Le Secrétariat d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy.
Le Secrétariat d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy.
Le Secrétariat d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy. ©AFP - Hans Lucas / Magali Cohen
Le Secrétariat d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy. ©AFP - Hans Lucas / Magali Cohen
Le Secrétariat d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy. ©AFP - Hans Lucas / Magali Cohen
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Résumé

Une tribune parue jeudi et signée par des acteurs du secteur invite le chef de l'État à compter dans le futur gouvernement un grand ministère du Numérique, bien plus puissant que l'actuel secrétariat d'État. Vraiment utile ?

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A moins d'avoir passé plusieurs semaines sur une autre planète, vous n'êtes pas sans savoir que nous attendons la nomination d'un nouveau ou d'une nouvelle premier/première ministre et donc d'un nouveau gouvernement. Une équipe au sein de laquelle certains acteurs du secteur numérique veulent voir apparaître plus qu'un secrétariat d'État, comme c'était le cas jusqu'à aujourd'hui, mais plutôt un grand ministère du Numérique et de plein exercice. C'est l'avis par exemple de Guillaume Rozier, créateur des outils "Covid Tracker" et "Vite ma dose" pendant la pandémie et l'un des signataires d'une tribune parue jeudi.

Une position partagée par plusieurs patrons d'entreprises du numérique, comme Michel Paulin, patron de l'hébergeur français OVH, des chercheurs, des ingénieurs, ou bien certains députés ; 75 personnalités au total. "On est vraiment qu'au début de la transformation de notre société par le numérique", estime Guillaume Rozier. "Il y a quelques dizaines d'années on n'était qu'au début de la prise de conscience des enjeux écologiques. Et donc il n'est pas trop tôt pour créer ce ministère du Numérique, au contraire. Il faut le créer le plus tôt possible pour limiter les conséquences négatives et maximiser les bénéfices que le numérique apporte dans nos sociétés et nos vies."

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Quelle puissance et quelle légitimité pour ce ministère ?

Le sortant Cédric O lui-même s'interrogeait en cette fin de mandat : aurait-il fait plus, ou mieux, en étant ministre plus que secrétaire d'État ? Pas si sûr. Mais "un ministère, c'est une administration, c'est une capacité de gouvernance, un poids différent dans la hiérarchie gouvernementale, c'est ce qui permet à un ministère d'avoir une force et un réseau", estime Quentin Adam, CEO de l'entreprise de stockage Clever Cloud et président de l'Open Internet Project. "Si on prend un secrétaire d'État et qu'on ne fait que le nommer ministre, ça ne sert à rien, ce serait une occasion manquée", poursuit l'initiateur de cet appel.

Une autre partie du problème réside dans le périmètre accordé. Le secrétariat d'état est aujourd'hui rattaché à Bercy, le ministère de l'Économie et des Finances, cela réduit le sujet au seul prisme financier et économique. Or, le numérique touche tous les aspects de notre vie : de l'éducation à la cyberdéfense, en passant par le travail ou les services publics. Cela pose aussi la question du fond. Quelle vision du monde numérique de demain, quand certaines entreprises ont une utilité sociale discutable, que certains nouveaux usages ont des conséquences néfastes et dangereuses, quand on sait aussi que la fracture numérique est encore parfois béante.

Dans son programme le président réélu ne mettait en avant qu'une dizaine de mesures, moins qu'il y a cinq ans (apprentissage du code au collège, lutte contre les cyberattaques et cyberharcèlement, création d'un grand métavers européen). Si Emmanuel Macron veut se lancer dans la planification écologique, peut-être faudrait-il aussi penser à une planification numérique ?

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Xavier Demagny
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