Léonie Pernet a sorti un nouvel album, "Le Cirque de Consolation", en novembre 2021, chez CryBaby/InFiné
Léonie Pernet a sorti un nouvel album, "Le Cirque de Consolation", en novembre 2021, chez CryBaby/InFiné
Léonie Pernet a sorti un nouvel album, "Le Cirque de Consolation", en novembre 2021, chez CryBaby/InFiné - Estelle Hanania
Léonie Pernet a sorti un nouvel album, "Le Cirque de Consolation", en novembre 2021, chez CryBaby/InFiné - Estelle Hanania
Léonie Pernet a sorti un nouvel album, "Le Cirque de Consolation", en novembre 2021, chez CryBaby/InFiné - Estelle Hanania
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Résumé

À 16 ans, Léonie Pernet a vécu une expérience presque métaphysique en s'immergeant dans la musique de Philip Glass. 16 ans plus tard, devenue musicienne, multi-instrumentiste et chanteuse, elle raconte son parcours, ses passions et ses convictions.

avec :

Léonie Pernet.

En savoir plus

Le 12 avril 2022, surlendemain du premier tour des élections présidentielles, Léonie Pernet, figure importante de la scène musicale électro et queer, publiait dans Les Inrockuptibles une tribune intitulée "Notre besoin d'antiracisme est impossible à rassasier". La musicienne de 33 ans y partageait ses inquiétudes face à la montée de l'extrême droite, l'intolérance et de la xénophobie en France, mais aussi son espoir de voir se solidifier et grandir une société antiraciste, écologiste et populaire. Des thématiques explorées, et mises brillamment en musique, dans son deuxième album Le Cirque de Consolation, paru en novembre dernier. Portrait, en musique, d'une artiste dont l'espérance parvient à apaiser les intranquillités.

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Philip Glass, la révélation

C'est une "nuit particulière" et pas une journée, qu'a choisie la musicienne comme porte d'entrée dans l'entretien. En 2005, Léonie Pernet a 16 ans. La scène se passe chez des ami·es de ses parents, où elle vit alors. L'adolescente visionne le film The Hours réalisé par Stephen Daldry, dont la bande-originale, envoûtante et répétitive, est signée Philip Glass. Presque religieusement, Léonie Pernet se met alors à écouter, en boucle, toute cette nuit, les musiques du compositeur américain. Au fil des heures, cette nuit d'écoute devient une expérience presque métaphysique.

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J'ai beaucoup pleuré, c'était très intense. [...] La musique de Philip Glass donne à voir l'humanité, et notre humanité commune, et je me la suis prise de plein fouet.

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La jeune femme pratique déjà la musique, mais elle ressort de cette nuit avec une véritable vocation, une conviction : celle de faire de la musique son métier, celle de faire de la musique, et rien d'autre.

Je me souviens de m'être dit cette nuit-là que l'artiste, le musicien, le poète, avait une place dans la société et dans la vie de la Cité. [...] J'ai compris la responsabilité, à titre individuel, que je pouvais avoir dans cette histoire qu'est la nôtre.

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Influences plurielles

Aujourd'hui, la musique de Léonie Pernet est à la fois mélancolique et lumineuse, dansante et sombre, électro et classique. Adoratrice des cordes et des percussions, fan des sonorités électroniques sachant aussi maîtriser le piano-voix, la jeune femme mélange les genres et brouille les codes. Un éclectisme qu'elle cultive en réalité depuis l'adolescence, où elle adoptait un style gothique ("Je m'excuse encore auprès de mes parents qui ont dû supporter ça alors que c'était une forme d'outrage"), lisait Baudelaire autant qu'Anaïs Nin et écoutait aussi bien Rachmaninov, Tchaïkovski que du métal.

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Parmi les figures importantes qui ont participé à sa construction, elle cite volontiers l'écrivaine Virginie Despentes, dont l'essai féministe King Kong Théorie a déclenché en elle un véritable séisme.

Là, il y a un choc ! Quand j'ai lu King Kong Théorie, que je recommande autant aux hommes qu'aux femmes, j'ai eu un gros choc. [...] Il y a une sorte d'outrance dans le verbe, qui n'est pas là pour la beauté du spectacle, mais qui appelle à une prise de conscience, une crise de conscience, très forte.

Dans King Kong Théorie, Virginie Despentes esquisse une figure de femme en inadéquation avec les normes de genre et pose des questions qui résonnent avec les interrogations qui traversent Léonie Pernet. Et pour cause, lorsqu'elle quitte Reims pour s'installer à Paris, la jeune femme découvre les clubs queer et devient rapidement organisatrice et DJ des soirées lesbiennes CORPS vs MACHINE, Chez Moune, dans le quartier de Pigalle.

Faire du commun

Dans son nouveau disque, Le Cirque de Consolation, Léonie Pernet refuse de se complaire dans la noirceur, de se laisser à l'autodestruction, à laisser trop de place à "cette petite fatigue de la vie" imagine un endroit qui répare, qui donne de l'espoir. Elle a pensé cet album comme un commun citoyen qui pourrait nous réunir. Elle y célèbre la diversité, la liberté et les luttes de celles et ceux qui veulent ensemble chercher ce que l'humain a en commun.

C'est pas un trip de communauté hippie. Il s'agit d'aller chercher ce que nous avons en commun. Il y a évidemment des résonances politiques dans ce que je cherche et la sensibilité que je peux avoir.

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En savoir plus sur Léonie Pernet

🎵​ Le Cirque de Consolation, nouvel album de Léonie Pernet, a paru chez CryBaby/InFiné

📆​ La tournée de Léonie Pernet se poursuit jusqu'à l'été et passe notamment par Bruxelles, Berlin, Tourcoing, Saint-Brieuc, Toulouse, Alise-Sainte-Reine ou Limoges. Léonie Pernet est également présente au Festival Days Off de la Philharmonie de Paris, le 9 juillet 2022.

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Les références des extraits et archives Ina diffusés dans l'émission

  • Le poème de Charles Baudelaire "Spleen (J'ai plus de souvenirs)", tiré du recueil Les Fleurs du Mal et récité par Michel Piccoli, 2014
  • Virginie Despentes sur le féminisme, extrait de l'émission Surpris par la nuit, France Culture, 2007
  • Les femmes du Cirque de Consolation, extrait de l'émission Chroniques d'en haut, France 3 Rhône Alpes, 1999
  • La fin du livre Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon, lu par Rene Jentent, pour la séquence Carnets d'un voyage aux Antilles dans Les samedis de France Culture, France Culture, 1976

La programmation musicale du jour

  • Léonie Pernet, "Butterfly", 2018
  • Léonie Pernet, "Mon amour tu bois trop", 2021

Et des extraits de :

Le générique de l'émission

Isabelle Pierre, "Le temps est bon" (1971), remixé par Degiheugi, 2012

Références

L'équipe

Zoé Varier
Zoé Varier
Zoé Varier
Production
Hugo Combe
Hugo Combe
Hugo Combe
Collaboration
Fabrice Rivaud
Collaboration
Camille Mati
Réalisation