Jeune femme faisant du sport en extérieur
Jeune femme faisant du sport en extérieur ©Getty - Tony Anderson
Jeune femme faisant du sport en extérieur ©Getty - Tony Anderson
Jeune femme faisant du sport en extérieur ©Getty - Tony Anderson
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Soutenu par des célébrités comme Rihanna et Beyoncé, le mouvement body positivisme permet aux femmes de s’accepter comme elles sont, loin des normes imposées par la société. Mais est-ce vraiment une libération ?

Zoom sur le body positivisme, un mouvement popularisé sur les réseaux sociaux qui prône l'acceptation de son corps, quel qu'il soit, et qui pose une question intéressante : la beauté ne serait-elle au fond qu'une construction sociale ?

Le mouvement est d'abord né grâce à des femmes grosses qui ont souhaité à juste titre être visibilisées. Il ne concerne pas seulement les femmes fortes, mais ce sont bien elles qui ont été à l'origine des évolutions des mentalités.

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Louise Aubery, alias MyBetterSelf, autrice de Miroir, Miroir, dis-moi ce que je vaux vraiment (Leduc, 2022), ne souhaite pas se réapproprier ce terme. Elle préfère parler de body neutrality, qui consiste à se détacher de l'obsession du corps. En effet, les femmes passent trop de temps et consacrent trop d'énergie à leur corps, à leur apparence, là où elles pourraient faire beaucoup d'autres choses, en se dégageant de ces injonctions.

Diktats et corps standardisés

Les femmes n'ont pas les mêmes libertés que les hommes. Louise Aubery explique : "on n'est surtout pas libres par rapport à notre poids, par rapport à notre apparence physique, par rapport à l'âge, par rapport à la maternité et par rapport au couple."

Il n'y a qu'un standard de beauté affiché : une fille mince, jeune, blanche. Cela pousse à une forme d'emprisonnement, d'aliénation, par les régimes en tout genres notamment. Les troubles alimentaires touchent 1 million de femmes en France.

Il y a de plus en plus de jeunes femmes qui font appel à la chirurgie esthétique très tôt, avant même que leur corps soit définitif. Louise Aubry explique cette tendance : "peut-être que c'est plus accessible que ça ne l'était avant en termes de prix. Le fait qu'il y ait aussi malheureusement des créatrices de contenus qui en font l'apologie, alors pour moi, c'est pas grave de faire de la chirurgie si c'est un choix réfléchi, mais le fait qu'aujourd'hui certaines font ça comme du shopping, je pense que c'est dangereux."

Le jeunisme ambiant est aussi un problème et pressurise les femmes. Pour Louise Aubry : "il y a vraiment une invisibilisation des personnes de plus de 50 ans quand elles sont femmes, parce que les hommes acteurs, eux, n'ont aucun problème dans leur carrière."

Les choses changent doucement, dans les publicités notamment, où l'on commence à voir une diversité de corps. Pour Louise Aubery, cela se produit du fait de la pression des réseaux sociaux et du body positivisme. Cette démarche des marques est intéressée car elles s'adaptent à l'air du temps mais cela apporte tout de même des conséquences positives, pour une diversité des représentations.

À réécouter : A quoi sert la beauté ?
51 min

Se libérer de l'obsession du corps

Les femmes – car ce sont majoritairement elles qui subissent ces injonctions – anticipent leurs actes, la nourriture qu'elles ingèrent, le sport qu'elles font, en fonction de l'incidence que ça aura sur leur corps, sur leur apparence. Pour Louise Aubery, il faudrait pouvoir se libérer de cette obsession du corps. Faire les choses pour de bonnes raisons – parce qu'on en a envie, parce que ça nous fait du bien – plutôt de vouloir se conformer à des standards irréalistes.

Selon elle, la première étape, c'est de remettre en question la notion de prendre soin de soi, qui est très souvent réduite à prendre soin de son apparence physique. Quand est-ce que le soi est devenu uniquement l'apparence ? Pour elle, justement, en prenant vraiment soin de soi, on se détache des diktats. "Quand on a envie de sucré, c'est OK.", dit-elle. Prendre soin de soi, c'est vraiment apprendre à écouter son corps, en se reconnectant à ses besoins. Et c'est vraiment prouvé ça permet d'avoir un équilibre.

Pour Louise Aubery, les médias traditionnels ne s'emparent encore pas de ces sujets. Pour elle, il faut suivre les personnes qui nous font du bien sur les réseaux sociaux et se désabonner des autres.

Avec : Louise Aubery, alias MyBetterSelf et le chroniqueur Benjamin Tranié

4 min

Programmation musicale

L'équipe

Matthieu Noël
Matthieu Noël
Matthieu Noël
Production
Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Production déléguée
Amel Khaldi
Collaboration
Alexia Lacour
Collaboration
Ghislain Fontana
Réalisation