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Première mondiale : un homme retrouve la vue grâce à l’injection d’un virus génétiquement modifié dans l’œil

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Des lunettes spéciales à réalité augmentée sont nécessaires, plus une caméra qui enregistre la scène visuelle et la projette ensuite sur la rétine du patient
Des lunettes spéciales à réalité augmentée sont nécessaires, plus une caméra qui enregistre la scène visuelle et la projette ensuite sur la rétine du patient
© Getty - Icy Macload

L'homme qu'une maladie génétique dégénérative avait rendu aveugle, a pu récupérer partiellement la vue grâce à l'optogénétique, une technique associant thérapie génique et stimulation lumineuse. Une première mondiale réalisée par une équipe franco-américaine.

C'est une première mondiale, elle est le fait d'un médecin français de l'institut de la vision à Paris, à la tête d'une équipe franco-américaine. Un patient de 58 ans, rendu aveugle par une maladie dégénérative, a en partie retrouvé la vue grâce à l'injection d'un virus génétiquement modifié dans son œil droit.

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Tout part d'une histoire d'algues. Il y a une vingtaine d'années, un chercheur allemand, Ernst Banberg, découvre que c'est grâce à l'une de leurs protéines que les algues se déplacent en suivant la lumière.

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Pour redonner une partie de vision à ce patient devenu aveugle à cause d'une maladie dégénérative, la rétinopathie pigmentaire, qui provoque la destruction des cellules photoréceptrices de la rétine, l'équipe du professeur José-Alain Sahel a utilisé une technique de pointe : l'optogénétique. 

La partie génétique, c'est qu'on a injecté le gène qui code pour cette protéine d'algue, dans un neurone, dans la rétine. Donc cette protéine s'exprime. Mais ça ne suffisait pas. Le patient a en effet perdu ses photorécepteurs. 

L'optique en plus de la génétique 

C'est là qu'intervient la partie optique. Il faut augmenter le niveau de lumière. Ce sera fait grâce à des lunettes spéciales à réalité augmentée. Plus une caméra qui enregistre la scène visuelle et la projette ensuite sur la rétine du patient. Chez celui-ci, le nerf optique fonctionne encore, ce qui permet cette combinaison. Le patient doit toujours fixer bien droit à l'écran des lunettes. Il s'entraîne à reconnaître les contours. Il n'a pas recouvré la vision, mais peut bien mieux se débrouiller au quotidien. Il faudra confirmer cette première avec un autre essai. 

Ça pouvait sembler farfelu de partir d'une algue, estime Serge Picaud, le directeur de l'Institut de la vision, mais il assure que cette approche dépasse la restauration visuelle et pourrait révolutionner les prises en charge également de maladies neurologiques.

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