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Pollution de l'air : chaque année, près de 8.000 morts prématurées pourraient être évitées en Île-de-France

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Sur le périphérique parisien, les automobilistes doivent ralentir à cause de la mauvaise qualité de l'air
Sur le périphérique parisien, les automobilistes doivent ralentir à cause de la mauvaise qualité de l'air
© AFP - CAROLINE PAUX / HANS LUCAS

Si les recommandations de l'OMS étaient respectées, près de 8.000 décès prématurés pourraient être évités chaque année en Île-de-France, selon Airparif et l’Observatoire régional de santé d'Île-de-France. Ils publient ce jeudi une étude sur l'impact de la pollution de l'air sur la mortalité dans la région.

En Île-de-France, 7.900 morts prématurées pourraient être évitées chaque année. Comment ? En respectant les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Airparif, l'organisme indépendant chargé de surveiller la qualité de l'air dans la région, et l'Observatoire régional de la santé, publient une étude, jeudi 10 février, sur les effets de la pollution de l'air sur la mortalité des Franciliens.

Quel est l'objectif de cette étude ?

Cette étude a pour objectif de quantifier les décès évitables, si les concentrations de pollution de l'air étaient ramenées aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. "On sait que la pollution de l'air est un enjeu de santé publique très important. On sait aussi que les recommandations de l'OMS ne sont pas respectées sur l'ensemble de l'Île-de-France pour les polluants les plus majeurs, c'est-à-dire le dioxyde d'azote, l'ozone et les particules PM2,5 et de PM10", explique Pierre Pernot, ingénieur à Airparif.

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Qui est concernée par la pollution de l'air ?

Tous les habitants d'Île-de-France sont affectés par la pollution de l'air dans la région. Pour certains Franciliens, l'exposition est même très importante selon le membre d'Airparif, Pierre Pernot : "À certains endroits, nous observons des concentrations qui sont plus de huit fois supérieures aux seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé. Nous le constatons notamment pour le dioxyde d'azote."

La situation peut-elle s'améliorer ?

Il n'est pas trop tard, selon l'étude d'Airparif et de l'Observatoire régional de la santé. En 2020, les deux organismes ont constaté "une diminution des concentration de dioxyde d'azote sans précédent". "Du fait de la pandémie de Covid-19, cette année 2020 a constitué une année exceptionnelle en matière de qualité de l’air", écrivent les deux organismes dans leur rapport. Cette amélioration a permis d'éviter 310 décès prématurés par rapport à l'année précédente selon l'étude.

Comment améliorer la qualité de l'air en Île-de-France ?

Pierre Pernot, ingénieur d'Airparif, recommande d'agir sur les sources de pollution. "Le dioxyde d'azote provient principalement du trafic routier. La circulation entraîne aussi l'apparition de particules PM2,5. Celles-ci proviennent aussi du chauffage et en particulier le chauffage au bois. Donc, pour ces deux polluants, c'est en agissant sur ces sources, d'un point de vue local qu'on pourra ramener les concentrations à des hauts niveaux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé." Pour l'ozone, c'est plus complexe. "Ce gaz résulte de la transformation des oxydes d'azote et des composés organiques volatils sous l'effet de la chaleur et de l'ensoleillement. Il faut donc agir à très grande échelle, à celle de la France voire même à l'échelle européenne et hémisphérique." 

Les recommandations de l'OMS sont-elles obligatoires ?

"Non", indique l'ingénieur d'Airparif, Pierre Perot. En revanche, les valeurs limites imposées par l'Union européenne doivent être respectées. "Il faut noter deux choses importantes. La première, c'est que les directives européennes sont en cours de révision. Et la deuxième, c'est qu'elles intègrent dans leur révision les nouvelles recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, publiées en septembre 2021." Les seuils de l'OMS ont été abaissés. "Nous nous sommes aperçus que la pollution de l'air avait un impact sur la santé même à des concentrations beaucoup plus faibles que ce qu'on imaginait auparavant."