouard Philippe et François Bayrou. Le Modem réunira ses cadres la semaine prochaine, mardi et samedi, pour acter ce rapprochement.

Les grandes manœuvres, donc, dans la perspective d’un second quinquennat : "dans le premier, résume un intime du Président, on a fait péter le système politique, maintenant on le reconstruit".

A droite, la poutre a bien travaillé. A gauche, c’est dans l’œil du voisin qu’on la regarde, alors que les sujets fédérateurs pour elle (climat, migrants, hôpital, impôts) se ramassent à la pelle.