L'endométriose intégrée dans les programmes de médecine, signifiant une meilleure reconnaissance de cette maladie qui touche 2 à 10 % des femmes
L'endométriose intégrée dans les programmes de médecine, signifiant une meilleure reconnaissance de cette maladie qui touche 2 à 10 % des femmes
L'endométriose intégrée dans les programmes de médecine, signifiant une meilleure reconnaissance de cette maladie qui touche 2 à 10 % des femmes ©Getty - Moyo Studio
L'endométriose intégrée dans les programmes de médecine, signifiant une meilleure reconnaissance de cette maladie qui touche 2 à 10 % des femmes ©Getty - Moyo Studio
L'endométriose intégrée dans les programmes de médecine, signifiant une meilleure reconnaissance de cette maladie qui touche 2 à 10 % des femmes ©Getty - Moyo Studio
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Résumé

Tous les mois Giulia Foïs part à la pêche aux infos sur l’actualité du genre qui vous auraient peut-être échappées… Sandra Muller gagne sa bataille judiciaire devant la cour d'appel ; l’endométriose intègre enfin les programmes de médecine et il est désormais possible d'enfiler un boxer menstruel unisexe.

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Sandra Muller gagne sa bataille judiciaire

Sandra Muller, celle par qui le MeToo à la française est arrivé… En octobre 2017, la journaliste tweete : 

"#balancetonporc!! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot." 

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Quatre heures plus tard, elle publiait ce message : "Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit', signé Eric Brion" 

Vous connaissez la suite : des milliers de tweets, avec ce hachtag balance ton porc. Eric Brion l’attaque alors pour diffamation, et, en première instance, elle est condamnée à lui verser 15 000 euros de dommages et intérêts. Sandra Muller fait appel. Cette fois, elle gagne. 

La Cour a estimé que "Même si Eric Brion a pu souffrir d'être le premier homme dénoncé sous le #balancetonporc, le bénéfice de la bonne foi doit être reconnu à Sandra Muller"

Le tweet incriminé a été, je cite :"publié dans le cadre d'un débat d'intérêt général sur la libération de la parole des femmes, avec une base factuelle suffisante quant à la teneur des propos attribués à Eric Brion". Ca, c’est dit.

Victoire pour toutes celles qui se battent contre l’endométriose

Il aura fallu 15 ans de combat pour les associations, mais cette fois, ça y est, l’endométriose intègre les programmes de médecine… Ce qui veut dire que, enfin, celles qui en sont atteintes auront droit à l’écoute nécessaire… 

C’est une reconnaissance de cette maladie, bien réelle, qui touche 2 à 10 % des femmes. Je dis "bien réelle" parce que, jusque-là, à toutes celles qui se plaignaient de douleurs terribles pendant les règles on répondait "c’est dans la tête". C’est tellement pas dans la tête que ce sont les cellules de l’endomètre, tissu situé à l’intérieur de l’utérus, qui migrent vers la cavité abdominale, se fixant sur différents organes et proliférant pendant le cycle menstruel. 

Ca, ça veut dire, à minima, clouée au lit tous les mois, mais aussi une sexualité difficile parce que douloureuse, et une maternité parfois impossible. 

Sauf que, chut, motus, on n'en parle pas, c’est trop gênant, trop intime, et surtout, le regard de ce médecin qui n’y croit pas, secoue la tête, ne comprend pas… Quelles hystériques, toutes ces nanas… 

Résultat : faute de formation spécifique, il se passe en général 6 ans avant qu’on puisse poser le bon diagnostic, et un an de plus en moyenne pour que la patiente soit correctement prise en charge. Alors maintenant question – et je demande toute votre attention (aux hommes) : si l’autre moitié de l’humanité – oui, la vôtre - avait souffert, sa vie durant 1 semaines par mois, si ses capacités de filiation, de transmission, et même de bandaison en avaient été affectées, combien de temps l’aurait-on laissée se tordre de douleur sur son canapé ? Vous avez 3h. 

L'objet de la semaine : le joli boxer menstruel unisexe

Et fera le lien qui peut ! Après mes délicieux bonbons clitoris, voici mon joli boxer menstruel unisexe. Il s’appelle Moodz, il est noir, il est simple, il est basique et il est pour qui ? Pour toutes celles qui ont besoin de protections périodiques mais ne se reconnaissent pas dans l’offre de lingerie qu’on leur propose. Autrement dit, une part non négligeable de la population. 

D’après l’IFOP, 22 % des 18-30 ans ne se reconnaissent pas dans les catégories hommes/femmes

Soit parce qu’elles ou ils sont non binaires, c’est-à-dire ni l’un ni l’autre. Soit parce qu’ils sont transgenres. Des individus, donc, dont le ressenti de genre ne s’accorde pas avec la biologie. Se sentant, par exemple, homme des pieds à la tête, en passant par le cerveau, l’âme ou le cœur, ils vont devoir composer, néanmoins, pendant un temps ou toute leur vie, avec une vulve, un vagin, des règles… 

Et donc avec des tangas en dentelles, ou des strings en satin, si on s’en tient à ce qu’on trouve en rayon aujourd’hui. 

Ce que Moodz leur propose, c’est une alternative, une lingerie non binaire, en quelque sorte

On s’en moque ? C’est une coquetterie destinée à une frange infime de la population ? Oui et non. Parce que tout ce qui interroge le genre nous interroge nous, parce que tout ce qui secoue les normes nous donne de l’air à nous aussi, et parce que le centre a toujours eu besoin de la marge pour se décaler, et donc pour évoluer, je sais pas, un jour ou l’autre…

Une évolution qui tarde un peu non ?

On est du genre Diesel, dans les couples hétérosexuels… C’est en tout cas ce qui ressort de ce sondage YouGov publié ce mois ci : 29 % des hommes (1 sur 3 donc) pensent que le rôle premier des femmes est de s’occuper de leur mari. À ceux-là je répondrai ceci : HA HA HA HA HA. Bonne vanne !