vidéo
Tanguy Pastureau ©Radio France
Tanguy Pastureau ©Radio France
Tanguy Pastureau ©Radio France
Publicité
Résumé

Tanguy nous parle de son absence hier pour cause de funérailles royales, un choix éditorial de la radio qui est à son sens une erreur.

En savoir plus

Beaucoup d'auditeurs m'écrivent pour me dire "monsieur, hier, vous avez été digne en laissant le rire de côté et en commentant avec sérieux et respect les funérailles de la reine Elisabeth II", alors bon, c'était pas moi. Non, la radio a pris la décision unilatérale de faire sauter ma chronique, alors qu'à midi 15 je pouvais avoir fini, et j'ai vérifié, à Westminster, de midi à midi 15 il s'est rien passé, Laury Thilleman n'a pas surgi du cercueil en hurlant "et ouais, pour cette nouvelle saison de Surprise sur Prise, on a du budget, les cocos" comme on pouvait s'y attendre.

C'était juste des funérailles, est-ce que ça valait le coup de supprimer ma chronique, l'histoire le dira, et jugera sans doute sévèrement le choix de la direction de France Inter. Parce que moi, ça fait 5 ans que je suis là, chaque jour, j'ai tout donné à cette antenne, même Daniel Morin me respecte alors qu'il est né à la Maison de la Radio, c'est le cerbère de la porte, il a une énigme, si on y répond, on peut entrer, ce matin c'était "qu'est-ce qui est blond, un peu dingue et boit pas que de l'Orangina ?", Demorand n'a pas trouvé, c'était "Laure Adler", bah il est resté dehors. 5 ans et 2 mois de ma life pour le service public, et on me zappe, au profit d'une femme, Elisabeth II, qu'on n'a jamais vue ici, pourtant, il y en a des vieux, mais pas elle.

Publicité

Elle aurait pu au moins participer une fois au jeu des 1000 euros, ou des 1000 francs, à un moment de sa vie, ou des 1000 écus, alors qu'elle était ado, ou des petits os de belette qu'on troque contre un bout de peau de mammouth au début de sa carrière. Mais non, rien, et c'est moi qu'on zappe, donc si c'était pour que ça se termine comme ça, je le dis, en 1793 la cérémonie de circoncision de la tête de Louis 16, on pouvait s'en passer. Je ne dis pas qu'Elisabeth II n'a pas mérité ces honneurs, c'était une grande dame, elle a quand même bu le thé avec l'ours Paddington, moi le matin je bois un chocolat avec Daniel, visuellement ça revient au même, mais enfin on a moins envie de s'y frotter, surtout quand il supplie pour qu'on le fasse.

Hier, j'ai regardé les funérailles à la télé, j'ai boycotté France Inter du coup, et c'est vrai que ça avait du chien, du corgy, les amis. Déjà il y avait des enfants blonds partout, je me suis surpris à chercher Paul Mirabel dans la foule. Et puis les marins, 142 marins, ils étaient, pour tirer le cercueil, je sais pas où Elisabeth cachait ses kilos, j'attends l'enquête de Biba, et puis solennels, les marins, il y en a pas eu un seul pour se mettre à hurler "yop la ho une bouteille de rhum", pas un glaviot, zéro vomi, dignes. Le seul truc qui a gâché les funérailles, c'est ce joueur de cornemuse qui s'est mis à souffler dans son bidule, on se serait cru au Festival Interceltique de Lorient, je suis sûr que William a commandé une galette avec supplément œuf à la sortie de la cathédrale. Là je me suis dit "ça sent l'entrée sur scène de Nolwenn Leroy sous chouchen", ou au moins Manau, ils ont fait un seul hit, la Tribu de Dana, j'imagine que pour 10 euros ils viennent. Et bah non, il y a juste eu ce joueur de cornemuse, seul, c'est pour ça que ça n'a pas pris, l'ambiance.

Donc hier j'ai été privé de chronique, mais c'est passé à peu de choses, parce que les funérailles royales, c'est 10 jours, ça ne bouge pas, on vit à une époque où Uber Eats livre des sushis en 4 minutes, parfois le bout de saumon bouge encore sur le riz, mais Charles 3, on l'a laissé pleurer sa mère sur 10 jours, le pauvre. Et bref, ça veut dire que si Elisabeth II était morte un jour plus tôt, les funérailles tombaient dimanche, et moi j'étais avec vous hier, c'est l'effet papillon, il aurait suffi que Meghan Markle, le mercredi 7 au lieu du jeudi 8, appelle Elisabeth en lui disant "hé Mamie, dans le nouvel épisode de mon podcast Spotify, je révèle que tu bouffes des enfants au petit-dej, et Harry tu le reverras jamais, vieille coche, et on va racheter ton château pour faire des studettes", terrassée par tant de méchanceté, Elisabeth mourrait juste après avoir murmuré "sale petite catin, non, pas des studettes", et tout se goupillait bien.

Elisabeth II pouvait décéder et moi bosser, d'autant que j'avais un sujet sympa hier, j'avais trouvé un article intitulé "Etats-Unis : un camion rempli de vibromasseurs bloque l'autoroute", or, OK, God save the Queen, ça touche les gens, mais si on retire Save the Queen, aussi. Et on est plus dans le quotidien de l'auditeur, sur 96 ans, on a moins prononcé la phrase "tiens, j'ai pensé à Elisabeth II" que "Rosita, savez-vous par hasard où vous auriez rangé le canard de Madame ?".

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

Références

L'équipe

Tanguy Pastureau
Tanguy Pastureau
Tanguy Pastureau
Production