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Résumé

Aujourd'hui Tanguy Pastureau nous parle du Palais Vivienne, un super bon plan de petit resto ouvert en ce moment où Pierre-Jean Chalençon reçoit, avec beaucoup de chaleur.

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Depuis deux jours des bruits courent comme quoi des ministres dîneraient dans des restaurants clandestins, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, je demande un peu de compassion envers eux. Parce que nous, qui sommes la lie de la population, en studio on a quand même un nordiste, un belge et Daniel Morin, l’homme de la forêt, on se croirait dans une histoire racontée par Christophe Hondelatte, on sait se débrouiller en cuisine, moi par exemple je fais d’excellentes pâtes au beurre. Mais un ministre, il déjeune au resto, il dîne au resto, tous les jours, Jean-Yves Le Drian qui est ministre depuis 2012, avant était secrétaire d’Etat, député, n’a pas touché une louche depuis ses 19 ans, il ne sait même pas que les plaques à induction existent, quand il pénètre dans sa cuisine, qu’il appelle « la pièce mystérieuse », il cherche un chaudron et le grimoire de ses aïeuls avec les recettes. 

Vous lâchez un ministre à Top Chef, il abandonne en pleurant à la 30ème seconde, juste parce qu’Hélène Darroze lui a demandé de faire une mayo. Un ministre, ça ne mange pas chez soi, vous imaginez Gérald Darmanin chez lui, en calcif devant C Canteloup avec un Bolino, ça lui rappellerait ses années à Tourcoing, là-bas on appelle ça vie accomplie. Et comme les restos sont fermés, les ministres sont perdus, c’est normal, le 1er confinement on a fermé les librairies, 12 fois on a retrouvé Bernard Pivot errant dans les rues, il lisait la pancarte d’entrée d’agglomération d’Issy-les-Moulineaux parce qu’il n’avait plus rien d’autre à lire. Les gens de pouvoir ne mangent jamais chez eux, c’est vulgaire, même la capsule Nespresso ils essaient de l’introduire dans la machine par télépathie pour ne pas avoir à la toucher. 

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Donc qu’un ministre tente de se taper un gueuleton à 400 boules dans un resto clandestin où on va lui servir des patates au beurre sous le nom « suprême du terroir et son coulis crémeux de nos contrées », ça me choque pas. Je connais assez les politiques pour savoir qu’ils sont hors sol, à part Jean Lassalle qui trace des sillons dans les champs de betteraves avec son nez en chantant « Madeleine a les genoux cagneux, les mollets ronds, les pieds de cochons ». 

D’autant qu’on ne sait pas si des ministres vont réellement dans des restos clandestins, on suppute. Tout est parti d’un reportage de M6, la chaîne du coaching où on vous relooke pour mieux vendre votre appart refait à neuf dans lequel vous avez vécu avec un éleveur de poules ayant perdu 30 kilos en 1 mois. Des journalistes se sont introduits dans un resto clandestin huppé où le ghotta suce des pinces de homards morts, un mix entre XVideos.com et Thalassa. Là-dedans, personne n’a de masque, pour entrer il faut dire un code, genre « les communistes sont des cons vive le CAC40 », et ils interrogent l’organisateur en masquant sa voix, lequel dit « oui, il y a des ministres qui viennent bouffer ici ». Très vite, il apparaît que le type est Pierre-Jean Chalençon, à la base sa mère voulait l’appeler Jean-Pierre mais elle adorait la culture hip-hop, donc le verlan, et ce dès 1970, dans le ghetto on l’appelait Soul Mémé, donc Pierre-Jean. 

Chalençon, on le connaît, c’est un collectionneur d’objets sur Napoléon 1er, il a aussi été confident de Charles Trenet sur la fin de sa vie, c’est-à-dire que l’autre lui a confié une fois qu’il avait mal à la hanche et une autre fois lui a dit « mais qui êtes-vous, déjà ? ». Puis Sophie Davant l’a trouvé aux puces de Saint-Ouen dans une commode et l’a pris pour Affaire conclue, l’émission où on vend la broche en or de sa grand-mère décédée la veille pour se payer 4 armoires Kleppstadt de chez Ikéa, et c’est devenu une star. Or, ce monsieur a un hôtel particulier à Paris, le Palais Vivienne, où il organise des dîners privés, donc clandestins, et il est tellement con qu’il met toutes les photos sur son Instagram. Si en 43 il y avait eu Instagram, il aurait fait des selfies en plein shabbat en activant la géolocalisation sur son iPhone. Et le chef qui officie chez lui poste le menu sur les réseaux sociaux, on a affaire à un vivier d’abrutis. Donc le reportage de M6, les gens ont fait le recoupement, et ont demandé à Chalençon de donner les noms des ministres en question, parce qu’une boulangerie qui ferme à 19h10, il y a fermeture administrative, vous buvez un coup de rosé dehors, c’est à peine si on vous dégage pas au flashball, donc les ministres qui font la bamboche en loucedé, on aimerait savoir qui c’est. La pandémie à deux vitesses, elle commence à se voir, les loulous.

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Tanguy Pastureau
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