Maria Larrea pour son livre "Les gens de Bilbao naissent où ils veulent"

Maria Larrea le 23 septembre 2022 à Manosque
Maria Larrea le 23 septembre 2022 à Manosque ©AFP - JOEL SAGET
Maria Larrea le 23 septembre 2022 à Manosque ©AFP - JOEL SAGET
Maria Larrea le 23 septembre 2022 à Manosque ©AFP - JOEL SAGET
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Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset), c’est le récit d’une enfance puis celui d’une jeune femme qui part à la recherche de ses origines. Ce premier roman est signé Maria Larrea. C’est violent, poignant et burlesque.

Qu’est-ce qu’une famille ? Devenir mère, être père, ça veut dire quoi ? Son roman apporte des réponses à la fois cruelles et réjouissantes à ces questions-là.

C’est une fiction, autobiographique, entre Bilbao et Paris. Le récit de la recherche de ses origines, après qu’une tireuse de tarot lui a révélé ceci : ”Vous n’êtes pas la fille que vous croyez”. Ça commence comme un conte noir et ça se termine par une enquête obsessionnelle menée par une pétroleuse, qui essaie d’être la fille de ses parents autant qu’une jeune mère de famille.

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On en garde en tête des images nettes : deux couples qui rient “à s’en montrer les molaires manquantes”. Ou encore le geste d’une femme qui tue un poulpe à coups de bâtons. C’est le récit d’une mémoire intime qui se révèle appartenir à l’Histoire, avec un grand “H”.

Un livre à l'image de sa vie : de la comédie et du drame

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent est un mélange de burlesque, de situations quasiment de comédie, très joyeuses où on sourit et un mélange de drame et de violence. Ce sont vraiment ces deux registres-là qui sont tressés tout au long de ces un peu plus de 125 pages.

Maria Larrea explique que cette ambivalence vient de son histoire : "C'est quelque chose qui me constitue. C'est dans ma personnalité. Dès qu'il y a du drame, j'ai besoin de tout de suite désamorcer. Après, comme je le raconte dans le roman, j'ai grandi dans un théâtre de boulevard, le théâtre de la Michodière. Dans ce théâtre, il y avait du vaudeville. Il y avait des pièces avec Jacqueline Maillan, Jean Lefebvre, Darry Cowl. Donc je grandissais en matant 'Santa Barbara' avec ma mère et en même temps, je regardais Jacqueline Maillan qui venait faire un seule en scène, qui s'appelait 'J'ai deux mots à vous dire'. Donc je pense que ça m'a nourrie. Puis après, dans ma cinéphilie, les Chaplin, Woody Allen, etc. Les comédies ont été très importantes aussi. Donc ça va autant me constituer que Pialat ou Truffaut."

L'histoire de sa famille, littérature et cinéma

L'histoire fait alterner les points de vue de trois orphelins d'une même nation. Maria Larrea a structuré son texte avec Julian d'une part, son père, Victoria, sa mère et Maria, son double.

Leur point commun, c'est que sa mère est née d'une femme qui l'a abandonnée assez rapidement à la naissance. Son père est né aussi d'une femme qui l'a abandonné et qui était prostituée. Et elle-même, elle découvre qu'elle est aussi une enfant abandonnée. Ce livre, c'est aussi dire que finalement l'instinct maternel n'existe pas. Maria Larrea le dit : "L'instinct maternel n'existe pas, il se construit, il est social." Aujourd'hui, en tant que cinéaste, elle écrit un scénario, un film d'horreur sur la maternité, "parce que c'est quand même un sacré dossier, la maternité."

De même, elle a voulu faire un film sur son histoire, sur le fait qu'elle a appris qu'elle avait été adoptée, mais il ne s'est pas fait, et ce récit est finalement raconté dans son premier livre : "Je me dis que mon histoire ne pouvait exister que comme ça, qu'il y a eu une résistance à l'image. Le film ne s'est pas fait. Le bain révélateur du cinéma, le négatif, n'est pas passé dans la chambre noire. Mais la chambre noire nécessaire pour ce livre, c'était le romanesque, c'était la littérature et je le relie énormément au fait que mon acte de naissance était un faux. Et tout est passé par l'écrit. Là, j'ai un acte de naissance, il est nouveau, il est beau, il est écrit, mais c'est moi qui l'ai fait."

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