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Pour la première fois de son histoire, Meta enregistre une baisse de son chiffre d'affaires

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Les revenus de Meta ont baissé de 1% sur un an au deuxième trimestre, à 28,8 milliards de dollars.
Les revenus de Meta ont baissé de 1% sur un an au deuxième trimestre, à 28,8 milliards de dollars.
© Getty - Chesnot

"Nous allons devoir faire plus avec moins de ressources", a prévenu Mark Zuckerberg, patron de la maison mère de Facebook et Instagram suite à l'annonce mercredi soir des mauvais résultats trimestriels de Meta : une baisse de 1% des revenus, pour la première fois de l'histoire du groupe.

La situation économique de Meta, maison mère de Facebook, Messenger, Instagram et Whatsapp s'enfonce un peu plus en cette moitié d'année 2022. Le groupe vient à nouveau de publier des résultats décevants, avec un chiffre d'affaires trimestriel en baisse, de seulement 1% mais tout de même, pour la première fois de son histoire. Conséquence : son patron, Mark Zuckerberg, annonce un freinage de son développement.

Faire plus avec moins

C'est un coup de massue sur la tête du géant américain. Les revenus de Meta ont diminué de 1%, à 28,8 milliards de dollars sur un an au second trimestre. Une première pour le groupe fondé en 2004, après une quinzaine d'années d'une croissance qui semblait inarrêtable. Le bénéfice net du groupe a également reculé de 36% à 6,7 milliards de dollars. Après l'annonce faite par la direction du groupe mercredi soir, le cours de l'action reculait de plus de 4% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

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Lors d'un point téléphonique, Mark Zuckerberg a concédé que les résultats auront des conséquences sur le groupe dans un futur proche : "Nous allons devoir faire plus avec moins de ressources". Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour les salariés dont le malaise est grandissant ces dernières années, en particulier les modérateurs dont les conditions de travail ont été dénoncées. À la fin de mois de juin, Reuters avait déjà révélé que le fondateur de Facebook avait déjà averti les salariés que Meta allait connaître "l'un des pires ralentissements économiques que nous ayons vus dans l'histoire récente".

Cela passera notamment par une réduction des investissements, en freinant la croissance de la masse salariale de Meta, qui compte aujourd'hui 84 000 employés à travers le monde. En juin, le groupe prévoyait de revoir à la baisse de 30% ses prévisions d'embauches pour 2022 (sur une ambition de 10 000 postes créés à l'origine). La croissance du personnel avait pris 32% entre 2021 et 2022, en particulier à cause de la redirection de la stratégie du groupe vers la création d'un metavers. Le projet pourrait d'ailleurs pâtir de ce ralentissement.

Cinq années difficiles pour Meta

La vague de résultats précédente n'était déjà pas glorieuse, comme le souligne Zuckerberg en expliquant que la "situation semble pire" aujourd'hui "qu'il y a trois mois". Au premier trimestre, le pire avait été évité avec un chiffre d'affaires à presque 28 milliards de dollars (en hausse de 7%), mais un bénéfice net déjà en baisse (-21%) à 7,47 milliards de dollars. Pourtant, les investisseurs s'attendaient à une catastrophe, suite à l'annonce en début d'année de la première perte d'utilisateurs de l'histoire de Facebook, une fuite d'un million d'utilisateurs quotidiens actifs en l'espace de trois mois. Leur nombre est depuis remonté à 1,97 milliard de personnes au quotidien, contre 1,93 milliard fin décembre 2021.

On peut imputer ces mauvais chiffres à la concurrence d'autres plateformes comme TikTok qui séduit beaucoup plus les ados et jeunes adultes depuis le début de la crise Covid (plus d'1,5 milliard d'utilisateurs mensuels contre 3,65 milliards pour l'ensemble des réseaux de Meta), ou encore aux coupes budgétaires des annonceurs dues à la mauvaise conjoncture économique, mais il faut ajouter les scandales à répétition qui ont touché le groupe : fuite de données Facebook-Cambridge Analytica et implication dans les Paradise Papers en 2017, Facebook Papers en 2021, etc. Tout cela a ébranlé l'empire à chaque fois, faisant plonger l'action de Meta à la bourse. Depuis début février, le prix de l'action a été divisé par deux et plus de 400 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée.