Phoenix pour l'album "Alpha Zulu"

Phoenix en concert le 20 novembre 2022 à Berlin
Phoenix en concert le 20 novembre 2022 à Berlin ©Getty - Gina Wetzler
Phoenix en concert le 20 novembre 2022 à Berlin ©Getty - Gina Wetzler
Phoenix en concert le 20 novembre 2022 à Berlin ©Getty - Gina Wetzler
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Ce matin, dans Totémic : le groupe Phoenix, qui vient de publier un 7ème album lumineux, intitulé "Alpha Zulu". Hier, ils étaient en concert à l’Olympia. Ce soir, on les entendra jouer également sur France Inter.

Avec

United, unis ! C’était le titre de leur premier album paru en l’an 2000. Avec le recul, on peut dire que ce mot, et les chansons de ce premier disque annonçaient toute la suite. C’est-à-dire ?

Un quartet toujours solide, quand d’autres, apparus au même moment - Daft Punk ou Air - sont séparés ou quasi.
Et dès le début, il y eut aussi l’affirmation d’un éclectisme. Le refus de chapelles musicales. Alpha Zulu, leur nouvel album paru il y a un mois, est porteur de cet élan-là. D’inspirations multiples + le plaisir renouvelé de fabriquer un truc à 4.

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En préparant cette émission, j’ai refeuilleté le livre “Liberté, Egalité, Phoenix”, ouvrage de textes et de photos qui retrace leur parcours depuis plus de 20 ans. Pour ma part, ce titre de “Liberté, Egalité, Phoenix” me fait penser à “Liberté, Egalité, Choucroute”.

Bon sang mais bien sûr : ce serait ça Phoenix, un goût pour l’électronique allemande, un amour de la variété italienne et un film populaire de Claude Zidi.

Un album enregistré dans le musée des Arts décoratifs

Pour ce nouvel album, Alpha Zulu, le groupe a enregistré dans un lieu plutôt inattendu, même si c'est dans leurs habitudes, à savoir une aile du musée du Louvre, le musée des Arts décoratifs. Comment cet endroit s'est chargé de sens pendant l’enregistrement de ce disque ? « On a toujours rêvé de faire un disque là-bas. On a d'abord découvert le musée vide, à cause de la pandémie, ce qui était assez magique. Et puis ensuite, quand les gens sont arrivés pour y travailler et le restaurer, ça nous a aidés à ne pas perdre pied. On travaille parfois 40 heures sur un son de batterie, et quand on voit quelqu'un qui travaille à la restauration d'un tissu copte pendant 200 heures, que l’on apprécie son travail, on se dit que le nôtre va l'être également si on y travaille énormément. Nous ne sommes pas des travailleurs essentiels, il y a certains moments dans notre carrière, comme après le Bataclan ou pendant la pandémie où faire de la musique pose des questions et l'inspiration ne vient pas forcément. Enregistrer dans ce lieu sublime nous a aidés à sortir de notre cave ».

L’art perdu de faire un disque

Phoenix a entamé sa carrière, il y a presque 30 ans, lorsqu’à Versailles, les trois membres-fondateurs du groupe, originaire du Chesnay, se rencontrent au collège. À seulement 12 ans, Deck D'Arcy et Thomas Mars commencent à jouer ensemble lorsque Christian Mazzalai les rejoint et forme le groupe en 1993. Quand ils évoquent les groupes de la précédente génération, ils en plaisantent : « On trouvait que c’était des nazes (rires). On avait l'impression d'être en l'an 900 et que toutes les grandes constructions romaines, tout le savoir-faire pour faire des dômes gigantesques avaient été perdus. Plus sérieusement, il y a eu un moment dans l'histoire de la musique, entre 1984 et les années 2000, où l'art de faire un disque s'est perdu. C'était notre vision à l'époque, on avait l'impression d'être quelques types en 1300 qui allaient à Rome voir les constructions et qui se rendent bien compte qu'il y a un truc qui a été paumé. »

Philippe Zdar, l'éternel ami

Il y a un homme qui était présent depuis le début de Phoenix, Philippe Zdar, un homme de l'ombre qui a façonné le son du groupe, mais aussi de la pop française et internationale, de MC Solar à Cat Power : « C'est le sauveur pour nous, il est venu à la rescousse. Le premier album qu'il a mixé ne sonnait pas comme on voulait. Finalement, avec son panache, on s'est rallié à Philippe. Et puis l'album est devenu un disque dont on est resté fier. Il a vécu les deux albums suivants à distance, quand il est arrivé sur le quatrième, il savait exactement ce qu'il voulait entendre de nous. C'est un peu un Brian Eno à la française. »

Enregistré sur la voix de Jean-Pierre Marielle

À leurs débuts, Phoenix s’enregistrait sur des bandes magnétiques, ils se souviennent d’une anecdote particulière : « On était tombé sur un stock d’une centaine de cassettes enregistrées par Jean-Pierre Marielle qui s'entraînaient à faire une pub pour des yaourts. Il démarrait à chaque fois en disant « La petite fleur… ».

Pour sa carte blanche, Laurent Brancowitz a choisi d’entendre la voix de Ralph Hütter du groupe Kraftwerk, pionnier de la musique électronique :

« C’est dur de voir le rapport avec notre musique, mais pour nous, c'est une vraie inspiration. Ils ont réussi à recentrer leur construction, leur imaginaire autour de l'Europe. Alors que pendant des décennies, l'Europe singeait l'Amérique, essayait de donner l'illusion qu'on avait nous aussi des Cadillac. Comme les yé-yés qui reprenaient des standards américains en les adaptant en français. Alors que Kraftwerk a corrigé ça en évoquant l’Europe continentale avec des références à Marie Curie par exemple. On a senti que c'était la voie à suivre. »

Thomas Mars, lui, a choisi la chanson « Venus » de Frankie Avalon paru en 1958 :

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« Je travaille en ce moment sur le film de ma femme Sofia Coppola, c’est un biopic de Priscilla Presley. Nous écoutons beaucoup de morceaux des années 50, et celui-ci est extrêmement moderne. Cette chanson, c'est le maître étalon de tout ce qui vient après. Pour moi, il y a autant voir plus de modernité dans ce titre que dans beaucoup de choses actuelles, et ce sont des effets acoustiques, c'est un véritable savoir-faire. »

La Carte blanche de Phoenix

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Le tube des invités

FRANKIE AVALONVenus

Programmation musicale

PHOENIX Feat. Ezra Koenig - Tonight

🎧 Phoenix en concert à l’Olympia et en direct sur France Inter ce soir à 21H

🎧 PhoenixAlpha Zulu

Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

L'équipe