Bérangère Le Boëdec, juge d'application des peines à Alès ©Radio France - Charlotte Piret
Bérangère Le Boëdec, juge d'application des peines à Alès ©Radio France - Charlotte Piret
Bérangère Le Boëdec, juge d'application des peines à Alès ©Radio France - Charlotte Piret
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Résumé

La JAP est aussi chargée de suivre l'évolution de certains condamnés après leur sortie de prison. Comme cet homme qui a purgé une peine pour agression sexuelle sur mineur, et qui doit désormais se soigner pour maîtriser ses pulsions. La juge a alors pour mission d'éviter la récidive, mais comment s'en assurer?

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Sur les quelques 700 personnes qu’elle suit, Bérangère Le Boedec a en charge une trentaine de suivis socio-judiciaires, c’est-à-dire une obligation de suivi après avoir purgé une peine de prison.

L'homme qui entre dans son cabinet a purgé une peine de 18 mois d'emprisonnement pour agression sexuelle sur mineur, et fait l'objet d'un suivi pendant dix ans. Il vit dans un foyer, et les éducateurs ont alerté la justice: il lui est arrivé de se montrer encore agressif envers une femme hébergée, qu'il a obligée à regarder un film pornographique. 

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Bérengère Le Boëdec lui réexplique patiemment la notion de consentement, et lui demande s'il a un traitement qui l'aide à surmonter ses pulsions: l'homme répond qu'il prend désormais des cachets, et que cela va mieux. Ses réponses sont laconiques, il souffre d'un handicap mental. Sa condamnation remonte à 2012 mais concerne des faits graves. "Ma crainte, c'est qu'en 2022, lorsque cette mesure arrivera à échéance, il n'aura plus ces échanges réguliers avec un juge de l'application des peines, il n'aura peut-être plus les mêmes éducateurs autour de lui, peut-être plus le même psychiatre, peut-être qu'à un moment son traitement sera interrompu, et là le risque de réitération est extrêmement élevé".

La juge le reconnait, ce suivi est "très complexe", et ses outils pour éviter la récidive sont limités:  comment être sûr que la personne adhère aux soins, et ne fait pas "tout ce qu'on lui demande", pour ne pas aller en prison? "Moi la seule chose que j'ai trouvé à faire pour limiter ces risques de récidive, c'est de les convoquer régulièrement" explique Bérengère Le Boëdec. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir peur, comme tous les juges d'application des peines dit-elle, quand le téléphone sonne et que le procureur ou un policier l'appelle au sujet d'un suivi socio-judiciaire...

Références

L'équipe

Charlotte Piret
Journaliste