Jane Birkin en 2022
Jane Birkin en 2022 - Universal
Jane Birkin en 2022 - Universal
Jane Birkin en 2022 - Universal
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Jane Birkin publie son intégrale discographique, soit l’histoire d’une vie en chansons, jusqu’à ses propres textes, qu’elle interprète sur scène aujourd’hui. Jane B., au micro de Totémic, où il sera question de Françoise Hardy, de la télé française des années 1970. Et de William Shakespeare.

Le 18 septembre dernier, Jane Birkin s’avançait sur la scène de la Philharmonie de Paris en costume noir et chemise blanche. Micro dans une main et la paume de l’autre, posée sur un tabouret haut. Ce soir-là, Jane Birkin fut solide et fragile, dans le même mouvement. C’est précisément ce mélange qui a fait la beauté du moment.

Accompagnée par quatre chevaliers musiciens, elle a interprété des chansons de Gainsbourg autant que les siennes. Il y avait de la joie et des fantômes, une certaine solennité et quelque chose de très léger.

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Aujourd’hui, l’intégrale discographique de Jane Birkin est publiée et ça commence en 1969.

Cette année-là, Serge Gainsbourg écrivait :

“Antibardot, antifonda, Jane, mon petit androgyne, ils vont t’aimer, eux non plus. T’épingler à côté de Mick Jagger, de Marilyn, de Jean Harlow. Ces soldats dans leur caserne grise, au petit matin hivernal, tu vas leur ruiner la santé."

Jane Birkin a co-inventé une signature vocale autant qu’une attitude nouvelle qui voulait dire modernité.

En plus de l’intégrale discographique paraît un livre avec des textes de Baptiste Vignol, qui reviennent sur chacun de ses albums. Il y a aussi le beau film que Didier Varrod lui a consacré.

Et je pense à cette réplique qu’elle prononce dans le film – portrait qu’Agnès Varda lui a consacré : “Même si on déballe tout. Finalement, on ne dévoile pas grand-chose. Au fond, que croyez-vous savoir ?”.

Pour Totemic, Jane Birkin revient sur les moments forts de sa carrière :

Ses premiers pas sur les planches

Figure androgyne, mais aussi icône de la mode et de la pop, Jane Birkin a, à la fin des sixties, redéfini en partie les diktats de la mode, et pourtant elle confesse ne s’être jamais sentie femme, mais plutôt fille : « Quand je jouais dans la "Fausse Suivante" de Patrice Chéreau, il fallait que je joue une femme fière de l’être et j’avais du mal avec ça. » Pour cette adaptation de la pièce de Marivaux en 1985, Patrice Chéreau choisit Jane Birkin. Un rôle sur les planches qui lui fait découvrir la scène : « Au départ, je pensais que c’était pour un film, je n’y connaissais rien. Quand j’ai su que c’était une pièce, ça me semblait impossible de monter sur scène tous les soirs. Mais sans ça, je n’aurais jamais pu monter sur celle du Bataclan quelques années plus tard pour chanter. Je n'avais quasiment que l’expérience du playback avec les émissions des Carpentier auparavant. »

Une renaissance à 40 ans

La deuxième partie des années 1980 est une véritable renaissance pour Jane Birkin. Agnès Varda lui consacre un documentaire en 1987 sous forme d'entretiens et de sketchs intitulé Jane B. par Agnès V où elle raconte sa vie d'écolière en Angleterre et comment elle est devenue actrice, tandis que Serge Gainsbourg lui écrit certaines de ses plus belles chansons comme « Baby Alone in Babylone » et « Les Dessous Chic », que Chéreau lui accorde sa confiance pour le théâtre et qu’elle rencontre le succès avec son concert au Bataclan : « C'est curieux comment les choses me sont tombées dessus à 40 ans. C'est peut-être le meilleur moment pour une femme quand les choses inattendues arrivent tout à coup. »

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Une entrée en chanson avec un goût de scandale

Jane Birkin évoque également pour Totemic, sur le succès planétaire de « Je t’aime moi non plus » en juin 1969 et le scandale qui suivit et qui résonnera jusqu’au Vatican, : « J’ai pour habitude de dire que le Pape a été notre meilleur attaché de presse sur ce coup-là. A l’époque, ce scandale m’a surtout beaucoup amusé. Et puis Serge était tellement fier car sa chanson était numéro un en Angleterre. C’est quasiment la seule fois où ça lui est arrivé. Plus tard, « Je t'aime moi non plus » a eu une autre résonnance notamment auprès de personnes vivants sous la dictature en Amérique du Sud ou en Espagne. Pour eux, c’était une chanson qui sentait la liberté, et ça, j’en suis très fière. »

À réécouter : Jane Birkin
1h 15

Sa fascination pour Françoise Hardy

Pour sa carte blanche, Jane Birkin a notamment choisi le tube « Message personnel » interprété par Françoise Hardy et écrit par Michel Berger : « J’aime beaucoup cette chanson. Pour moi, cette chanson veut dire, prends ton temps, j’ai tout le mien. Ça évoque l’espoir amoureux, l’attente et peut être celui de Françoise, mais on a tous vécu ça. » Car Françoise Hardy, contemporaine de Jane, l’a toujours beaucoup fasciné : « Parfois, quand on me demande qui je trouve belle, je pense souvent à Françoise Hardy, tout en elle est séduction et originalité aussi. » Jane Birkin se fend également d’une petite anecdote au sujet de l’ex-compagne de Jacques Dutronc qui nous ramène dans les années 1960 : « Je me souviens avoir traîné mon premier mari, John Barry, pour qu’il vienne la voir au Savoy Hotel à Londres. Je voulais qu’elle chante dans le James Bond ; je trouvais ça plus original que Shirley Bassey. »

Françoise Hardy - Message personnel

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Un livre

Jane Birkin par Baptiste Vignol, Editions Grund, 2022.

Un documentaire

Jane Birkin...et nous, un portrait intime par Didier Varrod, diffusé sur France 3.

À réécouter : Jane Birkin
1h 17
À réécouter : Jane Birkin
1h 41
À réécouter : Jane Birkin
54 min

Programmation musicale

  • 09h44
    A marée haute
    A marée haute
    Jane Birkin
    A marée haute

    Jean-Louis Pierot, Etienne Daho

    Album Oh ! Pardon tu dormais (2020)
    Label BARCLAY

L'équipe

Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Production
Perrine Malinge
Collaboration
Ilinca Negulesco
Collaboration
Lola Costantini
Réalisation
Khoi Nguyen
Réalisation
Jean-Baptiste Audibert
Programmation musicale