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Résumé

Comme chaque semaine, vous nous donnez des nouvelles des femmes dans le monde, et de la planète LGBT… Avec une boulette sexiste en avion, la lutte contre les féminicides au Québec, et de (très) jeunes activistes qui seront assurément la relève féministe de demain...

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On commence avec la boulette de la semaine. Constatée le 21 juillet dernier, sur un vol Birmingham-Majorque, mais révélée ces derniers jours par l’équivalent du Bureau Enquête Accident au Royaume Uni. Il y avait officiellement, sur ce vol,  sur 187 passagers 65 enfants. Sauf que, 29 d’entre eux seulement, montent à bord… Que s’est-il passé ? Où sont les 34 enfants manquants ? 

Ils ne sont nulle part parce qu’ils n’ont jamais existé, en fait. C’est un bug sur le logiciel d’enregistrement de la TUI Airways. Les femmes qui se sont inscrites comme « Miss », Mademoiselle, ont été comptées comme enfants. Ah ben oui, si on est pas mariée, on est pas adulte, c’est connu… 

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C’est surtout super dangereux, blague à part… Parce qu’à l’enfant est associé un poids moyen – 34 kilos. Or, c’est à partir du poids total des passagers – et de leur bagage – que le pilote évalue la puissance nécessaire au décollage. Autant dire que cette fois, il s’est planté. Et que l’avion a failli se crasher. Quand on vous dit que c’est pas forcément une bonne idée, ce « mademoiselle »…   

Le Québec manifeste contre les violences faites aux femmes 

Et contre les féminicides en particulier… « Pas une de plus », voilà le slogan qui rassemblait des milliers de manifestants à Montréal et dans une vingtaine d’autre ville ce week-end. Pendant que le compteur lui, continuait de tourner : 160 femmes mortes sous les coups de leur conjoint, en 2020 au Canada ; huit de plus ces huit dernières semaines pour le seul Québec. C’est du jamais vu, d’après les associations. Une flambée de violence à lier directement à la pandémie de COVID… 

Partout dans le monde, le phénomène est le même : +40 à 50% de féminicides en moyenne. Face à cela, des promesses politiques qui tardent à être tenues ; des associations qui manquent de moyens ; des places d’hébergements insuffisantes, des lignes d’écoutes saturées… 

Des hommes, car, oui, l’écrasante majorité des auteurs de meurtres conjugaux sont des hommes. Des hommes, donc, qui dévissent parce qu’ils ont peur, parce que le monde autour fait peur, parce qu’ils perdent leur puissance financière – ça, c’est ce que disent les spécialistes des violences conjugales – et que donc leur fragilité leur est insupportable**. Qui trinque dans ces cas-là ? On ne le sait que trop bien. **

Ce qu’on peut rappeler en revanche, c’est que : contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, pour garder les femmes à la maison… Ca n’est pas dans la rue qu’elles sont le plus en danger. Mais bien chez elles, confinées, et ça, c’est pandémie ou pas.     

En Inde ou aux Etats-Unis, la relève est là...    

Et les nouvelles générations sont toujours plus combatives… La preuve par deux aujourd’hui. La première est indienne, elle s’appelle Lycipriya Kangujam. Elle a 9 ans, et quand elle n’organise pas de manif dans son pays, c’est qu’elle est à l’étranger. Par exemple à une tribune de l’ONU où elle prononce parfois des discours, quand elle n’est pas au Parlement, en fait, où elle tape régulièrement l’incruste pour faire voter des lois en faveur de la protection de la planète, le tout se retrouvant minutieusement raconté sur son compte Twitter. 

Elle sait la force des réseaux sociaux, elle y est très active, et par exemple, deux jours avant son anniversaire, elle a posté, cette année, ceci : 

J’appelle chaque habitant de l’état du Manipur à planter un arbre. Avec 2,8 millions d’arbres plantés, nous participerons à la lutte contre le changement climatique. L'activiste Lycipriya Kangujam, 9 ans

Alors comment dire sans vous manquer de respect… Si vous postez ce message là à deux jours du vôtre, d’anniversaire… Comment dire ? Ca n’aura pas forcément d’incidence tout de suite sur les températures – je dirais même, pardon, que le mercure s’en contre-cogne. En revanche, si je vous dis que Lycipriya a 93 millions d’abonnés… ça change un peu la donne. 

Coup de chapeau cette semaine également à Emma Stevens, un peu plus discrète, certes - peut être parce qu’elle est plus vieille, après tout, elle a déjà 16 ans…Issue de la communauté algonquienne, population autochtone de l’Amérique du nord, elle se bat, elle, pour faire reconnaître sa culture. Et quand elle reprend « Blackbird », grand classique des Beatles, en langue native, eh ben je dirais qu’on décolle.

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Giulia Foïs
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