Bernard Arnault en 2008 présente les résultats record de LVMH de l'année 2007. ©Getty - Thomas SAMSON - Contributeur - Gamma-Rapho
Bernard Arnault en 2008 présente les résultats record de LVMH de l'année 2007. ©Getty - Thomas SAMSON - Contributeur - Gamma-Rapho
Bernard Arnault en 2008 présente les résultats record de LVMH de l'année 2007. ©Getty - Thomas SAMSON - Contributeur - Gamma-Rapho
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Résumé

L’affaire de l’infiltration du journal Fakir a mis au jour les méthodes utilisées dans l’entourage de LVMH, le groupe de luxe dirigé par Bernard Arnault. Mais dès 2008, le patron du renseignement intérieur avait déjà secrètement utilisé la police au profit du groupe.

En savoir plus

Le vendredi 17 décembre 2021, le tribunal judiciaire de Paris a conclu en toute discrétion un accord avec LVMH. Le groupe de luxe dirigé par Bernard Arnault a accepté de payer 10 millions d’euros en échange de l’abandon de toutes poursuites concernant un système d’espionnage qu’il aurait mis sur pied avec l’aide de l’ancien patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini. L'homme, dont la société de conseil travaillait pour LVMH, est notamment soupçonné d’avoir infiltré le journal Fakir, du député LFI François Ruffin. Mais dès 2008, alors qu’il était encore aux commandes de la DCRI, il avait déjà rendu service à LVMH.

Une opération secrète aux frais de l’État

En 2008, LVMH a demandé à Bernard Squarcini de l’aider à identifier un maître-chanteur qui menaçait de divulguer des photos à caractère privé concernant Bernard Arnault. Un important dispositif de surveillance est alors mis en place, hors de tout cadre judiciaire, mobilisant plusieurs équipes d’agents de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui DGSI) à Paris et à Aix-en-Provence. Le tout dans la plus grande discrétion. Il n’y aura pas de compte-rendu écrit et les frais de mission seront payés en liquide. Une fois le maître-chanteur identifié, le groupe de luxe préfèrera régler l’affaire “à sa façon”. Il demande à la DCRI de cesser son enquête et ne saisira jamais la justice.

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Le journaliste qui dérangeait Bernard Arnault

Quelques années plus tard, en 2014, une équipe de l’émission Complément d’Enquête de France 2 enquête sur Bernard Arnault. Pendant le tournage, le journaliste Tristan Waleckx se rend en Roumanie sur le site d’une usine qui produit certaines pièces pour la marque Louis Vuitton. À peine arrivé avec son équipe, il remarque qu’un individu les photographie. Dans la foulée, il reçoit un appel de son rédacteur en chef, qui lui dit avoir reçu un mail de la part du directeur général de LVMH, Nicolas Bazire, l’accusant d’acheter de faux témoignages, ce qu’il dément catégoriquement. Quelques mois plus tard, il sera convoqué par la police dans le cadre d’une plainte contre X déposée par LVMH pour “chantage” et “tentative d’extorsion”. Une plainte au motif opaque qui se terminera par un non-lieu.

Des méthodes qui ne datent pas d’hier

Lorsqu’en 1987, Louis Vuitton et Moët-Hennessy fusionnent, le groupe LVMH alors dirigé par Henry Racamier est né. Deux ans plus tard, Bernard Arnault cherche à en prendre le contrôle. Commence alors une guerre de l’information, avec des techniques importées d’outre-Atlantique. Des mouchards sont implantés dans les appartements et les bureaux des protagonistes des deux camps. Les responsables de la sécurité d’Henry Racamier affirment en avoir trouvé à plusieurs reprises dans le bureau de leur employeur. En 2014, Pierre Godé, alors bras droit de Bernard Arnault, soutiendra avoir été, lui aussi, la cible d’écoutes sauvages à son domicile.

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Jacques Monin
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Cellule investigation de Radio France
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