La mode éthique ©Getty - Reggie Casagrande
La mode éthique ©Getty - Reggie Casagrande
La mode éthique ©Getty - Reggie Casagrande
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Résumé

Le tee-shirt est un incontournable de la garde-robe. Mais c’est aussi devenu un symbole : celui d’une industrie (la mode, l’une des plus polluantes) dont on connait maintenant les limites environnementales mais aussi sociales.

avec :

Majdouline Sbai (Auteure).

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Quand je dis symbole c’est toutes proportions gardées : on en vend deux milliards chaque année dans le monde, c’est donc l’habit le plus courant sur Terre.

Un tee-shirt reste un vêtement léger, son impact en revanche est important

Si on s’intéresse au tee-shirt basique, donc en coton, importé d’Asie qu’on paie 5,99 euros dans une grande enseigne, ça pique ! Les plants de coton sont très gourmands en eau et pesticides.

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Il faut 2700 litres d’eau pour un simple t-shirt (30 baignoires) mais en plus le coton est la plante qui a le plus besoin de pesticides au monde, 25% du volume total de ces produits chimiques sont utilisés pour la culture du coton !

Et rappelons-le, les pesticides sont dangereux pour les travailleurs, les riverains, mais aussi les animaux et les écosystèmes.

Et puis après la culture du coton, il faut le filer (en Inde ou Chine), puis le traiter pour le rendre doux et blanc, puis les couleurs sont appliquées avec leur lot de produits chimiques (plomb, chrome, mercure)… Et n’oublions pas qu’un tee-shirt va être lavé. Tous ces additifs finirons donc dans nos océans. Sans parler de l'enjeu majeur de la fin de vie de nos vêtements...

Derrière le prix, le coût social

Mais ce n’est pas tout : si je vous dis Bangladesh, Chine, Viet-Nam : vous ne pensez pas forcément à vos prochaines vacances mais plutôt au lieu de fabrication de votre dernier achat de vêtement fabriqué là-bas dans des conditions sociales insupportables (0,6% du coût du t-shirt va à l’ouvrier).

On a du mal à réaliser tout ce parcours quand on achète un simple tee-shirt

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Comme bien souvent c’est le nœud du problème avec une lumière claire, des rayons maculés, une petite musique qui met notre cerveau en mode happy tout roule qui va penser au glyphosate, aux gens qui bossent pour presque rien et à la pollution des fleuves et des océans en regardant ce nouveau modèle bien taillé qui sublimera notre bronzage dans quelques mois ? Pas grand monde et c’est normal…

Mais si je vous parle du tee-shirt ce matin c’est avec une idée derrière la tête : pourquoi ne pas commencer par ce vêtement si universel pour faire votre transition vestimentaire ? Il faut toujours commencer par un petit geste.

Pour autant pour Majdouline Sbaï, sociologue de l’environnement et spécialiste de la mode éthique les premiers à devoir agir en toute logique, ce n’est pas nous ! C'est aux marques et aux gouvernements de changer les règles avant tout.

C’est pragmatique mais dans les faits on sait que les consommateurs jouent un rôle important pour faire évoluer les pratiques, alors on fait comment pour porter des t-shirts cet été sans abîmer encore plus la planète et les humains ?

Une fois posée l’idée que tout ne dépend pas de nous, on a quand même quelques leviers pour agir…

La matière à privilégier : lin, chanvre...

2 min

L’achat utile donc, plaisir aussi mais pas à n’importe quel prix : choisir une marque engagée qui fabrique en France, privilégier la seconde main pour les petits budgets, un coton bio, ou pas de coton du tout mais plutôt du chanvre et du lin qui demandent très peu d’eau et de pesticides et qu’on produit en France et en Europe, ça peut vraiment tout changer.

► Retrouvez l'interview complète de Majdouline Sbaï, sociologue de l’environnement et spécialiste de la mode éthique.

► Vous connaissez une initiative qui peut participer à la transition écologique ? Contactez Valère Corréard.

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Valère Corréard
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