La pudeur amie ou ennemie du désir ? ©Getty - Tara Moore
La pudeur amie ou ennemie du désir ? ©Getty - Tara Moore
La pudeur amie ou ennemie du désir ? ©Getty - Tara Moore
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Résumé

En amour, découvrons la fascinante dialectique de la pudeur et de l'impudeur

En savoir plus

L'intro-fiction de Charles Pépin : 

Je vais vous raconter l’histoire du désir ou plutôt l’histoire d’une femme. Elle désire un homme, un homme qui est loin, et surtout loin de savoir qu’elle le désire à ce point, il est tellement loin qu’il ne la remarque même pas, et elle, elle souffre de ce désir insatisfait, elle souffre d’être loin de son objet, elle souffre d’en manquer, elle se sent vide, creuse, vaine, inutile, elle a l’impression de n’être qu’un néant que seul pourrait venir combler l’objet de son désir ; l’impression de n’être rien, que de l’attente et de la souffrance. 

Mais lui, à l’autre bout de la pièce, souriant au beau milieu des convives, il continue à l’ignorer, enfin même pas ; il ne sait même pas qu’elle existe… et puis, tout change, soudain elle comprend, il ne l’a toujours pas remarquée mais elle, elle comprend, que tout à son désir elle n’est pas vide mais pleine de vie, d’attente, d’imagination, pleine de fantasmes, de projections, de représentations, pleine de rêves, d’espérances.  Elle ne connait pas la phrase de Gilles Deleuze mais elle est d’accord avec lui : 

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Le désir ne manque de rien, et surtout pas de son objet

Alors, au lieu de souffrir du manque elle se retrouve à jouir d’une intensité d’existence nouvelle, elle n’a même plus besoin de lui

 Elle n'a même plus besoin de son regard, tant la vie de son désir suffit à la combler, suffit à faire sa joie, le désir est manque mais également plénitude  et c’est alors, en cet instant où elle le comprend, en cet instant comme suspendu, que son regard tombe sur le sien, oh ce n’est qu’un instant, une seconde peut-être, vous savez ce regard un peu trop appuyé, juste un peu trop, ce regard qui ne ment pas, quand on sait que c’est maintenant, le trouble, maintenant, le trouble tous les deux, maintenant, que l’on tombe amoureux. La pudeur est là peut-être, dans 

Ce regard qui ose s’arrêter mais pas trop

Trop ce serait impudique mais moins ce serait trop peu, mais là, c’est juste bien, juste ce qu’il faut, juste ce qu’il faut de pudeur ou peut-être d’impudeur, c’est selon, juste ce qu’il faut de pudeur ou juste ce qu’il faut d’impudeur pour nourrir le désir. 

Pour en parler ce matin, de la pudeur et du désir, j’ai la grande joie de recevoir le philosophe et musicien Eric Fiat, sous le soleil de Platon, pour nous éclairer sur cette belle question : la pudeur, amie ou ennemie du désir ? 

Pour aller plus loin, découvrez le livre d'Eric Fiat, La Pudeur (éditions Plon)

Références

L'équipe

Charles Pépin
Production
Estelle Gapp
Estelle Gapp
Estelle Gapp
Collaboration
Valentine Chédebois
Programmation musicale
Thierry Dupin
Programmation musicale
Romain Couturier
Programmation musicale
François Audoin
Réalisation
Alicia Vullo
Réalisation
Aurore Juvenelle
Collaboration