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Résumé

En dépit de l'élection de Joe Biden, des lois homophobes et transphobes continuent d'être à l'étude aux États-Unis. Tandis que les couplets sur les conséquences du virus sur l'inégalité hommes/femmes continuent d'être joués, la grenouille rousse a trouvé la solution : elle, elle coupe carrément le sifflet de son mâle.

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Comme un refrain qu’on entend de plus en plus souvent ces derniers temps, c'est la bonne vanne du moment :  "le Covid creuse les inégalités femmes/hommes"... Ou, plus militant : "la pandémie porte un coup sévère aux droits des femmes". Ou alors, plus détaillé : "il aurait déjà fallu 135 ans et demi (quand je vous dis que c’est précis) pour aboutir à la parité totale entre les sexes et ce, sur l’ensemble de la planète, la crise sanitaire nous en a fait perdre encore 36".

Et c’est là où c’est vraiment rigolo. Le dire comme ça, c’est dire que non, c’est pas du tout parce que les femmes sont déjà majoritaires dans les temps partiels et les emplois précaires, et que, comme telles, elles se retrouvent en première ligne des licenciements. 

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Pas non plus parce qu’elles sont les grandes oubliées des plans de relance, qui financent plutôt des secteurs masculins. Encore moins parce que la fermeture des écoles et le télétravail ont encore redoublé une charge domestique déjà deux fois plus lourde pour elles que pour eux en tant normal. 

Pour résumer : ça n’est pas parce que le monde dans lequel nous vivons est profondément, structurellement, et depuis toujours inégalitaire, qu’elles sont encore en train d’en prendre plein la gueule. C’est le Covid. Étrange virus qui possèderait donc en lui-même un mystérieux variant très très méchant, parce que très très sexiste. Et ça, pardon, mais on y peut rien. 

La douche froide de la semaine 

La communauté LGBT+ plaçait tous ses espoirs en Joe Biden. Sa victoire à la Maison Blanche, c’était pouvoir respirer de nouveau, vivre, agir, aimer librement après 4 années de conservatisme à tout crin… Sauf que ça ne suffira pas. 

Depuis janvier, les congrès locaux aux mains des Républicains continuent de séduire leur électorat le plus réactionnaire.

L’Arkansas, par exemple, vient d’interdire purement et simplement les processus de transition, et donc les traitements hormonaux, aux mineurs transgenres, pour, je cite "préserver des personnes vulnérables d’expérimentations médicales" .

L’Arizona, lui, fait ce qu’il faut pour que les thérapies de conversion – vous savez ces stages censés guérir les jeunes de leur homosexualité, et je dis ça avec beaucoup de guillemets évidemment -, que ces thérapies, donc, puissent continuer à opérer librement exorcismes et mauvais traitements en tout genre sur cette population dévoyée par Satan. 

Bref, en tout, 200 lois homophobes ou transphobes seraient actuellement à l’étude aux Etats-Unis. 

Faire taire le chant d'amour de la grenouille

Le chant du mâle de la grenouille rousse en période de chaleur, vous l’entendez en ce moment, à l’arrivée des beaux jours… Reluisant d’envie et de soleil, peinardement installé dans son étang, le mâle donne de la voix pour attirer de jolies petites camarades de jeux dans ses filets. 

Entre reproducteurs, c’est compète, c’est à qui aura la plus belle… Et hop, voilà une femelle, et paf, je te l’agrippe sous les aisselles, et bim je te la bloque, et clac, je te lui monte sur le dos, et humpf, je te la coince avec mes ventouses, et comme c’est la pression des pattes du mâle qui porte les œufs à maturation, ça peut durer des semaines… À moins… À moins que couic. 

Oui, stop, tais-toi, tu m’intéresses pas. C’est un article publié dans le prestigieux mensuel américain The Atlantic. Les grenouilles femelles sont vraisemblablement équipées d’un système qui leur permet de couper le son des mâles un peu trop bruyants, et pas très intéressants, en tous cas d’un point de vue reproductif… 

Un peu comme un casque anti-bruit naturel, si vous voulez, qui ferait baisser, à leur approche, le volume de leur chant d’une bonne dizaine de décibels, et ça, qu’ils le veuillent ou non, chut, tu la boucles. Ça fait rêver, hein ? Sauf que là, c’est à moi que vous allez couper la chique.

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Giulia Foïs
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