Emmanuel Macron et François Bayrou, en 2020
Emmanuel Macron et François Bayrou, en 2020 ©AFP - GEORGES GOBET
Emmanuel Macron et François Bayrou, en 2020 ©AFP - GEORGES GOBET
Emmanuel Macron et François Bayrou, en 2020 ©AFP - GEORGES GOBET
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Les fidèles de François Bayrou vont rappeler la semaine prochaine les promesses non tenues d’Emmanuel Macron. Promesse d'un renouveau démocratique. Les députés MoDem vont forcer les marcheurs, jeudi prochain, à voter des résolutions pour la proportionnelle, pour davantage de participation citoyenne.

Souvenez-vous : juillet 2018, Congrès de Versailles, devant toute la représentation nationale, Emmanuel Macron dessine son projet de réforme des institutions. 

"Au cœur de cette réforme institutionnelle se trouve la volonté d'une liberté plus grande. Liberté du Parlement, que je veux plus représentatif des Français, renouvelé, doté de droits supplémentaires, animé par des débats plus efficaces" (Emmanuel Macron, 9 juillet 2018)

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Un mois plus tard, l’affaire Benalla et c’en est fini. Quand il veut y revenir, le Sénat s’y oppose, puis l’épidémie écrase tout. Mais c’était dans « le deal de départ » comme on dit en macronie. Le "deal" pour obtenir le si précieux ralliement de François Bayrou dans la campagne. Lui n’a jamais lâché l’affaire et vit cet abandon comme une trahison. 

L’hiver dernier, le patron du MoDem a voulu rouvrir le dossier. Lettre solennelle au chef de l’Etat. Campagne médiatique. Mais, là encore, "ce n’était pas le moment". Qu’à cela ne tienne! Les députés MoDem remettent le couvert jeudi prochain à l’Assemblée nationale. Ils vont forcer les marcheurs à voter des résolutions pour la proportionnelle aux législatives, pour davantage de participation citoyenne. Comment rejeter ces textes symboliques ? Alors même que la majorité a lancé, hier, sa plateforme de campagne «  avec vous » pour prôner cette horizontalité. « Sur ces sujets, on ne peut plus reculer » admet un dirigeant de La République En Marche. « Ça ne peut pas devenir le sparadrap du 2ème quinquennat ».

Et pourtant, Maxence, tout porte à croire que l’histoire va se répéter, si Emmanuel Macron est réélu.

Oui, je vous parie que ce ne sera pas non plus le moment en début de quinquennat, l’été prochain. Pourquoi ? Parce que les marcheurs ont fait leur porte-à-porte cet automne. « Et ça ne remonte pas du terrain, les Français ont autre chose en tête que le mode d’élection des députés ». Justification implacable : on peut ainsi enterrer la moitié des textes du Parlement.

Non, si ce dossier institutionnel n’avance pas. C’est parce que la Vème République convient parfaitement à Emmanuel Macron. Quand il a tenté la Convention citoyenne pour le climat, il a bien vu le résultat. « Toutes les paroles ne se valent pas » répète-t-il depuis. Alors, d’accord, pour les longs débats, micro en main, exercice rhétorique où il s’amuse et impressionne. Mais, non, aux référendums annuel, aux comités citoyens, aux députés moins nombreux mais plus puissants.

« Non, si on est efficace, si nos paroles se traduisent en actes, la confiance reviendra ». La voici, la conviction du Président. Et n’allez pas demander aux députés de se saborder eux-mêmes, d’offrir leurs sièges à des élus RN, Verts, Insoumis. Et ne comptez pas sur Edouard Philippe pour faire ce cadeau à François Bayrou dans la future majorité. Non, il y aura toujours une affaire Benalla, une douzième vague de Covid pour évacuer ce chantier. Et, ensuite, il sera trop tard pour redécouper les circonscriptions, ou passer au vote électronique, bête noire de la place Beauvau. Mais, on pourra tranquillement continuer de débattre des raisons de l’abstention.