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Résumé

"Mélenchon Premier ministre" ! Les affiches sorties des imprimantes insoumises donnent le ton. Et ce dimanche 1er-Mai sonne comme le premier acte, dans la rue, de sa campagne des législatives. Avec l'espoir d'unir les gauches sous sa banderole. Comme la répétition du "3ème tour social" ?

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Les partis du travail, c'est nous, eux ce sont les partis du capital ! De toute façon, il va se prendre une tannée dont il va se rappeler, parce qu'à cette heure, il y a des tas de gens qui sont en train de comprendre que cet homme-là est vraiment dangereux." (Jean-Luc Mélenchon)

Mais de qui parle-t-il ? Qui est "dangereux" ? Qui doit se prendre une "tannée" ? Emmanuel Macron ? Pas du tout. C'était lors d'un autre 1er-Mai, 2012. Sa cible ? Nicolas Sarkozy. On est dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, remportée par François Hollande. Les fêtes du travail passent, Mélenchon reste.

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Il défilera à Paris, dimanche, 13h30, pas loin de République. Derrière une banderole sur laquelle on lira qu'un "autre monde est encore possible", un autre Premier ministre aussi, puisque c’est son slogan désormais. Placardé sur les affiches avec son visage rayonnant tourné vers l'avenir.

Problème : pour que ce 1er-Mai ait plus d’impact encore, il faudrait que l'accord à gauche soit finalisé pour les législatives… Photo groupée avec Roussel, Bayou, Faure ? On n’y est pas, pas encore. Les négociations traînent (même si le PS acte ce matin un rapprochement idéologique inédit). 

Alors ce 1er-Mai va évidemment servir de décor à un réquisitoire contre la politique sociale d’Emmanuel Macron. La retraite "à 60 ans", "pas à 65" et "pas par 49.3". 

Autre argument : la France et l'insécurité au travail : "1200 morts par an, la France championne d'Europe", tweetait hier Jean-Luc Mélenchon, s'appuyant sur un document d'Eurostat de 2019 (dont la méthodologie statistique est contestée). Les Insoumis veulent légiférer pour rétablir les CHSCT, doubler le nombre d’inspecteurs du travail et reconnaître le burn-out.

Et comment, du côté d’Emmanuel Macron, on compte riposter ? 

C’est là que ça se complique. Autant Jean-Luc Mélenchon est rentré tout de suite dans les législatives (dès le 10 avril au soir, le fameux "3ème tour"), autant le camp du Président est comme resté bloqué. Suspendu à la fumée blanche ou noire de l’Elysée. Sans visibilité ni sur le choix des ministres et du Premier ministre, ni sur les profils investis aux législatives. "On n'est pas très mobile en ce moment", m'a confié un ministre influent...

Donc rediffusion attendue des arguments de la présidentielle ! On entendra qu'Emmanuel Macron a "gagné une première manche" contre le chômage, que "maintenant il vise le plein-emploi", car c’est le plein-emploi qui mettra les salariés en position de force pour négocier salaires et conditions de travail. 

La rhétorique, oui, mais comment exister ce dimanche 1er-Mai ? Face à l’offensive Mélenchon, on vient d'en parler, mais aussi face aux partenaires sociaux. CGT et CFDT, notamment, deux syndicats qui ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen. 

« Ce vote m’oblige », disait Emmanuel Macron sur le Champ de Mars. Toutes ces prises de position syndicales aussi. Le Président reconduit déteste subir la pression de la montre… Mais tant qu’il n’aura pas dévoilé son architecture politique et sa « méthode refondée », il risque de subir aussi la pression de la rue. En tout cas dimanche.