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Pour la première fois, un système de vote en ligne basé sur la blockchain est validé par la CNIL

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La startup bordelaise créée début 2020 a obtenu le certification de la CNIL.
La startup bordelaise créée début 2020 a obtenu le certification de la CNIL.
© Radio France - Victor Vasseur

L’entreprise bordelaise V8te vient d’obtenir le plus haut niveau de certification du gendarme des données personnelles. Sa plateforme organise des votes en ligne pour les entreprises, les associations, les collectives, et rêve de s’immiscer dans la politique.

Après six mois d’audit, la décision est tombée : la jeune pousse bordelaise V8te a obtenu la plus haute certification de la part de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), pour son système de vote électronique connecté à la technologie blockchain, comme l'a révélé la newsletter The Big Whale. "On a un brevet qui nous permet de garantir la sécurité d’un processus de vote, garantir le secret absolu du bulletin de vote, l’intégrité de l’urne", se réjouit Guillaume Odriosolo, ancien d’Orange et fondateur de la start-up. "La performance n’est pas tant d’être certifié par la CNIL, mais c’est de l’être en ayant un produit qui soit connecté à la blockchain, c’est une première en Europe", assure-t-il.

Chacun peut vérifier le processus de vote

La blockchain est une technologie qui permet de stocker et transmettre des informations de manière transparente et sécurisée. Guillaume Odriosolo la compare à "un grand livre ouvert : tout le monde peut écrire dans ce livre, tout le monde peut le lire, mais personne ne peut l’effacer." L’entrepreneur se félicite donc d’avoir mis au point "une urne transparente et digitale" .

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Grâce à la blockchain, le votant peut s'assurer que le bulletin n’a pas été modifié, qu’il est bien inclus dans le scrutin. "Vos adhérents, vos salariés, les votants de votre organisation, pourront vérifier eux-mêmes, ils seront souverains, comme un citoyen, dans la vérification, dans la transparence du processus de vote. Le fait d’avoir connecté la plateforme à la blockchain, cela permet à n’importe quel citoyen ou observateurs de pouvoir vérifier de lui-même que le processus de vote s’est bien déroulé", souligne Guillaume Odriosolo.

Parmi les clients de la jeune pousse, de grosses entreprises (la RATP, le groupe Orange), mais aussi des collectivités comme la région Ile-de France et la ville de Clamart, ou encore des associations. V8te est une plateforme, et c’est en cela que l’entreprise se différencie des mastodontes du vote électronique comme Neovote, qui a organisé les primaires des Verts et des Républicains, ou encore de Voxaly. "Eux sont dans une approche de prestation de service, nous on est une plateforme. On est un peu le Doodle du vote sécurisé", précise le fondateur de la start-up.

Le vote électronique remède à l'abstention ?

Le vote électronique est plébiscité dans de très grandes entreprises. Ses défenseurs veulent voir plus loin, les scrutins politiques apparaissent en ligne de mire. Leur argument : il permettra de réduire l’abstention, et notamment celle de jeunes. "Je ne vois pas les digital natives, les enfants qui ont 5 ans aujourd’hui, se déplacer dans 20 ans dans des bureaux de vote", explique Guillaume Odriosolo. Il en est persuadé : dans 10 ou 15 ans, ça se fera, c’est le sens de l’histoire. "Cependant, la loi n’est pas prête. Pour les élections législatives, la présidentielle, il n’est pas possible de voter en ligne", tempère l’entrepreneur.

Reste que le vote est ligne est "un marché colossal mais éclaté". "1,3 million d’associations en France doivent voter chaque année", rappelle Guillaume Odriosolo, qui souligne au passage qu'il y a "135.000 entreprises en France". Mais la concurrence est féroce. D’autres autre start-up sont sur le même créneau : Votelab, Open Source Politics, People Vox ou encore Eligibilis. Lancée lors du printemps 2020, en pleine crise Covid, V8te compte 4.000 clients répartis dans 70 pays. Le chiffre d’affaires s’élève à 500.000 euros.