Tik Tok : comment les réseaux sociaux façonnent nos goûts musicaux ©Getty - 5.15 WEST
Tik Tok : comment les réseaux sociaux façonnent nos goûts musicaux ©Getty - 5.15 WEST
Tik Tok : comment les réseaux sociaux façonnent nos goûts musicaux ©Getty - 5.15 WEST
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Résumé

Finie la radio, ou la télévision désormais, la musique, les jeunes la découvrent via les réseaux sociaux et les plateformes de streaming. Et bonne nouvelle, tout ça élargit leur oreilles avec l'émergence d'artistes comme les nigérians C Kay ou Burna Boy.

avec :

Sophian Fanen (Journaliste, co-fondateur du média en ligne LesJours.fr).

En savoir plus

Avant, il y avait la radio, puis les clips vidéos à la télévision. 

Désormais, la musique, les jeunes la découvrent via les réseaux sociaux et les plateformes de streaming, c'est à dire d'écoute en ligne. Ainsi l'application chinoise Tik Tok et son milliard d'utilisateurs actifs mensuels, avec son format de courtes vidéos, est en train de devenir pour les moins de 25 ans du monde entier la première source de découvertes musicales.  

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Chaque réseau, YouTube, Instagram, les pages artistes de Facebook,  les plateformes de streaming, Spotify, Deezer... 

Dessinent une carte de plus en plus mondialisée de la musique qu'écoutent les jeunes aujourd'hui. Avec des artistes qui peuvent surgir de toute la planète..

Exemple récent, le rappeur Nigérian CKay, des utilisateurs de Tik Tok  ont diffusé des courtes vidéos les montrant en train de danser sur un court extrait de Love Nwantiti à 31" résultat un carton planétaire…. 

On en parle avec Sophian Fanen, Journaliste et co-fondateur du média Les Jours, auteur de Boulevard du stream, paru aux éditions Castor Astral en 2017.

Extraits de l'entretien

Qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans ce qui se passe en ce moment sur l'écoute de la musique dans le monde ?

Sophian Fanen : "Déjà, les grandes plateformes de streaming rassemblent les auditeurs du monde entier. Dans les années 2000, où la musique était déjà dématérialisée, chacun avait son MP3, et se les échangeait, etc. On n'avait pas des grandes plateformes qui rassemblaient et qui fabriquaient des gros tubes internationaux, des grands succès. 

Il y a eu l'émergence de Tik Tok, une vraie révolution. Cette application a été fabriquée pour la musique, notamment à partir d'une application américaine qui s'appelait Musical.ly, où on mimait les paroles de nos chansons préférées.

Tik Tok s'est ensuite fabriqué comme un réseau social, à partir de la partie la plus virale des chansons. C'est-à-dire qu'on va vraiment prendre le petit gimmick d'une chanson, ce petit vers d'oreille qui nous reste tout de suite dans le cerveau et qui permet de fabriquer une chorégraphie, une vidéo rigolote. 

Sur Tik Tok, la différence, c'est qu'on mesure le succès, non pas au nombre de clics ou de vues, mais au nombre de vidéos qui reprennent le segment musical déjà utilisé par une autre vidéo.

Justement, est-ce que ça change un peu cette mondialisation comme celle de l'écoute de la musique ?

Ça, c'est vraiment une révolution qui est en cours. Auparavant, on avait effectivement des musiques qui pouvaient venir du monde entier, mais soit elles arrivaient par les communautés, les diasporas, soit elles arrivaient par le filtre des musiques du monde qui étaient des musiques du Sud vendues au public du Nord. 

Là, on a vraiment des musiques qui arrivent du Nigeria, d'Afrique du Sud, de Corée du Sud, du Brésil, de partout et il n'y a pas d'interdit. Elles arrivent directement, elles sont naturelles et elles ont un succès international. Et ça, c'est permis par les réseaux sociaux et par les plateformes de streaming

Tout d'un coup, n'importe quel pays est intéressant économiquement, alors que dans les années 1980, 1990, voire même 2000, il y a plein de pays qui ne l'étaient pas parce qu'il n'y avait pas de musique à leur vendre. Et il n'y avait pas d'argent à faire dans ces pays pauvres où il n'y avait pas d'économie. 

Aujourd'hui, le streaming et tout ce nouveau monde de la musique sont en train de restructurer une économie

Aujourd'hui, on a des labels et des sociétés de gestion des droits qui se montent également dans tous les pays et qui vont comme ça permettre à des artistes et à des maisons de disques d'exister et d'être suffisamment solides pour faire le boulot eux-mêmes et nous amener des nouvelles musiques, sans avoir besoin de passer forcément par le filtre des grosses maisons de disques internationales.

Une dernière chose dont vous voulez parler avec nous, ce sont aussi les tubes complètement improbables qui peuvent émerger. Dans les réseaux sociaux et les plateformes, tout est mis à égalité : une chanson d'il y a dix ans et même des années 1930, peut devenir à la mode en 2021.

Quand on est jeunes et qu'on a connu que le streaming, on a accès à des montagnes de musique en trois clics. Un titre de 1978 est accessible au même nombre de clics que la musique d'aujourd'hui, mais les plateformes de streaming sont une quête de la nouveauté permanente. 

Ce qui est intéressant, c'est que, par des stratégies de maisons de disques, mais aussi par parce que les parents font écouter la musique et parce que la nouvelle génération est quand même très curieuse et va sauter de morceaux en morceaux, on va avoir des jeunes personnes sur Tik Tok qui vont sortir un morceau plus ancien.

On l'a vu avec Justin Wellington l'été dernier, qui est devenue un tube alors que le morceau a quatre ans désormais, et aussi avec un morceau de Fleetwood Mac devenu un succès sur Tik Tok. D'ailleurs, les disques de Fleetwood Mac se revendent en vinyles. 

Il existe une sorte de boucle un peu nostalgique, ou moderne, qui se crée. Et les maisons de disques essaient de s'insérer là-dedans pour aller pousser les artistes en allant, par exemple, payer des influenceurs sur Tik Tok pour diffuser des morceaux."

Le bruit du monde ce soir est au Venezuela 

Le pays est en crise depuis plusieurs années maintenant. Hyperinflation, pénuries, services basiques déficients, la vie au quotidien est toujours plus difficile. Sans oublier la pandémie de Covid-19. Alors forcément le moral des habitants s'en ressent. Le pays a été le plus riche du continent. Aujourd’hui, 94% des vénézuéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Entre 5 et 6 millions d'entre eux ont quitté le pays. Ceux qui sont restés ont du mal à voir le bout du tunnel. 

La suite c’est Alice Campaignolle qui le raconte

Également au programme de cette émission :                 

Sous les radars avec Sébastien Laugénie               

Pas son genre : par Giulia Foïs 

Le monde d'après avec Cyril Sauvageot

Programmation Musicale 

  • Metronomy : Uneasy   
  • Calypso Rose : Calypso Queen 
Références

Programmation musicale

  • 18h35
    Uneasy (feat. Spill Tab)
    Uneasy (feat. Spill Tab)
    Metronomy
    Uneasy (feat. Spill Tab)

    Spill Tab

    Album Posse (2021)
    Label BECAUSE
  • 18h47
    Calypso queen
    Calypso queen
    CALYPSO ROSE
    Calypso queen

    Album Master defs (2016)

L'équipe

Corinne Audouin
Production
Marie-Claude Pinson
Coordination
Tristan Gratalon
Réalisation
Nathalie Poitevin
Collaboration
Zoé Faucher
Stagiaire
Amélie Stadelmann
Collaboration