Charlotte Le Bon au Festival de Deauville en septembre 2022
Charlotte Le Bon au Festival de Deauville en septembre 2022 ©AFP - Lou BENOIST
Charlotte Le Bon au Festival de Deauville en septembre 2022 ©AFP - Lou BENOIST
Charlotte Le Bon au Festival de Deauville en septembre 2022 ©AFP - Lou BENOIST
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Au programme : le premier film de Charlotte Le Bon, qui fut mannequin, miss météo sur Canal+, comédienne et aujourd’hui cinéaste avec “Falcon Lake”. Son premier long-métrage était sélectionné pour la Quinzaine des réalisateurs, au dernier festival de Cannes et il sera en salles le 7 décembre.

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“Il ne faut croire ni ceux qui te disent que tu es nulle, ni ceux qui te disent que tu es géniale. A partir de là, le tri sera vite fait tu verras.” Parmi les conseils qu’on s’est chargé de lui prodiguer au début de sa vingtaine lorsqu’elle est devenue comédienne, c’est celui que Charlotte Le Bon a voulu retenir.

Elle n’a pas cru non plus celles et ceux qui ne la voyaient qu’en jeune fille drôle, pétillante et basta. Personnage qui s’est notamment imposé avec ses sketchs en miss météo dans le Grand Journal de Canal + en 2010. Elle est donc devenue comédienne et aujourd’hui réalisatrice, la caméra étant comme le prolongement de ses pinceaux et crayons puisqu’elle dessine depuis longtemps.

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Elle va aussi exposer ses peintures et lithographies, liées aux images de son premier film “Falcon Lake”, en salles le 7 décembre. Une histoire d’amour et de fantômes qu’elle a située dans un décor qu’elle connaît bien : les lacs du Manitoba, au Québec, elle qui est née à Montréal.

Elle m’a donné rendez-vous à l’imprimerie Item, là où on lui prête un atelier. Une verrière, des machines, des presses et David Lynch, qui vient travailler ici parfois.

Son parcours, de Montréal à Paris

Charlotte Le Bon est dessinatrice, cinéaste, comédienne mais elle n'a pas toujours eu toutes ces casquettes. Elle est d'abord venue en France car elle était mannequin, de 16 à 23 ans. Elle n'a pas bien vécu cette expérience : "C'est le seul métier où il est légitime de pointer les défauts physiques des gens. Le mannequinat, je suis sortie de ce métier-là à 23 ans, et j'étais la meuf la plus complexée de l'univers. Pendant sept ans, on n'a fait que pointer mes défauts physiques."

Auparavant elle avait fait des études en arts visuels au Québec, et elle était convaincue qu'elle allait en faire sa vie. Sa carrière d'actrice a un peu commencé par hasard. Puis elle nous dit comment elle en est venue à être comédienne : "J'ai commencé à Canal+ et ensuite tout a déboulé et j'ai juste décidé de surfer sur ce truc-là. Mais en ne sachant pas vraiment exactement où j'allais, ni même si j'aimais vraiment ce métier et tranquillement je me suis remise à peindre, je me suis remis à dessiner. Et puis maintenant, c'est un truc qui ne peut plus me quitter. Je ne peux pas juste choisir un seul métier."

Le film qu'elle réalise : Falcon Lake

Bastien a quatorze ans et Chloé en a seize. Ses parents à lui et sa mère à elle, ont décidé de passer leur été au Québec. Dans ce décor de lacs et de forêts, Bastien et Chloé se plaisent. Charlotte le Bon filme leur hésitation, entre rapprochements soudains et mises à distance. Ces deux ados se mettent au défi autant qu'ils se protègent. Falcon Lake est le récit de cette adolescence, de l'excitation, de la trouille, du désir cru et des restes de l'enfance.

Pourquoi a-t-elle voulu filmer au Québec ? "Le Québec, les lacs et les forêts canadiennes ont vraiment été le théâtre de mon adolescence et de mes premières histoires d'amour, qui sont les sujets du film. Et puis, je pense qu'il y a aussi un truc qui m'a toujours fascinée dans les paysages québécois. C'est que je trouve qu'il y a une vraie ambivalence, qu'il y a quelque chose de très lumineux, évidemment, de très attrayant, de très doux, de très réconfortant. Mais il y a aussi une inquiétude. Il y a aussi quelque chose qu'on n'est pas capable de capter complètement. Et ce qui fait que même aujourd'hui, quand je me baigne dans les lacs, je ne sais pas exactement ce qu'il y a au fond. Je ne sais pas si ça peut me choper les pieds et je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça hyper grisant et excitant à chaque fois que je m'y baigne."

Dans son film, il y a aussi plein de fantômes : "J'adore les fantômes, le monde du surnaturel, j'adore ce qu'on n'est pas vraiment capable d'expliquer. J'adore l'entre deux mondes, c'est quelque chose qui me fascine encore une fois. J'ai été confrontée au deuil très tôt dans ma vie parce que j'ai perdu mon père quand j'avais dix ans. Donc je pense que ça a été très important pour moi peut-être de romantiser la mort. C'était ma façon à moi de pouvoir justement dompter mon deuil et d'en faire quelque chose de joli et d'en faire une histoire, de transformer la mort en une espèce de présence rassurante qui m'accompagne partout, en fait, qui sont un peu comme les fantômes, les fantômes bienveillants, parce qu'il y en a des malveillants aussi."

🎧 Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

Le tube de l'invitée

DEPECHE MODE - Enjoy the silence

Programmation musicale

CHRISTINE AND THE QUEENS - Rien dire

À réécouter : Charlotte Le Bon
54 min

L'équipe

Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Production
Perrine Malinge
Collaboration
Ilinca Negulesco
Collaboration
Lola Costantini
Réalisation
Khoi Nguyen
Réalisation
Jean-Baptiste Audibert
Programmation musicale