Pourquoi Twitter est-il attaqué par une petite ville des Pays-Bas ? (Photo d'illustration) ©Getty - Utane Boonyong / EyeEm
Pourquoi Twitter est-il attaqué par une petite ville des Pays-Bas ? (Photo d'illustration) ©Getty - Utane Boonyong / EyeEm
Pourquoi Twitter est-il attaqué par une petite ville des Pays-Bas ? (Photo d'illustration) ©Getty - Utane Boonyong / EyeEm
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Résumé

Une histoire incroyable, sous fond de complots et de réseaux sociaux.

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Direction Bodegraven-Reeuwijk, une petite ville de 35 000 habitants à 1h d’Amsterdam remplie de petites maisons rouges au bord d’un fleuve. Sauf que cette petite ville d’apparence tranquille, est victime de propos complotistes sur Twitter depuis 2 ans.

Tout commence en 2020, un ancien habitant de Bodegraven déclare qu’il aurait été témoin de meurtres d’enfants perpétrés par une secte satanique dans les années 80, que lui-même aurait été abusé par des hommes de la ville, notamment par le maire. Il est rejoint par deux autres complotistes qui racontent plus ou moins la même chose que lui… mais évidemment sans apporter la moindre preuve, le moindre témoignage… sauf que le mal est fait et les conséquences vont vite devenir dramatiques pour la ville.

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Parce que, cette fake news va vite faire le tour des réseaux, notamment dans un groupe privé de la messagerie Telegram qui comptait plus de 7 500 personnes ! Tous des adeptes de théories complotistes. Du coup, certains se sont carrément rendus au cimetière de Bodegraven, lieu où des enfants auraient soi-disant été brûlés. Ils viennent donc là pour se recueillir, déposer des fleurs, et rendre hommage à des victimes dont personne n’a jamais entendu parler. Le tout en se filmant et en relayant leurs vidéos sur internet, histoire de rajouter une pièce dans la machine.

Des rituels qui se sont tout de même arrêtés depuis, notamment parce que les trois personnes à l’origine de cette fake news ont été condamnés pour leurs propos. Ils sont même actuellement en prison, et doivent verser 250 000 dollars de dommages et intérêts à la ville. Donc, si vous avez l’envie de vous lancer dans une petite théorie du complot, faites attention, ça peut vous coûter cher ! Mais surtout, la ville a demandé à Twitter de supprimer tous les messages concernant cette théorie sataniste car elle estime que le ménage n’a pas été entièrement fait sur le réseau. Et comme la municipalité de Bodegraven estime que Twitter ne fait pas son travail, elle a carrément attaqué la firme américaine en justice.

Là, on est quand même sur du David contre Goliath. L’énorme entreprise américaine vs. la petite ville de province des Pays-Bas. À ce stade, Twitter a choisi de ne même pas répondre aux accusations lancées par la ville. Mais ce fait divers montre surtout à quel point Twitter est dépassé en termes de modération de ses contenus, chose qui lui est reproché depuis des années. En même temps, quand on sait qu’ils ont moins de 2 000 modérateurs dans le monde pour plus de 200 millions d’utilisateurs quotidien, c’est risible.

L’ancien chef de sécurité de Twitter avait d’ailleurs pointé du doigt les déficiences de sécurité du réseau social, en déclarant que Twitter ne protège pas ses utilisateurs contre le piratage et la manipulation de l’information. Des accusations rejetées par l’entreprise mais les faits lui donnent souvent tort. Un exemple, Elon Musk, suivi par 106 millions de personnes, le même qui voulait racheter Twitter avant de faire machine arrière, le patron de Tesla qui avait été accusé de diffamation pour avoir tweeté qu’un spéléologue était pédophile… et ça, juste parce qu’il était énervé contre lui ! On le voit avec ce tweet qui ressemble à celui d’un ado énervé, comme avec l’histoire de Bodegraven, les conséquences d’un tweet peuvent être dévastatrices.

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L'équipe

Manon
Manon
Manon Mariani
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