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Christophe Castaner, président sortant du groupe LREM à l'Assemblée Nationale était l'invité de "Questions Politiques" ce dimanche 5 juin. ©Radio France - Capture d'écran / France Inter / DR
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Résumé

Christophe Castaner, président sortant du groupe LREM à l'Assemblée nationale, député des Alpes-de-Haute-Provence, candidat à sa réélection, est l'invité de "Questions Politiques" ce dimanche. Une émission présentée par Thomas Snegaroff avec Yael Goosz, Nathalie Saint-Cricq et Françoise Fressoz.

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Christophe Castaner (Ancien ministre de l'Intérieur, président du groupe LREM à l'assemblée nationale).

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Agressions des candidats, atonie de la campagne, désintérêt des Français...Christophe Castaner, député des Alpes-de-Haute-Provence, est revenu sur la campagne en vue des élections législatives des 12 et 19 juin prochains. En tant membre du parti "Renaissance" (ex-LREM) et soutien d'Emmanuel Macron, il s'est également exprimé sur les dossiers urgents du nouveau gouvernement : l'hôpital public, l'éducation nationale, et le cas des ministres accusés de violences sexistes et sexuelles. Une fois encore, celui qui est issu du PS a condamné le "reflexe pavlovien" de la NUPES, de systématiquement "voter contre" les propositions de LREM à l'Assemblée Nationale.

Les violences contre les politiques : un fait "insupportable"

Ce samedi 4 juin, Jean-Michel Blanquer, ex-ministre de l'Education et candidat aux élections législatives dans le Loiret a été aspergé de mousse dans la rue par deux enseignants. Christophe Castaner, président sortant du groupe LREM à l'Assemblée nationale et candidat à sa réélection, réagit à ces attaques vis-à-vis des politiques et des élus. "Je veux condamner toutes ces violences, sous quelque forme qu'elles soient, quelque soit le candidat et le parti politique. On voit ces derniers temps une violence qui monte et qui se banalise. La folie des réseaux sociaux y contribue très fortement", analyse-t-il, ajoutant qu'il s'agit d'un fait "insupportable". Selon lui, l'agression de la part d'enseignants est un "symbole" : "voir des enseignants commettre ces actes-là, alors qu'ils portent les valeurs de la République est triste", même si "ils ne sont pas représentatifs des enseignants."

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Concernant la campagne en vue des élections législatives, il juge que "l'atonie générale n'est pas une surprise", dans la mesure où "les élections législatives qui suivent la présidentielle, [sont] toujours un moment de faux plat sur le terrain". Il partage en revanche le constat d'un désengagement des Français dans la vie politique, qu'il qualifie de "vrai problème". Il assure que "le Conseil national de la refondation" a notamment été créé pour y remédier.

Le conseil national de la refondation : "un process" à "inventer ensemble"

Ce conseil national de la refondation, annoncé par Emmanuel Macron et dont les contours sont encore flous, n'a pas vocation à "substituer" le Parlement, ni le Conseil économique, social et environnemental (CESE), selon Christophe Castaner. "L'idée c'est d'associer tout le monde et de travailler de façon plus globale", estime-t-il. "C'est un process qu'il faut qu'on invente ensemble". Concernant les attaques de la NUPES, et notamment du député Alexis Corbière sur ce nouveau conseil, qualifié de "bazar", "bidule", "manipulation", il déclare : "quelque soit la proposition du président de la République, les représentants de la France Insoumise auraient eu le même reflexe pavlovien d'être contre. Pendant toute la mandature, il n'y a pas eu un texte avec un vote solennel à l'Assemblée Nationale, pour lequel ils ont voté pour. Il y a un seul texte sur lequel à l'unanimité ils n'ont pas voté contre. Je lui dénie de dire que la Convention Citoyenne [pour le Climat] n'a pas été écoutée."

Concernant la réforme des retraites du gouvernement, dont l'entrée en vigueur est prévue pour "l'été 2023", elle vise à "remonter la pension minimum à 1.100 euros, mettre un terme aux régimes spéciaux, et pour cela il faut travailler plus, pour financer les retraites mais pas seulement", détaille Christophe Castaner, favorable à un remontée de l'âge à 65 ans.

Dans l'hôpital public, "développer ce qui marche, les bonnes pratiques"

Sur la crise de l'hôpital public, Cristophe Castaner répète que "pour former des professionnels de santé il faut du temps" et assume "que ce quinquennat" sera de nouveau tendu. "Pour les infirmières et aides-soignantes dans les EHPAD, on a besoin de recruter 50.000 personnes supplémentaires." Selon lui il faut "monter en puissance", mais aussi "développer les pratiques avancées, les bonnes pratiques". La mission "flash" confiée au Dr Braun, "doit permettre de voir tout ce qui marche et améliore le système" pour ensuite "le déployer sur l'ensemble du territoire national."

"La présomption d'innocence n'est pas une officine qui décide si tel ou tel doit être accusé ou sanctionné"

Interrogé sur les cas des ministres accusés par des femmes de violences sexistes et sexuelles, Christophe Castaner répond : "Nous devons être intraitables sur les violences faites aux femmes, en particulier dans le monde politique. Je suis aussi intraitable avec le fait qu'il appartient à la justice de dire le droit et de sanctionner." Il est contre "le principe de précaution", et ajoute : "il faut faire attention, la présomption d'innocence n'est pas une officine qui décide si tel ou tel doit être accusé ou sanctionné."

Sur l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles, fondé en début d'année 2022, "c'est un fait" qu'il s'agit d'une organisation alliée de la NUPES et des proches de Jean-Luc Mélenchon, qui veulent la peau des ministres, selon Christophe Castaner. Sur le cas Damien Abad, "rien n'est établi, même le profil des victimes. En l'espèce, la justice a dit : il n'y a pas de plaignante, et donc nous n'ouvrons pas d'instruction", décrit-il.

Sur le thème global des violences sexistes et sexuelles : "S'il y a une plainte, je souhaite que pour un ministre comme pour n'importe quel citoyen, il y ait non seulement de la transparence, mais aussi de la diligence. Sur ces sujets-là, il faut qu'on aille beaucoup plus vite. Il faut qu'on ait un fichier national pour voir ceux qui seraient des récidivistes. Nous devons renforcer les capacités d'écoute, la qualité d'accueil."

Concernant les incidents au Stade de France, il conclut : "Les images et les faits sont graves. Je souhaite que la transparence soit faite sur l'ensemble des dysfonctionnements et que nous les corrigions." Quant à une possible éviction du préfet Didier Lallemand et/ou du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, il déclare : "je pense qu'il faut sanctionner quand il a des fautes" établies, "et corriger quand il y a des erreurs", en précisant que pour l'instant, les fautes ne sont pas établies.