Iggy Pop en 1993
Iggy Pop en 1993
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Iggy Pop en 1993 ©Getty
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Résumé

La chanson à l’affiche de Tubes N'Co ce matin, c’est “In the Death Car”, par Iggy Pop, parue sur la bande originale du film "Arizona Dream". “Je n’allume pas la radio. Parce que comme tu sais, ils passent toujours de la merde.” Ces phrases, sont des vers du poème qu’Iggy Pop a écrit et qu’il dit, sur cette musique...

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Je n’avais pas vraiment fait attention à son texte jusqu’ici. Iggy Pop parle aussi d’une main sur son sexe, comme d’un moment extraordinaire. Du bonheur des rondeurs d’une fille. Du vent qui hurle et siffle dans la nuit. Bref, des trucs qui font se sentir vivant.  

Et la chanson s’intitule “In the Death car”, la voiture de mort. On le sait plus que jamais : on est tous assis à bord. Mais nous sommes en vie. 

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Cette nonchalance des cuivres de fanfare et la mandoline déjà entendue, et à venir : ça n’est pas le rayon musical habituel d’Iggy Pop. Mais c’est avec ça qu’il a cette voix. Et comme rarement, Iggy nous fit profiter du moelleux de son organe. 

Ce type, icône sauvage du punk. Mais aussi crooner, sensuel et élégant. 

Et là vous pensez : “et quand est-ce qu’elle dit que cette chanson fait partie de la bande originale d’”Arizona Dream”, film d’Emir Kusturica sorti en 1993. Et que la musique est composée par Goran Bregovic."

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Mais en fait. Le thème musical de “In The Death Car” n’est pas de Goran Bregovic. Parce qu’il l’a piqué. Peut-être sans le savoir. Et c’est là qu’on découvre que cette chanson est LE point commun entre : Iggy Pop. Et Enrico Macias.  

On écoute Enrico en 1967. Mais en fait. Enrico Macias a interprété une adaptation en français d’une chanson corse qui s’intitule “Solenzara”. 

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Cette rumba corse est composée par Dominique Marfisi et le morceau fut rendu populaire par un duo. C’est Régina et Bruno.  Barbara Carlotti livre aussi une belle version de “Solenzara” sur son dernier album. 

Donc en fait. Les ayants droits de "Solenzara" ont intenté un procès qui a duré dix ans contre Goran Bregovic. Et ils ont gagné. Cette unique et même chanson finit par réunir 3 exils et 3 nostalgies.  

  • La nostalgie d'un Corse pour son île, qu’il a dû quitter en partant vivre sur le continent.  
  • La nostalgie d’un pied noir, Enrico Macias, pour la terre d’Algérie.  
  • La nostalgie d’un serbo-croate, Goran Bregovic pour un pays en guerre, qu’il a fui, c’est l’ex-yougoslavie.  

Goran Bregovic a donc fait muter une rumba corse en mélancolie slave. Et à la fin, pour ces trompettes, je visualise des mariachis sur fond de soleil qui rougeoie.  

Là-dessus, Iggy Pop nous dit : 

"Dans la voiture de la mort, nous sommes en vie.” 

Merci à Pascal Regoli de m’avoir écrit pour attirer mon attention sur son documentaire intitulé “Solenzara” qui retrace l’épopée de cette chanson corse.  

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Références

L'équipe

Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Rebecca Manzoni
Production
Ilinca Negulesco
Collaboration
Khoi Nguyen
Réalisation