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Pourquoi le collectif Nous Toutes ne relaie plus le décompte des féminicides

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Le mercredi 5 janvier le collectif Nous Toutes a annoncé suspendre son relai du décompte des féminicides en France établit par l'association Féminicides par Compagnon ou Ex
Le mercredi 5 janvier le collectif Nous Toutes a annoncé suspendre son relai du décompte des féminicides en France établit par l'association Féminicides par Compagnon ou Ex
© Maxppp - Thomas Padilla

Pendant quatre ans, Nous Toute a relayé sur les réseaux sociaux le recensement établi jour après jour par le compte "Féminicide par Compagnons ou Ex". Mais cette collaboration prend fin, sur fond d'accusations de transphobie. Le collectif souhaite mettre en place un décompte plus large des femmes tuées en France.

"Nous Toutes a décidé de suspendre le relai du décompte des féminicides conjugaux", annonçait le collectif féministe le 5 janvier sur Twitter. Fin de collaboration avec le groupe "Féminicides par Compagnons ou Ex" dont les bénévoles, depuis 2016, établissent quasi quotidiennement le recensement des femmes tuées en France par leur compagnon ou ex-compagnon, en se basant notamment sur les articles parus dans la presse. Un chiffre qui, relayé sur fond violet par Nous Toutes, a permis de faire bouger les pouvoirs publics en montrant l'aspect massif de ces meurtres conjugaux. Mais le collectif souhaite aujourd'hui un recensement plus inclusif. 

Pourquoi Nous Toutes se désolidarise ?  

Pendant quatre ans, le collectif Nous Toutes a relayé ces chiffres, mais explique vouloir aujourd'hui "trouver une autre manière de visibiliser l'ensemble des féminicides." Dans son communiqué, NousToutes relate que "des propos transphobes ont été tenus par un collectif comptabilisant les féminicides conjugaux." Le collectif en question : "Féminicides Par Compagnons ou Ex". 

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NousToutes rappelle par la suite que "ces propos sont oppressifs, et par ailleurs illégaux. Depuis une vague de propos transphobes s'exprime librement sur les réseaux sociaux (...) Par ailleurs nous rappelons que la transphobie n'est pas une opinion mais un délit puni par la loi", avant d'expliquer ne pas pouvoir s'appuyer sur "un collectif qui affiche des positions contraires à ses [nos] valeurs."

Le collectif considère également "qu'il est essentiel de visibiliser toutes les femmes qui sont assassinées parce qu'elles sont des femmes." NousToutes souhaite inclure au décompte des féminicides ceux ayant lieu hors du couple, "qu'ils concernent les femmes cisgenres ou transgenres"

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Sur son compte Twitter, "Féminicides Par Compagnons ou Ex" explique que son "angle de travail est celui des violences conjugales". "C'est le choix que nous avons fait et nul n'est en droit de nous en imposer un autre." 

Capture d'écran
Capture d'écran
© Radio France - Anna Bonnemasou-Carrère

"Et pour votre info, en six années de recensement, aucune femme (ni homme) trans n'a été tué.e par un ou une conjoint.e", avance encore l'association.  

Quels sont les propos transphobes ?  

Dans le viseur de Nous Toutes, ce message publié par les membres du compte "Féminicides par Compagnon ou Ex". "Vu le harcèlement et le dénigrement que nous subissons certaines ont semble il bien conservé les aspects toxiques de leur masculinité antérieure. Il y a encore du boulot. allez au revoir... bloqué bloqué bloqué !" peut-on lire.

Julia,  bénévole du groupe "Féminicides par Compagnon ou Ex", contactée par France Inter, reconnait une réponse "qui se voulait agressive". "C'est un scud, on ne met pas de paillettes autour. On se fait harceler, traiter de terf (terme haineux qui désigne une personne défendant la cause des femmes mais sans inclure les femmes trans) et on ne devrait rien dire ? Là on s'est défendues." La bénévole assure que ce "scud" n'était pas destiné à Nous Toutes.

Pour la porte-parole du collectif, le contexte ne change pas la teneur du propos. "Dans tout les cas, et quelque soit le contexte, ces propos posent problème et nous nous positionnons contre", déclare t-elle à France Inter. Intimement convaincus qu'il faut lutter contre toutes les formes de violences "y compris celles transphobes" les membres de Nous Toutes maintiennent leur décision.

Quel avenir pour le décompte des féminicides ?   

Le collectif Nous Toutes souhaite trouver "une autre manière de visibiliser l’ensemble des féminicides", mettant en lumière "toutes les femmes assassinées parce qu'elles sont des femmes" dans le domaine conjugal et en dehors. "Nous allons nous baser sur la définition du féminicide posée par l'ONU, afin de faire un recensement de tous les féminicides en France."

Dans un tweet, le collectif assure : "Nous ne changeons pas d'orientation et continuerons ce travail sans relâche." De son côté, "Féminicides par Compagnons ou Ex" assure continuer son décompte. "Ce qui nous intéresse désormais c'est que les choses changent dans la loi." Julia, insiste sur la volonté de l'association de travailler avec le gouvernement actuel et ceux à venir pour lutter contre les féminicides. 

En 2021, le collectif Féminicides Par Compagnons ou Ex a recensé 113 féminicides, 102 en 2020.

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