Thomas Pesquet a consacré sa première semaine à une expérience européenne Grip&Grasp - NASA
Thomas Pesquet a consacré sa première semaine à une expérience européenne Grip&Grasp - NASA
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Résumé

Première semaine à bord de la Station spatiale internationale pour Thomas Pesquet. Après un voyage aller à bord du vaisseau Crew Dragon "très agréable" bien que perturbé par une alerte au débris, l'astronaute entame sa mission de six mois dans la bonne humeur.

avec :

Thomas Pesquet (Astronaute à l'agence spatiale européenne).

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Il est le premier européen à voyager à bord du vaisseau Crew Dragon de SpaceX. Si la fusée Falcon 9 a déjà volé une centaine de fois, la capsule, elle, ne réalisait que son deuxième convoyage vers l'ISS. Pas simple quand on veut garantir la fiabilité en appelant à la rescousse la statistique ! Mais tout s'est bien passé pour le Français. 

"Les sensations au décollage, j'ai trouvé ça assez doux par rapport à mon souvenir du Soyuz", raconte t-il. "On a des grands débats avec mes collègues pour savoir si on trouve toujours le deuxième vol plus doux parce qu'on est moins impressionné et qu'on a déjà connu l'expérience ou bien est-ce parce que la Falcon 9 accélère un peu moins fort.

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En tous cas, "c'était agréable" parce que l'équipage n'a pas pris plus de 4G (4 fois son poids) à l'ascension et que le largage du premier étage, comme l'allumage du deuxième étage, se sont avérés assez douces. Thomas Pesquet compare les sensations ressenties à celle qu'on a dans un manège de fête foraine et avoue que tout l'équipage avait le sourire aux lèvres pendant ce décollage. 

Accueillis comme des rois

Il n'y a pas, dans l'ISS, de rituel très marqué comme dans la station Mir où, en signe de bienvenue, les Russes offraient de partager le pain et le sel à l'arrivée d'un nouvel équipage. Dans l'ISS, "tout le monde met son polo de la même couleur, on met les caméras en route pour immortaliser le moment des retrouvailles et on fait beaucoup d'accolades", car la conscience du danger passé est réelle. 

Déjà occupée par sept astronautes, l'ISS a aujourd'hui des airs d'auberge espagnole avec 11 membres d'équipage de plusieurs nationalités : Russes, Japonais, Américains, Français. "Comme il n'y a que six couchettes à bord, il y a en plein qui font du camping un peu partout", précise Thomas Pesquet. "Mais l'équipage qui va partir nous a laissé les couchettes puisqu'ils sont censés partir très bientôt." Comme dans une maison d'hôtes, tout était prêt : "Affaires propres, serviette de douche, brosse à dent, rasoir, même un boisson chaude, on a été reçus comme des rois." 

Déjà au travail

Le travail a pourtant commencé assez rapidement. Thomas Pesquet a consacré sa semaine à une expérience européenne Grip&Grasp qu'il connaît bien pour l'avoir déjà réalisée lors de sa première mission. Outre les changements constatés depuis cinq ans, il faut se réhabituer à vivre en microgravité. Retrouver la dextérité du corps pour flotter tout en se déplaçant d'une extrémité à l'autre de la station. Aller d'un module à l'autre, repérer les stockages, le système d'hygiène, etc. Vivre en 3 D, c'est impossible à expérimenter sur Terre. 

"On n'est pas encore à 200 % car tant que l'équipage qui doit nous quitter est encore là, on se marche un peu sur les pieds", ajoute Thomas Pesquet qui précise que c'est surtout pour aller aux toilettes que l'embouteillage se fait sentir... Il n'y en a que deux à bord de l'ISS, une dans le segment russe, une autre dans le segment américain. Il est prévu d'installer un 3e WC dans le module européen Columbus prochainement. 

Les 11 actuellement astronautes qui se trouvent actuellement dans l’ISS.
Les 11 actuellement astronautes qui se trouvent actuellement dans l’ISS.
- NASA

"Ici Houston, préparez-vous à éviter un débris"

Thomas Pesquet répète souvent qu'il aime apprendre. Il a déjà été servi puisqu'au voyage aller, il a dû se préparer à un évitement de débris. Alors qu'ils avaient tout rangé et préparé pour la nuit, le centre de contrôle de Houston a appelé les quatre astronautes dans le Crew Dragon. 

"On était en pyjama, nos combinaisons bien rangées dans leur sac, la nourriture sortie, le rideau des toilettes tirés pour la nuit, et on a entendu une voix calme qui nous disait 'Dragon, dans 20 minutes, il faudra que vous soyez dans les scaphandres et prêts car on a un possible conflit avec un objet non identifié'. Ca nous a pris 19'30 pour nous rhabiller, alors que normalement il en fallait 45. Ça été un peu sportif, mais c'était un bon entrainement. Dès qu'on s'est retrouvé dans les sièges, on a été informés que la menace n'était pas réelle. Ce qui s'est passé, c'est que la Space Force a de temps en temps de faux objets non identifiés virtuels, informatiques, qui servent à tester leurs systèmes et à entrainer les opérateurs. Ce ne doit pas arriver jusqu'à la NASA, mais sans qu'on comprenne pourquoi, cette fois-ci, c'est arrivé jusqu'à la NASA qui a transmis à SpaceX qui nous a informé. Au final on a pris beaucoup de précaution pour pas grand chose mais il vaut mieux ça que le contraire."

D'après Thomas Pesquet, l'agence spatiale américaine cherche la cause de ce "bug", heureusement sans conséquences.