Titiou Lecoq
Titiou Lecoq ©Getty
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Bonjour la France Inter ! Aujourd'hui, Charline Vanhoenacker et Juliette Arnaud reçoivent la journaliste et militante féministe Titiou Lecoq pour parler de son nouvel essai Les Grandes oubliées : Pourquoi l'histoire a oublié les femmes aux éditions de L'Iconoclaste.

Avec

Biographie

Titiou Lecoq est une journaliste, autrice et penseuse du féminisme. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur le sujet et est une des premières à considérer que l’intime est politique et à théoriser des notions comme la charge mentale. 

Actualité

Titiou Lecoq est l'autrice de Les Grandes Oubliées : Pourquoi l'histoire a oublié les femmes, un essai sur la place des femmes dans l'histoire, paru aux éditions de L'Iconoclaste en octobre dernier.

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Au sommaire de cette émission

  • Le moment Meurice: COP26, la contre-enquête
  • La chronique d'Aymeric Lompret: Le ruissellement, ça marche pas
  • La chronique d'Isabelle Sorrente: Changez les mythes et vous changerez la réalité

Extraits de l'entretien 

Pourquoi y a-t-il toujours des hommes dans les manuels d'Histoire et pas de femmes ?

"On m'avait donné l'explication que j'avais tout à fait comprise qui était : les femmes ne pouvaient pas faire l'Histoire parce qu'elles faisaient des enfants, et donc il faut choisir entre les deux. Elles avaient été empêchées. Ce n'était pas parce qu'elles étaient moins intelligentes, c'était juste une question matérielle. 

En travaillant avec des historiennes, je me suis rendue compte que c'était un mythe, et qu'il avait même un nom : le "mythe de la femme empêchée". 

Le fait de faire des enfants, n'avait jamais empêché les femmes de participer aux batailles, aux grandes inventions, aux réformes politiques, à être tout le temps présentes. 

Nos manuels scolaires et le moule de l'école, viennent du XIXe siècle ; c'est vraiment le siècle où on pense que la place des femmes est naturellement à la maison. On se dit que ça a toujours été le cas. On se met également à l'étude de la préhistoire. 

On ne retrouve pas les femmes dans les sources historiques, et comme on part du principe à ce moment-là, qu'elles n'ont rien fait, on ne va pas les chercher. 

Pour la Renaissance par exemple, il y a un peu cette idée qu'on apprend une histoire objective. En fait, le terme "Renaissance" n'est pas du tout neutre. Il est hyper positif, évidemment, et on nous apprend donc que c'est une période absolument superbe. Et quand on prend le prisme de l'histoire des femmes, c'est quand même l'époque de chasse aux sorcières. 

C'est une époque qui est aussi extraordinairement misogyne, qui correspond pour les femmes à une perte de droits. Elles sont donc exclues des corporations.  Des historiens et historiennes pourraient renommer le terme Renaissance avec un terme plus neutre. Mais c'est en discussion."

On reproche aujourd'hui aux féministes d'être un peu radicales. Or, dans l'histoire, elles ont parfois été plus loin qu'aujourd'hui.

"Même souvent, on peut le dire. Et ça, c'était vraiment jouissif. Voir toutes les actions au moment où les féministes se coordonnent entre elles, au XIXe siècle et au XXe, voir les actions qu'elles mettent en place. Madeleine Pelletier disait : "Ce n'est pas bien de jeter des pierres, mais si c'est le seul moyen de se faire entendre et d'avoir le droit de vote, c'est ce qu'on va faire." Et de fait, on a eu le droit de vote."

Comment fait on avec le XIXème siècle ? C'est une période qui est un sommet de misogynie. Alors comment fait-on pour continuer à aimer follement Balzac qui parfois est d'ailleurs tout à fait du côté des femmes ?

"Oui, tout à fait, mais c'est aussi pour ça que j'aime Balzac. Ce n'est pas Virginie Despentes à la monarchie de Juillet, mais il était quand même un peu féministe sur certains aspects et complètement misogyne sur d'autres choses. Oui, mais voilà, il a fait entrer les femmes en littérature. Il a fait plein de trucs incroyables. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'a écrit Balzac. Même si je l'aime follement."

La programmation musicale

  • Curtis Harding - Can't hide it
  • Zoufris Maracas - J'aime pas travailler
17 min

Programmation musicale

  • 17h18
    J'aime pas travailler
    J'aime pas travailler
    MARACAS ZOUFRIS
    J'aime pas travailler

    Album Prison dorée / + 6 titres inédits (2012)
    Label CHAPTER TWO
  • 17h34
    Can't hide it
    Can't hide it
    Curtis Harding
    Can't hide it
    Album Can't hide it (2021)
    Label ANTI RECORDS

L'équipe

Juliette Arnaud
Production
Charline Vanhoenacker
Charline Vanhoenacker
Djubaka
Programmation musicale
Emma Poesy
Collaboration
Aymeric Lompret
Chronique
Matthias Volant
Collaboration
Ramzi Assadi
Collaboration
Guillaume Meurice
Guillaume Meurice
Nathalie Romero
Collaboration
Fabrice Rivaud
Collaboration
Isabelle Sorente
Chronique
François Audoin
Réalisation