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Résumé

La mort de la jeune iranienne, qui aurait été torturée par la police des mœurs à Téhéran une grande ampleur sur les réseaux.

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Mahsa Amini, c’est le nom d’une jeune femme de 22 ans originaire du Kurdistan qui résonne sur les réseaux sociaux depuis ce week-end. La semaine dernière, elle vient passer des vacances en famille à Téhéran, en Iran. Et c’est en se baladant dans la rue que Mahsa Amini est arrêtée par la police des mœurs iraniennes qui veille à vérifier notamment le port du voile dans les lieux publics. Cette police lui reproche une mèche de cheveux qui dépasserait de son voile islamique.

Après deux heures au commissariat, elle tombe dans le coma. Elle va y rester 3 jours avant de mourir vendredi dernier. Depuis, une vague d’indignation s’est emparée du pays, et des réseaux sociaux. La police iranienne se défend de tous contacts physiques avec Mahsa en disant qu’elle a eu un problème cardiaque, alors que sa famille assure que leur fille était en parfaite santé. Très vite, la tension monte sur les réseaux, avec des milliers de personnes partageant la photo de Mahsa, natte sur le côté, voile noire et rouge à lèvres. Un visage devenu ces derniers jours, la représentation de l'oppression que vivent les femmes iraniennes, image d’un mouvement qui accuse la police des mœurs d’avoir tué la jeune femme sous la torture. Police qui qui a déjà été accusée de comportements violents.

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Le décès de Mahsa Amini a été la goutte de trop, au point que son nom est devenu un symbole de résistance dans les manifestations quotidiennes qui ont lieu depuis ce weekend en Iran pour dénoncer sa mort, mais aussi donc sur les réseaux sociaux. Plus de un million et demi de tweets mentionnant son nom ont été recensé, sur Tiktok les vidéos avec le hashtag Mahsa Amini cumulent plus de 10 millions de vues. En soutien, des femmes iraniennes se filment en train de se couper les cheveux et de brûler leur hijab face caméra. Des vidéos qui sont largement partagées, preuve du soulèvement massif créé par ce drame. Des vidéos qui s’accompagnent souvent de messages pour dénoncer les conditions de vie des femmes en Iran : "À partir de 7 ans, si nous ne nous couvrons pas les cheveux, nous ne pouvons plus aller à l’école ni trouver un emploi. Nous en avons assez de ce régime d’apartheid sexiste".

Des journalistes iraniens présents sur place profitent aussi des réseaux pour partager les vidéos des manifestations qui se déroulent actuellement dans le pays. Certains demandent à ce qu’elles soient le plus largement diffusées pour avoir je cite "l'appui du monde entier”. Sur ces images, on voit des jeunes manifestants, beaucoup issus d'universités de la ville de Téhéran, protester pancarte à la main, clamant des slogans pour demander la vérité sur la mort de Mahsa. Il y a aussi des jeunes femmes qui tiennent leur voile à la main face à la police au péril de leur vie on peut le dire…en criant “mort au dictateur” !

Alors on peut reprocher beaucoup de choses aux réseaux sociaux…je ne m’en prive pas ici-même…à travers ce qui se passe en Iran, on assiste à leur côté vertueux. Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler ce qui s’était passé lors du printemps arabe en 2010. Grâce à ces réseaux que l’Etat ne parvient pas à contrôler, les gens peuvent dénoncer l'oppression dont ils sont victimes et diffuser au monde entier les révoltes qu’ils ne pourraient pas exprimer autrement. Preuve de l’importance qu’ont les réseaux sociaux pour faire entendre ces messages, en France, la présidente de l’assemblée nationale Yael Braun-Pivet a écrit ce matin sur Twitter que le combat des femmes iraniennes était aussi le nôtre.

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Manon
Manon
Manon Mariani
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