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Pour mieux décrédibiliser Zelensky, le chef de la diplomatie russe parle des "origines juives" d'Hitler

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Sergueï Lavrov a attaqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur ses origines juives.
Sergueï Lavrov a attaqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur ses origines juives.
- Russian Foreign Ministry / Hando / ANADOLU AGENCY / Genya SAVILOV

Ce n'est pas parce que Volodymyr Zelensky est juif qu'il ne peut pas être un nazi, d'ailleurs, "Hitler avait aussi des origines juives" : voici en résumé les propos tenus dimanche par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. Sa sortie suscite l'indignation en Israël

C'est au détour d'un long entretien ce dimanche - 40 minutes - avec la chaîne italienne Rete 4, dans l'émission Zona Bianca, que le chef de la diplomatie russe s'est laissé allé à un dérapage dont il est désormais coutumier. "La nazification de l'Ukraine est un fait bien établi", insiste-t-il, prenant pour exemple les combattants du bataillon Azov coincés dans l'usine Azovstal de Marioupol et constitué, selon lui, de militants nazis avérés. "Ils portent sur leurs corps et sur leurs uniformes des tatouages ou symboles comme la Svastika… ils lisent et soutiennent ouvertement Mein Kampf", poursuit le chef de la diplomatie russe avant d'asséner : "quand on dit qu'il ne peut pas y avoir de nazification en Ukraine parce qu'on est juif_ [une référence au président Zelensky, NDLR], je peux me tromper mais même Hitler avait des origines juives ; donc ça ne veut rien dire !"

Poussant le "raisonnement" encore plus loin, Sergueï Lavrov n'hésite pas à poursuivre : "Cela fait longtemps qu'on entend les plus sages des Juifs nous dire que les pires des antisémites sont Juifs" eux-mêmes.

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Propos "scandaleux, impardonnables"

Israël a vivement réagit, le ministre des affaires étrangères Yaïr Lapid considérant que "les propos du ministre Lavrov sont à la fois scandaleux, impardonnables et une horrible erreur historique". Le ministère des affaires étrangères israéliens a d'ailleurs convoqué l'ambassadeur russe à des fins de "clarifications". Quant au premier ministre Naftali Benett, d'ordinaire très prudent vis à vis de la Russie depuis le début de la guerre, il a lui aussi ouvertement condamné les propos :"de tels mensonges sont destinés à blâmer les juifs eux-mêmes pour les crimes commis contre eux et ainsi dédouaner leurs oppresseurs de toute responsabilité".

Côté ukrainien, on remarque que la sortie de Lavrov ne fait que souligner l'antisémitisme endémique en Russie : "Lavrov n'a pas pu cacher l'antisémitisme profondément enraciné dans la culture des élites russes" a ainsi commenté le ministre des affaires étrangères ukrainien Dmitro Kuleba.

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La thématique nazie n'est pas nouvelle dans la propagande russe concernant l'Ukraine, mais jusqu'au début de la guerre, Sergueï Lavrov n'était pas particulièrement monté au créneau sur ce thème là. Il s'est rattrapé depuis, multipliant les sorties outrancières.