Affiche du téléfilm "The Deep Heard Trial"
Affiche du téléfilm "The Deep Heard Trial"
Affiche du téléfilm "The Deep Heard Trial"
Affiche du téléfilm "The Deep Heard Trial"
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Comme il y a la « fast food » ou la « fast fashion » : dans la guerre de l’attention, où tout est aussi vite oublié le téléfilm « Hot Take » ("commentaire à chaud") incarne une nouvelle forme de « fast divertissement ».

Certains objets culturels vous donnent la sensation que vous avez baissé la vitre de la voiture et que vous vous êtes pris le fameux air du temps à pleine vitesse.

C’était le but avec le bien nommé « Commentaire à chaud » ou « Hot Take » : « le procès Depp/Heard ». Un précipité de l’époque qui est arrivé dans les tuyaux du streaming vendredi soir sur la plateforme américaine « Tubi ».

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La « bande annonce » avait été propulsée à peine deux jours plus tôt, un laps de temps minimal - qui devrait rentrer quelque part dans le livre Guiness des records – et qui souligne surtout ce phénomène d’accélération.

Le verdict a été rendu le 1er juin dernier et 4 mois plus tard, la version téléfilm tournée à toute berzingue, était déjà disponible.

« Nous avons accéléré la production pour capturer cette histoire qui fait partie de l'air du temps »

Revendique Adam Lewinson, directeur des « contenus » chez Tubi, filiale de la Fox. Il s’agit surtout de capturer à temps cette audience de dizaines de millions de personnes qui se sont passionnés pour ce feuilleton judiciaire qu’on a appelé « le procès de l’année » au printemps dernier.

Pour mémoire : un ex couple de stars glamour se déchire au tribunal, et redouble de révélations sordides. Prise pour la fausse victime idéale, Amber Heard se fait dézinguer sur tous les réseaux. Cible d'« une des pires campagnes de cyber intimidation et de cyber harcèlement jamais menée sur Twitter » selon une étude de l’institut Bot Sentinel.

Répliques des commentaires des chaînes de télé, vidéos façon « TikTok » rejouées pour le film, tout y est, avec bien sûr un faux Johnny Depp et une fausse Amber Heard, qu’on est allé chercher dans le bas de catalogue des acteurs de séries. Voici donc le reflet du reflet du grand déballage qui avait déjà été exposé devant les caméras. L’ersatz d’un produit du réel qui a tant alléché le public.

Ça vous a plu hein vous en revoulez encore !

On connait la chanson ! Ce film pourrait rejoindre la longue liste des procès remis en scène pour faire du beurre sur le voyeurisme des foules, davantage que pour faire surgir une vérité. Mais ce qui est nouveau c’est cette vitesse du passage du réel à son double dans la pseudo fiction.

Comme il y a la « fast food » ou la « fast fashion » : dans la guerre de l’attention, où tout est aussi vite oublié, il s’agit de gaver vite le consommateur de « contenus » avant qu’il ne se demande s’il a encore faim. « Hot Take » incarne donc une nouvelle forme de « fast divertissement ». Et « Hot take 2 » est peut-être déjà en route puisque Johnny Depp et Amber Heard ont fait appel…