David Bowie sur BBC TV Top Of The Pops, Londres, le 3 janvier 1973. ©Getty - Watal Asanuma/Shinko Music
David Bowie sur BBC TV Top Of The Pops, Londres, le 3 janvier 1973. ©Getty - Watal Asanuma/Shinko Music
David Bowie sur BBC TV Top Of The Pops, Londres, le 3 janvier 1973. ©Getty - Watal Asanuma/Shinko Music
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Résumé

Et voilà, ça y est, le moment magique est presque arrivé. David Bowie est sur le point d’incarner le personnage de Ziggy Stardust, la première superstar fictive de l’histoire du rock. Un personnage désaxé, décadent, auquel Bowie restera éternellement associé et qui fera de lui une superstar.

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En 1972, au sein de cette culture hippie dont David Bowie est imprégné, beaucoup considèrent le rock’n’roll des origines, celui d’Elvis, d’Eddie Cochran et de Little Richard, comme un plaisir infantile, régressif comme on dit. Certains s’en amusent, d’autres s’en moquent, d’autres encore y voient une relique attendrissante.

Le rock’n’roll, c’est de l’histoire, c’est passé. Beaucoup célèbrent alors le rock au sens large, une musique en pleine évolution, aux ambitions illimitées. 1972, c’est l’année de la parution de l’album de Pink Floyd, The Dark Side of the Moon. Mais il y en a qui décrochent et qui commencent à bâiller. Surtout parmi les plus jeunes.

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Le premier à comprendre que les temps changent, dès 1971, c’est le grand ami de David Bowie, Marc Bolan avec son groupe T. Rex. Ses petites comptines de rock’n’roll-boogie, comme « Hot Love » ou le célèbre « Get It On » électrisent un très jeune public. Bolan a une certaine audace. ll retourne en arrière, il efface toute l’évolution des Beatles et revient au rock’n’roll des origines. Mais c’est une régression paradoxale, qui voit loin. Une régression prophétique. Bolan apporte autre chose. Il se maquille légèrement, il enfile sur scène des vestes pailletées et porte des chaussures à talons, évoquent quelque peu celles des aristocrates de la cour de Louis XIV, rehaussant ainsi sa petite taille, comme le fera Prince une dizaine d’années plus tard. Le visage, le corps même de Marc Bolan ont une apparence androgyne.

En ce tout début des années soixante-dix, ce qu’on appelle alors l’ambiguïté sexuelle est dans l’air du temps. Le rock s’en imprègne et les musiciens l’assument, à des degrés divers. L’année 1972 marque également l’apparition du groupe Roxy Music, dont le chanteur, Bryan Ferry met du fard à paupières et du brillant à lèvres. Lui et ses musiciens, surtout le très sérieux Brian Eno, le plus féminin de la bande, apparaissent sur scène avec des vestes en lamé ou à imprimé léopard, chaussés de talons pailletés, entre travestissement et opérette futuriste.

Ce mélange d’ambiguïté sexuelle et d’exagération kitsch était déjà présent, en germe, chez un des pionniers du rock’n’roll, Little Richard, un des modèles des Beatles et des Stones. Et de Bowie aussi. Maquillé, toujours coiffé d’une sorte de permanente, doté d’une voix suraiguë, Little Richard revendiquera d’ailleurs carrément le titre de, entre guillemets, "reine du rock’n’roll".

53 min

Alors, oui, en 1971, le rock’n’roll revient mais il présente un autre visage, très proche de l’auto-parodie. Ceux qui s’engagent dans la voie de ce rock’n’roll volontairement outrancier revendiquent une forme d’indétermination sexuelle, voire de bisexualité, qu’elle soit réelle ou fantasmée. Et aussi un amour de l’exagération, du kitsch de music-hall, embrassant une certaine forme de grotesque. Ce qu’on appellera le glam-rock, une esthétique d’où sortira, quelques années plus tard, le mouvement punk.

Programmation musicale :

David Bowie : « Suffragette City » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »

Mott the Hoople : « All the Young Dudes » extrait de l’album « All the Young Dudes »

David Bowie :

  • « Moonage Daydream » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « Five Years » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « Starman » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « Hang On to Yourself » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « John, I’m Only Dancing - Original Single Version, 2012 Remaster » extrait de la compilation « ChangesOneBowie »
  • « Ziggy Stardust » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « Rock’n’Roll Suicide » extrait de l’album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - Remaster 2012 »
  • « The Jean Genie » extrait de l’album « Aladdin Sane - 2013 Remaster »
  • « Drive-In Saturday » extrait de l’album « Aladdin Sane - 2013 Remaster »
  • « Aladdin Sane » extrait de l’album « Aladdin Sane - 2013 Remaster »
Références

L'équipe

Michka Assayas
Production