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Pour lutter contre l'absentéisme des chauffeurs de bus, la RATP lance une prime d'assiduité

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Un bus parisien en 2019 (illustration)
Un bus parisien en 2019 (illustration)
© Maxppp - olivier corsan

La RATP, confronté à un absentéisme en hausse, met en place des primes d'assiduité pour ses chauffeurs de bus. Ils pourront gagner jusqu'à 450 euros sur trois mois s'ils ne manquent aucun jour de travail.

Face à l'absentéisme des chauffeurs de bus franciliens, qui est passé de 10 à 13% au mois d'octobre, la RATP a mis en place depuis le début du mois un système de "prime de production plan transport". Il s'agit en fait d'une prime mensuelle d'assiduité, sur trois mois, alors que l'entreprise rencontre de grosses difficultés d'exploitation.

Pour la direction de la RATP, il s'agit de "saluer l'engagement et de récompenser la présence de celles et eux qui sont sur le terrain en cette fin d'année dans des conditions difficiles". Ainsi, si le chauffeur ne compte aucune absence durant un mois**, il touche 100 euros,** et la prime va croissant au fur et à mesure qu'il enchaine les mois de présence. Il peut gagner jusqu'à 450 euros brut en tout. Cette prime mensuelle s'annule dès le premier jour d'absence, que ce soit pour grève, arrêt maladie, arrêt enfant malade, arrêt proche aidant, accident de trajet ou accident du travail par exemple.

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"Un dispositif scélérat" pour l'Unsa

L'Unsa RATP, syndicat majoritaire chez les conducteurs de bus, dénonce une "prime patronale de la honte". "Vous imaginez où nous en sommes arrivés ?", déplore Arole Lamasse, le secrétaire général de l'Unsa RATP. "L'entreprise arguait qu'il n'y avait aucun souci et elle est obligée de mettre en place un tel dispositif, qui est un dispositif scélérat. Vous vous faites agresser, vous avez un enfant malade, "paf", vous ne touchez pas la prime", poursuit-il.

Les syndicats regrettent que l'argent ainsi dépensé ne soit pas utilisé pour augmenter les salaires et dénoncent des conditions de travail de plus en plus dégradées. Les syndicats appellent d'ailleurs à une journée de grève le 10 novembre.

De son côté, la RATP se réserve le droit de prolonger ce système de prime au-delà du 31 décembre, "à titre exceptionnel, pour une durée maximum de 3 mois, sans pouvoir excéder le 31 mars 2023".