France Inter
France Inter
vidéo
France Inter
France Inter
Publicité
Résumé

Dans cette chronique, Tanguy Pastureau nous parle de Youtube qui prévoit de supprimer la possibilité de mettre un pouce vers le bas sous les vidéos...

En savoir plus

J’ai beau être un génie de l’humour, je n’en reste pas moins un être humain avec ses fragilités. Oui, je suis fragile, plus fragile qu’un vase en terre fabriqué par un zadiste sale, je suis moins résistant qu’un préservatif sur le sexe turgescent de Rocco Siffredi, et parfois, je m’effondre. Notamment quand je réalise que quelqu’un, un auditeur ou même un sourd bourré de préjugés, ne n’aime pas. C’est ça le problème avec le public, c’est qu’il a un avis sur les choses, c’est insupportable, mais pire, il le dit. Avant, c’était différent, en radio, vous pouviez clasher tout le monde, les noirs, les blondes, les blondes noires, bon, ça ça reste possible. Et il se passait quoi ? Rien. On recevait 2-3 courriers d’insultes qu’on foutait à la poubelle sans les lire, avec les livres des invités, qu’on ne lisait pas non plus, on pouvait faire une carrière entière en radio sans rien lire, du coup, on n’abîmait pas ses yeux, tout le monde avait 16/10 aux deux, les gens pouvaient voir un pigeon depuis la Maison de la Radio alors qu’il était à 7 kilomètres. 

Mais là, en 2021, avec Internet, vous faites une vanne, tout le monde vous critique, la captation de votre spectacle passe sur Netflix, vous voyez qu’il est noté 2/5 par les abonnés, alors que parfois vous avez mis ¾ d’heure à l’écrire. On est tous là à se juger, à se noter, le livreur de sushis a oublié une paire de baguettes, paf, on lui met 1, avec comme commentaire « il faut le pendre, à cause de lui, ma meuf m’a vu bouffer avec les doigts et depuis ne me respecte plus ». Dans les toilettes publiques, il y a même des bornes avec écrit « comment jugez-vous la propreté de cet endroit ? » et 2 boutons, un bonhomme qui sourit, un qui a l’air triste, à chaque fois j’ai l’impression que c’est Michel Houellebecq qui m’attend à la sortie des wa-wa. Alors que des WC publics par définition, ça ne peut être que sale, parce que ce sont les seuls où on peut se permettre de faire ce qu’on ne fait pas dans les siens. Est-ce que dans vos toilettes vous urinez sur les murs ? Non. Est-ce que dans vos toilettes vous écrivez « Tatiana chaude pour 9 euros, 06 67 34 22 00 ? ». Non. Est-ce que dans vos toilettes il y a un haut-parleur qui diffuse un titre du trio Vitaa – Amel Bent – Camelia Jordana ? Non. C’est pour ça qu’on s’y sent bien. Alors que dans les toilettes du réseau Vinci Autoroute, si, c’est pour ça que je ne prends que les nationales, pour faire un Paris-Angers, il me faut 16h. Même Louis XI en calèche allait plus vite. Alors un conseil, ne notez pas la propreté des toilettes publiques en appuyant sur un bouton, parce qu’une personne sur deux ne se lave pas les mains en sortant, donc si c’est pour avoir 25 traces de matière fécale différentes sur les doigts, autant faire une grosse soirée entre amis.

Publicité

Oui, je souffre Leïla, vous ce n’est pas pareil, France Inter vous préserve, ils ne découpent pas vos interventions pour les foutre sur YouTube, mais nous les comiques, on nous fait ça, on nous livre au peuple, cette masse grouillante et bigarrée qui l’été porte des claquettes. Les gens, sous chacune de mes chroniques, peuvent mettre un pouce vers le haut ou un pouce vers le bas, ça ressemble aux jeux du cirque, sauf que j’ai pas d’armure avec des sangles en cuir, dommage d’ailleurs, parce que la sensation sur la peau doit être, hmm, délicieuse. Et en face de moi, il n’y a pas d’ours, mais la version humaine de l’ours, Daniel Morin, dont Jean-Jacques Annaud dit parfois « il me rappelle l’époque où je faisais des entrées en salle ». Mais sinon, c’est pareil YouTube et le cirque à Rome, et moi, les pouces vers le bas, ça m’ébranle, comme on dit à Mykonos. Parce que j’ai une seule exigence dans la vie, c’est que les gens m’aiment, et qu’ils n’aiment que moi, chaque place achetée pour aller voir Olivier de Benoist, je le prends comme un acte contre moi, et contre le concept de barbe soignée. J’étais fait pour être dictateur et obliger les gens à m’aimer, seulement je n’ai pas eu la chance de naître en Corée du Nord, mais en France, ce pays aussi usé que le corps de Maxime Le Forestier, à part ses dents qu’il change tous les 4 mois et qui elles sont superbes. Il paraît que c’est de l’ivoire, il a 14 éléphants dans la bouche, ce dont même le zoophile le plus axé sur la performance ne peut pas se vanter.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

Références

L'équipe

Tanguy Pastureau
Tanguy Pastureau
Tanguy Pastureau
Production
Tanguy Pastureau
Tanguy Pastureau