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Résumé

Alors que tous les députés ont la tête dans leur campagne des législatives, les dirigeants de la majorité s'intéressent déjà au mode de désignation du prochain candidat à la présidentielle.

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Je sais, c’est agaçant, mais c’est ainsi, en politique : une élection en chasse une autre.

« Nous lançons aujourd’hui un mouvement de refondation de La République en marche, pour pouvoir lui donner une nouvelle forme, dans un parti politique, qui portera le nom de Renaissance » Stanislas Guérini, 5 mai 2022

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Renaissance, le parti qui devra survivre à Emmanuel Macron. Aujourd’hui, il n’existe pas. D’un point de vue légal, cela reste « La République En Marche ».

En coulisses, en ce moment, qui élabore l’architecture de ce nouveau parti, et enchaîne les rendez-vous ? Un fidèle de la première heure d’Emmanuel Macron : Stéphane Séjourné, patron du groupe Renew (Renaissance) au Parlement européen.

En Marche était une coquille vide. Sans idée, sans relais. Un simple outil pour la réélection, un outil qui a fonctionné. Demain, il sera sûrement le nerf de la guerre. Devinez d’ailleurs qui s’y intéresse de près ces jours-ci, alors qu’il n’y a quasiment jamais mis les pieds, qu’il a refusé l’été dernier d’y être coopter ? Gérald Darmanin.

Le ministre de l’Intérieur a en tête l’histoire de son mentor. En 2002, Chirac est réélu, c’est son deuxième et dernier mandat. L’UMP, transparente jusqu’ici, devient centrale dans la future course à l’Elysée. Deux ans plus tard, en 2004, Nicolas Sarkozy en prend la tête. Jacques Chirac n’a pas les moyens de s’y opposer. On connaît la suite.

Dans la série, Bruno Le Maire se rapproche aussi du siège de la rue du Rocher. « Dans 2 ans, après les Européennes et les JO, la bagarre va commencer, prédit un pilier du parti, et le Président n’y pourra pas grand-chose ».

D’ici là, Renaissance doit voir le jour. A l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire devrait porter ce nom. Et pour créer un parti, il faut rédiger ses statuts. J’ai feuilleté ceux des Républicains. Page 9, article 37 : « Désignation du candidat à la présidence de la République ».

« C’est déjà l’heure d’y penser » m’assure un dirigeant de La République En Marche, lui-même « pas fan des primaires ». « Il faut qu’un parti présidentiel ait un candidat fort à la présidentielle, assure-t-il, que le mode de désignation soit défini dès le départ, après ça ne veut pas dire qu’Horizons et le MoDem n’auront pas le même candidat ». « Il faut régler cette question maintenant avant que la machine ne s’emballe » me confirme un député de poids.

Primaire ouverte ? Scrutin interne, comme au MoDem ? Ou bien « le patron est le candidat », règle implicite d’Edouard Philippe ?

En tout cas, cette affaire de boutiques n’emballe pas grand monde. « Il faut vraiment que ça reste entre nous » insiste un ministre. Avoir déjà la tête en 2027 alors qu’aucune mesure n’a encore été prise dans ce quinquennat, et que s’il y a bien une réforme à faire avant, c’est celle des institutions. Un sujet qui accroche dans cette campagne. « Dès qu’on parle du retour du septennat, tout le monde s’y met » m’ont raconté plusieurs députés, pour qui 2027 est synonyme de « calendes grecques ».