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Pour Jane Fonda, la Cour suprême américaine est devenue un "cloaque d'extrême droite"

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"J'en suis malade!"dit l'actrice et militante féministe Jane Fonda, 84 ans, après la décision de la Cour Suprême de ne plus protéger l'avortement aux Etats-Unis
"J'en suis malade!"dit l'actrice et militante féministe Jane Fonda, 84 ans, après la décision de la Cour Suprême de ne plus protéger l'avortement aux Etats-Unis
© AFP - Phillip Faraone / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

L’actrice américaine, figure du féminisme, se désole de la décision de la Cour suprême américaine d’annuler le droit à l’avortement, dans un entretien accordé au Monde. Les mots sont forts.

"J’en suis malade". L’actrice américaine Jane Fonda s’indigne de la décision vendredi de la Cour suprême américaine d’annuler l’arrêt Roe vs Wade, qui garantit le droit à l’avortement. Joint par Le Monde ce weekend, cette figure du féminisme estime que les "Etats-Unis ont vraiment rejoint le groupe des pays arriérés qui ont encore une vision quasi médiévale du rôle des femmes".

"Les hommes veulent garder le contôle"

L’actrice est actuellement en tournage à Rome pour la suite de "Le Book Club", où elle reprend son rôle de Vivian, une femme membre d’un groupe de lecture. Jane Fonda pointe une décision choquante, "c’est presque inconcevable". "J’espère que cette décision va motiver les femmes pour aller voter en novembre [aux élections de mi-mandat, deux ans après la victoire de Joe Biden à la présidentielle] et galvaniser le mouvement progressiste."

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L’actrice considère que la Cour suprême "a perdu toute crédibilité", "elle est devenue… un cloaque… un cloaque d’extrême droite". "La plupart de mes amies sont pratiquement en deuil. Quelques-unes m’ont demandé si je pensais rester en Italie. Si j’étais jeune, j’y penserais". Pas question pour Jean Fonda se mettre en retrait. Elle le clame : "Je veux lutter", car "nous sommes plus fortes", "c’est pour cela que les hommes ne veulent pas que nous puissions décider d’avoir ou pas un enfant". "Ils veulent garder le contrôle, ils ont peur."

Le féminisme, "une philosophie de la vie"

En 2005, Jane Fonda avait participé à la fondation du Women’s Media Center, qui a pour but de rendre les femmes davantage visibles dans les médias. "Si les femmes ne sont pas représentées, elles sont moins informées des répercussions de telle ou telle législation sur leur vie" estime Jane Fonda. Pour elle, "le féminisme, ça ne concerne pas seulement les problèmes ‘féminins’. C’est une perspective d’ensemble. Une philosophie de la vie."