David Bowie filmé au Marquee Club à Londres, Angleterre en octobre 1973 ©Getty - NBC/NBCU Photo Bank
David Bowie filmé au Marquee Club à Londres, Angleterre en octobre 1973 ©Getty - NBC/NBCU Photo Bank
David Bowie filmé au Marquee Club à Londres, Angleterre en octobre 1973 ©Getty - NBC/NBCU Photo Bank
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Résumé

Suicide d’un extra-terrestre et naissance d’un aristocrate glacial, sorti d’un film expressionniste allemand, en noir et blanc, mettant son âme à nu et se déchirant avec la plus troublante des impassibilités tels sont les sujets de cet épisode consacré à David Bowie cet été sur France Inter.

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David Bowie dans « The Jean Genie », un de ses grands succès, britanniques et américains, de la fin de l’année 1972. Un blues boogie à l’insolente âpreté, où l’on respire une odeur urbaine de brûlé, comme industrielle.

David Bowie vient de sillonner pour la première fois de sa vie les États-Unis, lors de sa toute première tournée américaine, où il a mis en scène le personnage de Ziggy Stardust, le rocker androgyne, désaxé et dépravé.

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Des impressions contradictoires l’ont traversé. Lui, l’anglais de condition modeste, bien élevé, sans grande instruction mais curieux de tout, débarque dans ce vaste pays, les États-Unis. Un pays vis-à-vis duquel les Européens, et particulièrement les ressortissants de l’ancienne puissance coloniale britannique, manifestent volontiers une attitude ambivalente. Un mélange de fascination et de dégoût.

Dans ces grandes villes, Bowie se retrouve projeté au cœur d’une société en pleine décadence, où tout s’écroule, où les instincts les plus bas et vils ne connaissent plus aucun frein. Et c’est justement ce qui le fascine. C’est sur ce territoire, particulièrement à New York et à Detroit, que les auteurs et musiciens qu’il vénère, Lou Reed et Iggy Pop, sont nés et ont prospéré.

C’est à New York qu’Andy Warhol a créé sa Factory, asile et atelier à ciel ouvert, où il attire et sublime toute une marginalité rejetée de partout. David Bowie a été le premier à transplanter ces fleurs vénéneuses et les cultiver loin de leur terre d’origine, en Europe. À leur offrir un écho international.

4 min

Sans Bowie et son manager, Tony DeFries, Lou Reed serait peut-être resté enterré comme comptable dans l’entreprise de son père, à Brooklyn. C’est grâce à Bowie que Lou Reed a pu enregistrer en 1972, à Londres, l’album Transformer, qui inclut la célèbre chanson « Walk on the Wild Side », le premier et sans doute le plus grand succès de sa carrière.

Quant à Iggy Pop, sans David Bowie, il aurait sans doute longtemps erré de squat en hôpital psychiatrique, demeurant, au mieux, l’objet d’un culte underground. L’amitié profonde qui a lié durablement David Bowie à Iggy Pop produira des fruits artistiques exceptionnels, c’est une autre histoire que je vous raconterai dans un épisode prochain.

Programmation musicale :

David Bowie :

  • « The Jean Genie » extrait de l’album « Aladdin Sane - 2013 Remaster »
  • « Sorrow » extrait de l’album « Pinups (2015 Remaster) »
  • « We Are the Dead » extrait de l’album « Diamond Dogs (2016 Remaster) »
  • « 1984 » extrait de l’album « Diamond Dogs (2016 Remaster) »
  • « Fame » extrait de l’album « Young Americans (2016 Remaster) »
  • « Golden Years » extrait de l’album « Station to Station - 2016 Remaster »
  • « Stay » extrait de l’album « Station to Station - 2016 Remaster »
  • « Wild Is the Wind » extrait de l’album « Station to Station - 2016 Remaster »
Références

L'équipe

Michka Assayas
Production