Des Malgaches du Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache revendiquant l'indépendance de l'Ile de Madagascar, septembre 1947, province de Tamatave ©AFP
Des Malgaches du Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache revendiquant l'indépendance de l'Ile de Madagascar, septembre 1947, province de Tamatave ©AFP
Des Malgaches du Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache revendiquant l'indépendance de l'Ile de Madagascar, septembre 1947, province de Tamatave ©AFP
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Résumé

Ce sont 100 000 tués sur ce qui était encore le sol français et par des soldats français. Un massacre est tout juste évoqué dans les livres d’Histoire. Quelques lignes à peine. Passé sous silence, relégué dans les coulisses de l’Histoire.

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100 000 morts… oubliés tous ces morts qui ne peuvent que déranger au pays des droits de l’Homme. Et pourtant c’était hier ! En 1947, mais loin, très loin de la métropole, dans une colonie où l’on pouvait tuer impunément, sous les ordres de généraux français et sans même encourir la moindre réprimande d’un gouvernement qui regroupait alors des démocrates-chrétiens, des socialistes et des communistes ! C’était donc à Madagascar, la Grande Île ou encore l’Île rouge, comme on l’appelle.

Paris y a envoyé des troupes coloniales pour mater une insurrection indépendantiste qui a commencé par des tueries d’Européens. Pendant de longs mois, les rebelles subissent une répression très dure, impitoyable. Pourchassés, affamés, les insurgés finissent par se rendre les uns après les autres. Plusieurs d’entre eux sont jugés et condamnés à mort. Mais bien d’autres ont été sommairement exécutés. Et les rares témoins font état de nombreuses exactions : tortures, villages détruits, etc. De nouveaux Oradour…

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En 1948, l’affaire est entendue : les événements de Madagascar, comme on dit pudiquement en métropole, ont vécu. C’est le Haut-Commissaire lui-même qui donne le chiffre de 100.000 morts. Un Malgache sur 40 a donc été tué. Tandis que du côté des militaires et des colons, on recense 550 morts. Aucun soldat, aucun policier, aucun fonctionnaire ne sera sanctionné, alors que le gouvernement était parfaitement informé de la situation sur le terrain. Mais le drame s’est déroulé dans la plus parfaite indifférence de la métropole.

Le sort des Malgaches n’a guère ému une population mal informée et bien plus concernée par les restrictions de l’après-guerre et les nombreuses grèves suscitées par le parti communiste. Alors pourquoi revenir sur ces terribles événements ? Monsieur X me l’a dit d’emblée, avant même de commencer ce nouvel enregistrement : les indépendantistes malgaches ont été manipulés. Et, en déclenchant cette sanglante insurrection, ils sont certainement tombés dans un piège… 100.000 personnes l’ont payé de leur vie ! Mais on ne parlera plus d’indépendance avant la fin des années 1950.

Références

L'équipe

Patrick Pesnot
Production
Djubaka
Programmation musicale
Rebecca Denantes
Coordination
Michèle Billoud
Réalisation