Un tweet adressé aux LGBT qui passe mal… L’État condamné pour ne pas avoir protégé une jeune victime de viols et Le Petit Robert a tranché : "LE Covid" ©Getty - bojanstory
Un tweet adressé aux LGBT qui passe mal… L’État condamné pour ne pas avoir protégé une jeune victime de viols et Le Petit Robert a tranché : "LE Covid" ©Getty - bojanstory
Un tweet adressé aux LGBT qui passe mal… L’État condamné pour ne pas avoir protégé une jeune victime de viols et Le Petit Robert a tranché : "LE Covid" ©Getty - bojanstory
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Résumé

En cette journée contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, ce message posté lundi par le président immédiatement conspué par la communauté LGBT : "aimez qui vous voulez". Puis une première dans l'histoire judiciaire, l'Etat condamné de ne pas avoir protégé une enfant victime de viols. Puis dites "Le Covid"…

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Un tweet qui passe mal

Alors on est d’accord, envoyer de l’amour, c’est bien, c’est toujours mieux que d’envoyer qui que ce soit cramer sur un bûcher. 

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Oui, mais il y a un contexte. Ce contexte, c’est, par exemple, des thérapies de conversion toujours pas interdites en France. Vous savez, ce sont ces stages, plus ou moins musclés – certains allant jusqu’aux électrochocs ou aux séances d’exorcismes, des stages, donc, censés "guérir" des "malades", ceci avec beaucoup de guillemets, de leur orientation sexuelle et les ramener sur le droit chemin de l’hétérosexualité… Une proposition de loi avait été faite pour les condamner. Elle est toujours quelque part, dans un panier, ou une corbeille, ou un tiroir de l’Assemblée, on ne sait pas. 

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Tout récemment, le gouvernement a prévenu : "nous ne légifèrerons pas, l’arsenal législatif existant devrait permettre d’empêcher ces pratiques". Sauf que, bien évidemment, tout est dans le "devrait"… Comme avec "la PMA devrait pouvoir s’ouvrir à toutes les femmes"… Promesse faite par le candidat Macron il y a 4 ans et depuis… Toujours rien. 

La France continue d’avoir un train de retard sur pas mal de ses voisins européens. D’où cette dégringolade au classement de l’ILGA cette année.

L’ILGA, c’est une association européenne qui évalue très régulièrement les droits des personnes LGBT dans l’UE. Nous sommes passés de la 4e à la 13e place en 2021. Comme quoi, il y avait pas mal de choses à dire sur le sujet, même en un tweet. 

Comme quoi, l’amour est toujours une condition nécessaire, mais pas suffisante. C’est malheureux mais c’est comme ça !

Une première judiciaire

Et c’est l’histoire de toute une vie de combat : en 2002, un couple héberge un certain Roland Blaudy, malgré son passé de pédocriminel, qu’ils connaissent parfaitement. Celui-ci violera leur fille à de multiples reprises, pendant 3 ans. Elle a alors entre 5 et 7 ans. Elle le dit à ses parents : ils lui interdisent de parler et la menacent. Mais certains signes ne trompent, du moins pas toujours, en tous cas, pas là. 

L’école et les services sociaux se doutent, puis savent, alors signalent, et une dizaine de fois, sans que jamais le parquet de Rennes ne leur fasse la moindre réponse. La gamine grandit, sa détermination, sa force, aussi. Placée chez son oncle et sa tante, en 2010, alors à l’abri, alors protégée, elle parvient à faire condamner ses parents, à 3 et 2 ans de prison avec sursis. 

En 2016, elle attaque l’État pour faute lourde et déni de justice. Déboutée en première instance, elle fait appel. Cette fois, elle gagne. À 23 ans, la justice vient de reconnaître le préjudice qui lui a été porté. L’État devra lui verser 55 000 euros de dommages et intérêts

La décision est rarissime : elle pourrait faire jurisprudence, l’addition, potentiellement, peut être très lourde.

Sachant que :

  • Sur les 146 féminicides de 2019, 65 % des victimes s’étaient rendues au commissariat, avaient porté plainte ou déposé une main courante, parfois même à plusieurs reprises
  • Que 73 % des plaintes pour violences sexuelles sont, aujourd’hui en France, classées sans suite
  • Que 1 à 2 % seulement des viols commis chaque année débouchent sur une condamnation aux Assises… 

Vous calculez combien de femmes pourraient attaquer l’État, on multiplie tout ça par 55 000 euros.

Et ça nous fait ? Du bien. Pardon. Beaucoup. 

Pour finir, "Le Petit Robert" opte pour "Le Covid"

Et c’est le Petit Robert qui vient de le décider pour son édition 2022, mettant fin à une bataille linguistique quasiment aussi longue que la pandémie. C’est dommage, parce que c’était vraiment rigolo de voir comment tout ceux qui "détestent l’écriture inclusive", tous ceux qui "conchient la féminisation de la langue" et hurlent au grand remplacement bis dès qu’on veut dire "autrice", par exemple, tout à coup, face à une catastrophe planétaire, les mêmes soient, très très attachés au féminin. 

Prétexte invoqué : la traduction de l’acronyme anglais, avec ce "D" pour "Disease", à la fin de Covid, ça veut dire maladie. Maladie c’est féminin, et donc on va dire LA COVID. Ouais. Bien tenté, mais non. 

Selon le Petit Robert, "l’usage faisant toujours loi", le COVID s’est imposé dans les conversations, alors ce sera le COVID dans le dictionnaire.