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Résumé

Législatives 2022 : les choses sérieuses vont pouvoir (enfin !) commencer. Pour enclencher le match retour, encore fallait-il que les investitures soient bouclées et les candidatures déposées en préfecture. Et puis attendre que le Président daigne lever un bout du rideau de son acte 2...

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Record de lenteur. 23 jours pour nommer une Première ministre, avec volte-face le temps d’un week-end sur Catherine Vautrin, et, à J+4, enfin des ministres.  Ce n’est plus Jean-Luc Mélenchon, la « tortue sagace », mais Emmanuel Macron, la tortue qui agace ses adversaires...

Car sous quel angle le bousculer, lui qui temporise non-stop. La campagne sera éclair : dix-huit jours, pas plus, avec un pont de l’Ascension et une Pentecôte au milieu.

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Emmanuel Macron dit ne pas être le chef d’un camp, il le sera bien évidemment en retournant faire campagne, à raison de deux à trois déplacements par semaine. Secondé par Elisabeth Borne, elle-même en immersion, ce week-end, dans sa circonscription du Calvados. Marine Le Pen sort de son hibernation post-présidentielle, réveillée par le burkini d’Eric Piolle… Jean-Luc Mélenchon garde le rythme de ses apéros Nupes. Eric Zemmour quadrille Saint-Tropez. Et Laurent Wauquiez s’aventure loin de son Auvergne, pour soutenir, dès lundi, les candidats LR en Eure et Loire.

Tous sur le pont, c’est classique, Yael, mais avec les rides du capitaine…

Oui, comme si ces législatives étaient en trompe l’œil. Macron repart en campagne pour décrocher sa majorité absolue. Après, il y aura les européennes de 2024. Et puis, plus rien. Plus de campagne pour lui. Laisser une trace avant de passer le flambeau pour 2027.

Jean-Luc Mélenchon, la Nupes et son "nuancier" ? Où est-ce que tout ça le portera ? A Matignon ou encore dans l'opposition ? Tenir encore cinq ans encore pour une quatrième candidature ? C’est long.

En 2027, Marine Le Pen aura 58 ans, et comme elle le dit au Figaro, « sauf événement exceptionnel », elle n’ira pas.

Les trois semaines qui s’ouvrent avant le premier tour auront donc un goût de paradoxe. Trois blocs politiques en compétition, incarnés par trois personnalités fortes, passées à l’essoreuse de la présidentielle. Mais peut-être pour la "der des der" dans cette configuration. Et qui devront, chacune et chacun, à un moment donné, se poser, et réfléchir à leur succession, voire à leur reconversion.

Mais que c’est dur, de lâcher la rampe.