À la découverte de la sagesse des tartines
À la découverte de la sagesse des tartines
À la découverte de la sagesse des tartines ©Getty - F.J. Jimenez
À la découverte de la sagesse des tartines ©Getty - F.J. Jimenez
À la découverte de la sagesse des tartines ©Getty - F.J. Jimenez
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Résumé

Thibaut vous invite à déguster une petite philosophie des tartines sur lesquelles on étale bien plus de sagesses qu'on ne le pense !

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La tartine des souvenirs et des jours heureux

La tartine donc. Voilà bien quelque chose qui nous ramène immédiatement à la douceur de l’enfance, à ces tartines que les parents ou les grands-parents préparent à leurs petits pour le petit-déjeuner ou pour le goûter. Il y a l’odeur du toast grillé ou le croustillant de la baguette fraîche ou encore le moelleux réconfortant du pain de meule, les confitures, le miel, la pâte à tartiner, et même quand on est un peu pressé parce qu’il faut vite partir à l’école après le petit-déjeuner, on trouve tout de même le temps de faire avaler une ou deux tartines aux enfants.

Mais le drame n’est jamais loin, et on le sait les tartines ont aussi la fâcheuse tendance à tomber par terre et le plus souvent, du mauvais côté.

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Le symbole de l’excès

C’est bien là le problème : « en faire des tartines » c’est aussi exagérer, dépasser les bornes, tandis que l’étalage auquel les tartines nous invitent n’a pas vraiment bonne réputation. « Faire étalage » de son argent, de ses responsabilités, de ses connaissances ou de sa culture ce n’est pas vraiment apprécié. On reproche même à ceux qui font étalage de vouloir masquer un manque : moins on en a, plus on l’étale…

Cet excès de l’étalage et de la tartine, on peut le penser à travers la figure du philistin cultivé que la philosophe Hannah Arendt décrit pour dénoncer justement ceux et celles qui font un usage illégitime de la culture. Le philistin cultivé c’est celui qui se sert de ses pratiques et de ses goûts culturels, en musique, en littérature, en cinéma, pour en faire étalage devant la galerie de son entourage et de ses relations et prétendre ainsi se hisser à une position sociale qui n’est pas la sienne. C’est une manière finalement d’exprimer une supériorité sociale et en même temps de méconnaître la véritable puissance d’émancipation de la culture.

Revenons-en à nos tartines de l’enfance et à leur douceur pour en découvrir toute la sagesse !

D’abord parce que la tartine commence comme une invitation à la modération. Tout l’enjeu est de ne pas en mettre trop pour ne pas dépasser les bords et pour ne pas que ça coule. Apprendre à faire des tartines c’est donc apprendre à respecter des limites et à faire preuve de mesure.

Ensuite quelle que soit sa forme et ses ingrédients, le propre d’une tartine c’est de conjuguer deux ordres. Il y a ce qui va être tartiné, une tranche de pain par exemple, et ce que l’on étale, de la confiture par exemple. Le pain nourrit et la confiture excite nos papilles. A manger des tartines on apprend donc à concilier le besoin de se nourrir et le plaisir de manger, jusqu’au parfait équilibre.

A partir de ces deux contraintes, la tartine est enfin une belle invitation à exprimer sa créativité. Parce que les déclinaisons entre ce qui est tartiné et ce que l’on étale, dans toutes les cuisines du monde, sont infinies : salé, sucré, cuit, cru, tartine rustique ou petit canapé mondain…Il y a une fluidité de la tartine qui la rend capable de révéler, à tous les moments de notre vie, la puissance de notre liberté.

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Thibault de Saint-Maurice
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