Les nouveaux moyens de contraception masculine ©Getty - Peter Dazeley
Les nouveaux moyens de contraception masculine ©Getty - Peter Dazeley
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Résumé

Si le préservatif masculin reste la technique de contraception masculine la plus connue et la plus répandue, il en existe aujourd'hui quelques autres. Quelles sont ces nouveaux moyens ?

En savoir plus

Avec Anne-Sophie Delcour, journaliste qui publie "L’homme sous pilule". et le chroniqueur Benjamin Tranié.

Le premier préservatif en appendice d’animal apparait en 1735. La capote est fabriquée en latex depuis 1880… La contraception masculine, qui a pourtant évolué, peine à convaincre en France : 10 000 hommes seulement disent y avoir recours…

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Contraception masculine : ce qui existe

Le premier préservatif en appendice d’animal apparait en 1735. La capote est fabriquée en latex depuis 1880… La contraception masculine, qui a pourtant évolué, peine à convaincre en France : 10 000 hommes seulement disent y avoir recours… Plusieurs techniques existent, explique Anne-Sophie Delcour, journaliste qui publie "L’homme sous pilule".

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  • La vasectomie

Auparavant considérée comme une mutilation, elle n’est légale que depuis 2001. Anne-Sophie Delcour explique : "Cette méthode consiste à couper le canal déférent (le transporteur des spermatozoïdes depuis les testicules vers l'endroit où se forme le sperme avant l'éjaculation). Cela ne fait pas mal, cela s’effectue en dix minutes dans un cabinet. La vasectomie n’est pas invasive, à la différence de la stérilisation chez la femme. Cette méthode n'est pas dangereuse, et n'a aucune incidence sur les érections, ni sur la libido. Surtout, elle ne change rien à l'éjaculation". Elle est connue pour être irréversible. Mais Anne-Sophie Delcour modère : "Si, elle est réversible, mais l’homme ne retrouvera pas exactement la même fertilité lorsqu’on fait l'opération inverse". Anne-Sophie Delcour poursuit : "Cette technique est utilisée par un homme de plus de quarante ans sur deux en Nouvelle-Zélande, et un homme sur cinq en Angleterre et au Canada. Mais en Angleterre, par exemple, les médecins sont obligés de donner cette information lorsque les femmes viennent les voir pour la pilule".

  • Le préservatif : le plus ancien et le plus connu
  • Le slip “Remonte-couilles toulousain”

Il consiste à faire passer le pénis et le scrotum (la peau qui entoure les testicules) à travers un anneau sur l'avant du slip. Avec cette technique, les testicules se rapprochent du corps, ce qui augmente leur température de quelques degrés, rendant les spermatozoïdes inactifs. Anne-Sophie Delcour explique : "Les testicules sont à l'extérieur du corps, pas simplement pour faire joli, mais parce que la température y est un petit peu plus basse : environ 34°/ 35° ce qui permet la production des spermatozoïdes. Quand on les remonte près du corps, cela augmente la température et limite la production de spermatozoïdes. Au bout de trois mois, les hommes qui l’ont porté 15 heures par jour sont contraceptés. On le vérifie avec un spermogramme. Les éjaculations ne sont pas modifiées".

L'anneau contraceptif "fonctionne sur le même principe. C’est un anneau, mais sans le slip autour. C'est plus design, un peu moins festif".

  • Les hormones

Anne-Sophie Delcour : "La technique hormonale consiste en des injections de testostérone une fois par semaine. Le cerveau, informé du plus haut niveau d’hormones va en réduire la production. Des effets secondaires existent : les hommes peuvent avoir une hypersexualité, ou au contraire avoir une réduction de la libido, et parfois un développement de la musculature, une chute des cheveux".

  • La pilule contraceptive ?

Anne-Sophie Delcour explique : "Elle fonctionne sur les souris, mais il faudra attendre encore 5 à 10 ans pour qu’elle arrive pour les hommes".

En France, moins de 1 % des hommes ont recours à la contraception. Qu’est-ce qui coince ?

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Le manque de financement de la recherche

La journaliste spécialisée en contraception masculine explique : "On rencontre un problème de financement en France. Il y a eu plusieurs cellules de recherche constituées autour de la pilule, mais aussi des gels contraceptifs… Mais la plupart du temps, les hommes qui ont testé ces produits lors des essais se sont plaints d'effets secondaires : de la baisse de la libido et les fonds ont été réattribués ailleurs".

Un frein médical

Anne-Sophie Delcour déplore : "Peu de médecins parlent de la contraception masculine. À l’étranger, ce sont les gynécologues qui en parlent aux femmes. Il existe pourtant des équivalents pour les andrologues, les urologues, ou des médecins généralistes qui pourraient prendre le relais.

23% des gynécologues et généralistes ne connaissent pas la contraception thermique, et pendant les études de médecine, on parle pendant 1h de la contraception hormonale masculine. Tant qu'il y aura des lacunes dans la formation des médecins, cela n’avancera pas".

Un héritage historique qui pèse sur les hommes

"Il existe des associations où on peut se retrouver entre hommes et dialoguer. Car évoquer la contraception, amène des discussions sur la sexualité, sur les complexes et la virilité. Quand on parle de vasectomie, le principal frein, est psychologique. C'est très compliqué pour un homme d'aller toucher à sa fertilité. À certaines périodes de l’histoire, il a existé un tribunal de l'impuissance. Si on n'arrivait pas à mettre enceinte sa femme, on pouvait se retrouver au tribunal et être déshonoré, et banni de la société. Les hommes portent cet héritage", explique Anne-Sophie Delcour. Elle poursuit : "Chez un urologue, j’ai constaté que l'homme est amené à penser son sexe en fonction d'une érection hyper dure. Or, on peut faire l'amour de différentes manières".

Une méfiance féminine

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Certaines femmes ont du mal a confier leur contraception à leur partenaire. Pour la journaliste : "C’est une vraie question de couple. Si on ne supporte pas la pilule, qui va porter la contraception ? En tous les cas, hors situation de couple, ce n’est pas plus compliqué : lorsque j’ai réalisé ces portraits d’hommes contraceptés, j’ai constaté qu’ils étaient heureux de se réapproprier leur corps, leur fertilité… L’un d’entre eux, appréciait de prendre ses responsabilités dans ses rapports sexuels alors qu’il avait différentes compagnes…"

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Références

Programmation musicale

  • 16h32
    Je sais qu'il est tard
    Je sais qu'il est tard
    MARIE-FLORE (Compositeur)
    Je sais qu'il est tard

    Album Je sais pas si ça va (2022)
  • 16h51
    Stuck in the middle
    Stuck in the middle
    Greentea Peng
    Stuck in the middle
    Album Stuck in the middle (2022)
    Label AMF RECORDS

L'équipe

Matthieu Noël
Matthieu Noël
Matthieu Noël
Production
Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Production déléguée
Amel Khaldi
Collaboration
Alexia Lacour
Collaboration
Ghislain Fontana
Réalisation