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Pollution : plusieurs écoles parisiennes affichent un taux de particules fines supérieur aux normes de l'OMS

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Dans 44 crèches, écoles et collèges parisiens, des capteurs ont été installés afin d'enregistrer les concentrations de dioxyde d'azote et de particules fines
Dans 44 crèches, écoles et collèges parisiens, des capteurs ont été installés afin d'enregistrer les concentrations de dioxyde d'azote et de particules fines
© AFP - Jean François Deroubaix/ Hemis

Une étude lancée en 2019 par Airparif a mesuré la concentration en particules fines et en dioxyde d'azote à l'intérieur d'une quarantaine de crèches, écoles et collèges de Paris, ainsi que dans les rues adjacentes.

À quel point l'air respiré par les petits Parisiens lorsqu'il sont à la crèche ou à l'école est-il pollué ? Si la quantité de dioxyde d'azote reste sous le seuil fixé par l'OMS, plusieurs établissements de la capitale sont au-delà des normes sanitaires concernant les particules fines, selon une étude publiée ce mercredi par Airparif.

Lancée en 2019, celle-ci porte sur 44 crèches, écoles et collèges de Paris, cherchant à mesurer le niveau de pollution à la fois dans les cours intérieures et dans les rues adjacentes. Des capteurs ont donc été installés afin de quantifier la présence de dioxyde d'azote, un gaz toxique principalement émis par la combustion des moteurs, et de particules fines, dangereuses car pénétrant en profondeur dans les poumons.

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L'impact des murs d'enceinte sur la pollution au dioxyde d'azote

Il apparaît qu'au moins trois écoles de la capitale (Renard, Lafayette et Gambetta) se situent dans des rues où la concentration moyenne annuelle en dioxyde d'azote dépasse les niveaux réglementaires. Pour autant, une fois franchie l'enceinte des établissements, les niveaux enregistrés diminuent. "Les niveaux de pollution décroissent très rapidement en s'éloignant des axes routiers, en particulier dans les dix premiers mètres", soulignent les auteurs de l'étude. "Cette diminution est fortement accentuée par exemple grâce à la présence de murs d'enceinte autour de l'école."

Seule la crèche municipale Pyrénées, dans le 20e arrondissement et proche d'axes très fréquentés, flirte avec les valeurs limites, même si leur dépassement est jugé "peu probable". L'étude note cependant que les mesures ayant été effectuées au cours de l'année de 2020, marquée par une réduction des activités humaines et donc des émissions de polluants, les estimations ont pu être "légèrement sous-estimées".

Les niveaux de particules fines supérieurs aux normes de l'OMS

Pour les particules fines (PM 2,5), les données sont plus préoccupantes. Leur concentration dans les cours d'écoles est la plupart du temps supérieure aux normes fixées par l'OMS, qui recommande de ne pas dépasser 10 μg/m3 en valeur annuelle. Rien de très surprenant, expliquent les auteurs de l'étude, étant donné que ces niveaux sont dépassés sur la totalité de Paris et la quasi-totalité de l'Île-de-France

"La marche est encore haute avant d’atteindre notre objectif : respecter les normes de l’OMS d’ici à 2030", a reconnu auprès du Monde Dan Lert, adjoint à la mairie de Paris en charge de la transition écologique. L'élu rappelle néanmoins que la qualité de l'air s'est améliorée ces dix dernières années dans la capitale, avec une baisse de l'ordre de 25% pour les concentrations de dioxyde d'azote, et de 45% pour les particules fines. Priorité de l'équipe municipale : réduire la pollution engendrée par le trafic automobile.