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Présidentielle 2022 : voici les réponses de Jean-Luc Mélenchon aux 💯 questions sur la jeunesse

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Jean-Luc Mélenchon est le candidat de l'Union populaire.
Jean-Luc Mélenchon est le candidat de l'Union populaire.
© Radio France - J. M.

Pour connaître de façon précise la politique voulue par les candidats à la présidentielle concernant les jeunes, France Inter et l'association Chemins d'avenirs leur ont posé 100 questions. Voici les réponses du candidat de l'Union populaire Jean-Luc Mélenchon.

Une politique en 💯 questions. France Inter et l'association Chemins d'avenirs ont interrogé les candidats sur leur politique pour les jeunes. Dans cette campagne "Tefal" où rien n'accroche, où les programmes ont du mal à trouver leur place, nous avons demandé à chaque candidat de détailler le plus finement possible la politique qu'il mettra en œuvre, pour les jeunes.

"Comment mieux prendre en compte le handicap à l'école ?", "Faut-il revenir sur la réforme du baccalauréat ?", "Comment faciliter l'accès des élèves des zones rurales à l'enseignement supérieur ?" ou encore "Que proposez-vous pour atteindre l'égalité salariale dès le début de carrière ?" Tous les thèmes ont été abordés. De l'éducation à la citoyenneté, en passant par l'emploi, l'écologie, les discriminations, la précarité, les questions de genre et d'égalité, la santé ou encore le numérique.

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Jean-Luc Mélenchon veut créer un Erasmus francophone, revaloriser le salaire des professeurs et s'oppose à la fermeture des écoles. Le candidat Insoumis souhaite mettre en place une conscription citoyenne de neuf mois pour les femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée. Il est pour le vote dès 16 ans et obligatoire à partir de 18 ans. Il est favorable à la légalisation du cannabis. Et il propose de mettre en place une garantie d’autonomie de 1063 euros par mois pour les jeunes. Voici ses (presque) 💯 réponses 📣

École et enseignement

1. Faut-il poursuivre le dédoublement des petites classes en éducation prioritaire (grande section, CP, CE1) ?

En éducation prioritaire, les effectifs doivent être abaissés tout au long de la scolarité.

2. Faut-il envoyer des professeurs plus expérimentés dans les établissements d'éducation prioritaire ?

Il faut surtout y améliorer les conditions de travail et d’apprentissage dans ces établissements, ce que nous proposons de faire avec la réduction des effectifs notamment, de façon à ce que les professeurs aient envie d’y rester.

3. Faut-il donner plus d'autonomie aux chefs d'établissements (recrutement des enseignants, gestion des absences) ?

❌ Non, il faut garder au service public de l’éducation son caractère national pour garantir l’égalité entre les élèves.

4. Souhaitez-vous assouplir la carte scolaire ?

❌ Non : nous voulons au contraire y faire entrer les établissements privés sous contrat.

5. Faut-il assouplir les conditions de l'instruction en famille ?

❌ Non.

6. Faut-il un détecteur de CO₂ dans chaque classe ?

✅ Oui. La France insoumise le demande depuis des mois. Le gouvernement n’a rien fait.

7. Faut-il mettre en place un vaste service public des stages de troisième ?

✅ Oui, en proposant notamment des stages dans les administrations publiques, de façon à valoriser aussi ce type de carrières.

8. Êtes-vous favorable à l'apprentissage des langues régionales à l'école ?

✅ Oui.

9. Faut-il maintenir et encourager le programme d'échanges européens Erasmus ?

✅ Oui, et nous créerons en plus un Erasmus francophone.

10. Êtes-vous plutôt favorable à une évaluation par compétences ou par notes ?

Les professeurs doivent avoir la maîtrise de leur évaluation et choisir les modalités de l’évaluation en fonction des objectifs qu’elles et ils lui donnent.

11. Êtes-vous pour ou contre le redoublement ?

Les élèves doivent avoir la possibilité de redoubler si l’équipe pédagogique l’estime utile et en accord avec les familles.

12. Quelles mesures mettre en place pour limiter le décrochage scolaire ?

Il faut donner à l’école les moyens de s’occuper attentivement de chaque élève. Nous diminuerons les effectifs par classe pour que les professeurs puissent consacrer davantage de temps en classe à chaque élève : objectif 19 élèves par classe en moyenne. Nous remettrons aussi en place les dispositifs qui permettent d’aider les élèves ayant des difficultés particulières, notamment les RASED. Nous créerons aussi un service public du soutien scolaire.

13. Faut-il revaloriser le salaire des professeurs et, si oui, comment et de combien ?

Oui, en rattrapant le gel du point d’indice, ce qui fera une augmentation de 15%. Ensuite, nous ouvrirons une négociation avec les syndicats pour revaloriser davantage.

14. Au-delà de la rémunération, comment rendre plus attractif le métier d'enseignant ?

Les conditions de travail doivent être améliorées, ce qui passe en priorité par une réduction des effectifs d’élèves par classe, en commençant par les établissements relevant de l’éducation prioritaire. Il est important aussi de renforcer les garanties statutaires, de redonner du sens au métier et de reconnaître le travail et l’engagement des personnels en réaffirmant la liberté pédagogique et en mettant fin aux dispositifs d’évaluation et de contrôle permanent qu’ils subissent au quotidien. Pour attirer des jeunes vers les métiers de l’Éducation nationale, nous mettrons en œuvre un plan de pré-recrutement ouvert dès l’année de terminale et en licence afin de favoriser l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux aux métiers de l’Éducation nationale.

15. Comment remédier aux absences récurrentes des professeurs ?

Les professeurs ont un taux d’absence inférieur à la moyenne des salariés mais ces absences doivent être remplacées pour ne pas peser sur les élèves. Nous renforcerons les effectifs de professeurs remplaçants.

16. Que faire pour revaloriser les filières professionnelles et technologiques et les rendre attractives pour les jeunes ?

Nous augmenterons le nombre de classes et de lycées professionnels et agricoles publics. Nous créerons des centres polytechniques professionnels. Nous rétablirons le baccalauréat professionnel en 4 ans et nous y renforcerons les enseignements généraux. Nous protégerons les cursus courts dans l’enseignement supérieur et nous encouragerons la poursuite d’études après un bac professionnel ou technologique (BTS, DUT, licences professionnelle, etc). Nous redonnerons et développerons les moyens humains et financiers de formation aux lycées agricoles publics. Nous permettrons l’accès et la gratuité des places d’internat aux étudiants et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus éloignés des lieux d’apprentissage.

Chaque jeune touchera au moins 1063 euros par mois avec notre garantie d’autonomie, ce qui leur permettra de s’engager pleinement dans les filières de leur choix sans devoir travailler à côté.

17. Comment mieux contrôler le privé hors contrat ?

Le cas des écoles hors-contrat sera évalué au cas par cas, mais nous ne sommes pas favorables à leur développement.

18. Comment mieux prendre en compte le handicap à l'école ?

Nous créerons un véritable service public d’accompagnement du handicap, avec un nouveau corps de personnel. Nous multiplierons les cursus complets (de la maternelle au lycée) bilingues français/langue des signes française (LSF) pour permettre un réel accès au savoir et à la formation pour les enfants sourds et malentendants. Nous titulariserons les personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap et nous recruterons pour renforcer les capacités d’accueil et d’accompagnement. Nous nous fixerons aussi l’objectif de zéro obstacle aux déplacements ou à la vie quotidienne, ce qui impliquera la réalisation de travaux, forcée si nécessaire par l’action du préfet, dans tous les établissements d’éducation et d’enseignement le nécessitant.

19. Comment éviter les fermetures d'écoles dans les territoires ruraux ?

Nous ne fermerons plus d’école et nous en ré-ouvrirons dans les endroits où elles ont été fermées. Chaque Français doit être à moins de 15 à 30 minutes des services publics essentiels, dont les écoles.

20. Comment renforcer l'accompagnement des professeurs et des jeunes dans la préparation aux choix d'orientation ?

Nous renforcerons les moyens données au service public d’orientation, en s’appuyant sur les compétences des Psy-EN.

21. Comment améliorer la pratique du sport à l'école, jugée "désastreuse" par certains athlètes tricolores après les derniers Jeux olympiques d'été à Tokyo ?

Nous proposons de :

  • Réaffirmer le rôle des professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) dans la transmission d’une éducation physique obligatoire pour toutes et tous et augmenter leur nombre pour valoriser et renforcer la pratique sportive dans les programmes scolaires et les activités périscolaires
  • Créer une association sportive dans tous les établissements scolaires du premier degré pour rendre gratuite et accessible la pratique d'une activité physique encadrée par des professionnels
  • Assurer à l'Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP) les moyens humains et fonctionnels de faire vivre les associations sportives scolaires
  • Renforcer la formation pratique et théorique des professeur·es des écoles en matière d'EPS.

22. Comment améliorer le niveau des écoliers français en langues étrangères ?

En donnant la possibilité de travailler en groupes à effectifs réduits.

23. Le taux de chômage et le taux d'échec scolaire sont deux fois plus élevés dans les outre-mer qu'en métropole : que faire ?

Les Outre-mer sont pour nous des territoires prioritaires : l’État les a abandonnés pendant si longtemps. Nous investirons massivement dans les services publics dans les Outre-mer pour rétablir l’égalité tout de suite. Sur l’éducation, nous allons investir massivement dans les écoles et en particulier dans les Outre-mer. Nous allons mettre en place une véritable politique d’éducation prioritaire en nous appuyant sur le bilan des précédentes. Nous allons aussi réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne en Europe de 19 élèves par classe, en se concentrant en priorité sur les classes de maternelle et de ZEP. Nous investirons aussi dans des chantiers nécessaires à la bifurcation écologique : l’autonomie énergétique des Outre-mer, le renouvellement des canalisations pour que chacun ait accès à l’eau potable, le développement des transports collectifs… Nous en ferons ainsi des territoires pilotes de la bifurcation écologique et créerons ainsi des milliers emploi, en favorisant les emplois locaux.

Les Outre-mer sont pour nous des territoires prioritaires.

24. Que faut-il faire pour que les élèves soient meilleurs dans leur expression à l'oral ?

L’expression doit être améliorée, pas seulement l’expression orale mais aussi l’expression écrite. Bien s’exprimer à l’oral, cela suppose en premier lieu une bonne maîtrise de la langue. Les horaires de français seront renforcés, notamment dans la voie professionnelle où ils ont été réduits. Pour favoriser l’entrée dans la langue à un moment crucial, la scolarisation à partir de 2 ans sera proposée aux familles qui le souhaitent.

Baccalauréat, université et Parcoursup

25. Faut-il revenir sur la réforme du baccalauréat instaurée sous le quinquennat d'Emmanuel Macron ?

✅ Oui.

26. Faut-il réinstaurer des mathématiques dans le tronc commun au-delà de la classe de première ?

Nous proposerons une réorganisation du lycée qui donnera davantage de place aux mathématiques et ne les réservera plus aux seuls bons élèves.

27. Faut-il revoir le calendrier des épreuves du baccalauréat ?

✅ Oui, et surtout mettre fin au contrôle continu qui établit une évaluation permanente.

28. Faut-il réformer Parcoursup et, si oui, dans quel sens ?

✅ Oui, nous garantirons à tous les bacheliers l’accès sans sélection à la formation de leur choix (démantèlement de Parcoursup) et le droit à la poursuite d’études (fin de la sélection en Master). Cela se fera en augmentant les moyens par étudiant. Nous lancerons ainsi un plan pluriannuel de recrutement de 30 000 personnels statutaires sur 5 ans a minima, avec en parallèle un audit des besoins dans tous les corps de métier qui permettra d’ajuster ce plan.

29. Comment faciliter les changements de filière et les réorientations lors des études supérieures ?

Nous proposons de reconstruire une carte des formations d’enseignement supérieur cohérente sur tout le territoire, y compris dans les villes moyennes, avec des statuts et des règles communes. Un service public national de l’orientation sera également réinstauré et renforcé. Par ailleurs, nous garantirons à tous les bacheliers l’accès sans sélection à la formation de leur choix (démantèlement de Parcoursup) et le droit à la poursuite d’études (fin de la sélection en Master).

30. Face à l'augmentation du nombre de bacheliers, faut-il augmenter le nombre de places dans l'enseignement supérieur ?

✅ Oui.

31. Faut-il maintenir le remboursement des frais de psy pour les étudiants ?

✅ Oui.

32. Quelles sont les mesures nécessaires, selon vous, pour améliorer la santé mentale des étudiants, mise à rude épreuve avec le Covid, les restrictions et les confinements ?

Il faut améliorer l’accès aux psychologues et aux psychiatres en garantissant la prise en charge de leur consultation à 100 % par la sécurité sociale. Il faut aussi en former davantage ; la fin de la sélection en licence et en master, ainsi que la fin réelle du numerus clausus permettront de résorber peu à peu la pénurie. La sélection est de plus grande source de stress, si bien que sa fin participera à soulager les étudiants. En outre, la précarité est aussi un facteur de détérioration de la santé mentale, si bien que la garantie d’autonomie que nous proposons à 1063€/mois permettra d’améliorer le bien-être des étudiants.

33. Faut-il favoriser davantage l'alternance, et comment ?

Non.

34. Comment limiter le décrochage toujours massif en première année de fac ?

La garantie d’autonomie de 1063 euros par mois que nous proposerons à tous les étudiants aidera chacun d’entre eux à se consacrer pleinement à leurs études. Nous renforcerons aussi les dispositifs d’aide à l’orientation et à la réorientation ; nos jeunes ont le droit de tâtonner, de réfléchir, de changer d’avis, de prendre du temps pour trouver leur voie.

35. Faut-il instaurer de nouvelles matières au lycée par exemple : (cours d'initiation au droit, cours anti-fake news, cours de codage) et si oui, lesquelles ?

Les disciplines existantes sont en grande partie suffisantes pour assurer ces missions. Les programmes et les méthodes de SVT, de sciences physiques, de sciences économiques et sociales, d’histoire-géographie notamment permettent aux élèves d’avoir des connaissances suffisantes pour être capables d’exercer leur esprit critique. Il existe une option droit en terminale générale (Droit et grands enjeux du monde contemporain) mais il serait utile de proposer des éléments de droit dès la classe de Seconde.

Citoyenneté

36. Êtes-vous favorable à un service civique obligatoire ?

 Non, mais au lieu de cela une conscription citoyenne de neuf mois pour les femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC revalorisé à 1400 euros net. Une conscription qui comprend une formation militaire initiale, avec un droit d’objection de conscience, et des tâches d’utilité publique : secours aux personnes, sécurité civile, protection et réparation de l’environnement, appui à des associations labellisées d’intérêt général, appui à la population en cas de crise sanitaire.

37. Êtes-vous favorable au droit de vote dès 16 ans ?

✅ Oui.

38. Faut-il rendre le droit de vote obligatoire, notamment pour les jeunes ?

Nous voulons rendre le vote obligatoire à partir de 18 ans ; et le vote blanc sera reconnu. Nous ouvrirons le droit de vote à 16 ans mais il ne sera pas obligatoire entre 16 et 18 ans.

39. Faut-il supprimer les aides sociales lorsque les mineurs commettent des délits comme le font certaines communes ?

❌ Non. Il faut arrêter de culpabiliser les pauvres.

40. Que proposez-vous pour que les jeunes s'intéressent plus à la politique et s'engagent ?

Si la plupart des jeunes ne se reconnaissent pas dans les choix politiques, c’est aussi parce que l’organisation démocratique sous la Ve République ne permet pas d’exprimer son désaccord. L’ouverture du droit de vote à 16 ans va de pair avec le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc. C’est ajouter environ 1,5 million d’électeurs supplémentaires potentiels. Couplé au vote obligatoire que nous proposons à partir de 18 ans, c’est faire entrer des millions de bulletins de vote de jeunes gens dans les élections ! Et c’est donc imposer aux représentants d’en tenir compte.

41. Comment mieux lutter contre la faible participation des jeunes aux scrutins ?

La désertion des urnes par les jeunes s’explique par l’impression que leur vote ne permet plus d’influer sur la politique. Face à l’avenir de plus en plus sombre qui se dessine pour eux, il faut de toute urgence redonner du pouvoir au peuple. La processus d’écriture de la constitution de la 6e République intégrera toute la société et notamment les jeunes. Ce moment fort ainsi que le texte qui en découlera permettra de redonner du sens à nos institutions en renforçant le pouvoir du peuple, comme avec la mise en place du RIC (référendum d’initiative citoyenne), s’il est retenu par la constituante. Cela permettra d’intéresser davantage tout le monde et notamment les jeunes à la politique, qui pourront se saisir du débat autour de la 6e République et des nouveaux outils démocratiques qui seront mis en place. Tout cela leur redonnera confiance dans nos institutions.

Il faut de toute urgence redonner du pouvoir au peuple.

42. Comment intéresser les jeunes à la citoyenneté européenne ?

Dans le rapport de force face aux institutions européennes que nous instaurerons, nous déclencherons la mobilisation citoyenne avec nos alliés politiques et la société civile en Europe pour augmenter la légitimité de nos points de vue (en s’appuyant notamment sur le dynamisme des mouvements climats et les pétitions liées aux initiatives citoyennes européennes).

43. Comment améliorer l'engagement des jeunes dans la vie associative et auprès de la société civile ?

Nous proposons de reconnaître l’action des citoyens organisés en associations comme une force de veille, de mobilisation et de proposition. Pour cela, nous proposons plusieurs mesures :

  • Mettre en place un partenariat durable avec les associations aux différents niveaux institutionnels décisionnaires afin d’examiner et stabiliser les moyens humains, matériels et financiers à donner aux associations : banque solidaire (pour le monde associatif, les coopératives et l’économie sociale et solidaire), aide à la gestion administrative, etc.
  • Établir des contrats pluriannuels afin de leur donner une visibilité à moyen terme et afin de les mettre à l'abri du chantage à la subvention
  • Soutenir la création d'associations à but non lucratif, de coopératives (Scop, Scic, etc.) dans tous les domaines économiques afin de favoriser l'intervention populaire directe et le développement des coopératives de production

Discriminations, égalité des chances

44. Êtes-vous favorable à une campagne de communication géante contre les discriminations, comme le réclament plusieurs associations et collectifs ?

 Oui.

45. Faut-il donner plus de pouvoir et de visibilité à l'Observatoire des discriminations ?

 Oui.

46. Au-delà de cet observatoire, faut-il mettre en place une cellule ou une brigade spéciale pour lutter contre les discriminations ?

Nous proposons de :

  • Mettre en œuvre un plan d’action global contre les discriminations (emploi, logement, éducation, santé…)
  • Créer un Commissariat à l’égalité doté d’un Observatoire des discriminations et de pôles spécialisés au sein des services publics et des cours d’appel.

47. Êtes-vous favorable à des quotas réservés aux étudiants sur des critères territoriaux (quartiers défavorisés, zones rurales) dans les grandes écoles ?

Ces dispositifs visent à corriger de façon très imparfaite les inégalités de notre système éducatif. Il faut donner à tous les élèves la possibilité d’accéder à des filières exigeantes, pas seulement aux meilleurs, c’est donc la qualité globale de l’enseignement supérieur qui doit être visée. La pertinence de ces dispositifs doit être examinée au cas par cas mais plutôt que d’en renforcer la portée, il faut donner à l’enseignement supérieur, notamment aux universités, les moyens d'accueillir dignement tous les élèves.

48. Plus d'un jeune sur trois est victime de discrimination à la première embauche. Faut-il durcir les sanctions ?

 Oui. Nous créerons un pôle judiciaire de lutte contre les discriminations par Cour d’appel, comprenant des magistrats du siège et du parquet ainsi que des officiers de police judiciaire spécialisés, nous simplifierons et clarifierons le droit au recours collectif en matière de discrimination.

49. Comment réduire les fractures territoriales entre jeunes urbains et jeunes ruraux, concernant leurs perspectives et choix d'avenir ?

La garantie d’autonomie de 1063 euros par mois que nous donnerons à tout jeune en formation aidera chacun d’entre eux à se déplacer si nécessaire afin de suivre les formations qu’ils souhaitent. Nous proposons à cet effet la gratuité de l’internat aux étudiants et aux apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus éloignés de leur lieu d’apprentissage. Pour les jeunes travailleurs, nous ferons en sorte de développer des emplois sur tout le territoire et pas seulement dans les grandes villes, par exemple au travers de nos investissements dans la production alimentaire locale, effectués dans le cadre de la bifurcation écologique que nous entendons mener à bien.

50. Comment faciliter l'accès des élèves des zones rurales à l'enseignement supérieur ?

Nous développerons les transports publics en fonction des besoins, y compris dans les zones rurales. Nous permettrons en outre aux jeunes de s’établir à proximité de leur lieu d’étude par la construction annuelle de 15.000 logements CROUS et par le versement d’une garantie d’autonomie de 1063€/mois à chaque étudiant.

51. Vous engagez-vous à investir la même somme pour chaque enfant, quel que soit son territoire d'origine ?

Non, nous donnerons davantage de moyens aux enfants des établissements de l’éducation prioritaire.

52. Comment aider les jeunes à mieux se loger et plus facilement ?

Par l’encadrement des loyers, l’augmentation des salaires, l’instauration d’une garantie d’autonomie de 1063 euros et la construction de annuelle de 15.000 logements CROUS.

Droits des femmes, égalité femmes-hommes, genres

53. Vous engagez-vous à ne pas avoir de ministre accusé de violences sexuelles dans votre gouvernement ?

Pas de ministre condamné pour violence sexuelles. À défaut de décision de justice, il faudra prendre conseil et aviser.

54. Êtes-vous favorable à l'écriture inclusive ?

✅ Oui.

55. Êtes-vous favorable à un renforcement des critères de l'index égalité qui mesure les égalités femmes-hommes dans les entreprises ?

✅ Oui.

56. Faut-il instaurer des cours de prévention sur les violences conjugales, sexistes et sexuelles, par exemple au collège ou au lycée ?

✅ Oui, en intégrant ces questions dans les programmes et en formant les personnels sur ces questions.

57. Êtes vous favorable à un nouvel allongement du congé paternité ?

✅ Oui.

58. Êtes-vous favorable à la mise en place d'un droit opposable à la garde d'enfants, pour permettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Nous proposons de garantir ce droit avec les mesures suivantes :

  • Créer un service public de la petite enfance et ouvrir 500.000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans
  • Planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits et garantissant un accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation
  • Augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les conditions de travail dans les structures existantes
  • Garantir la gratuité des crèches publiques

59. Que proposez-vous pour atteindre l'égalité salariale dès le début de carrière ?

Nous augmenterons les sanctions financières et pénales à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/hommes (amendes et refus d’attribution de marchés publics).

60. Neuf jeunes femmes sur dix ont déjà subi des violences (sexuelles, physiques ou psychologiques) dans leur couple. Que proposez-vous pour lutter contre ce fléau ?

Nous proposons de répondre aux revendications des associations en mettant 1 milliard d’euros sur la table. Cela servira en particulier à développer et renforcer les structures d’accueil, d’écoute et de prise en charge des femmes souhaitant s’éloigner de leur conjoint.

61. Comment mieux lutter contre le harcèlement de rue ?

Nous prévoyons dans notre programme de mettre en œuvre un plan de lutte contre le harcèlement sexiste et les agressions sexuelles dans les transports collectifs, qui pourra être décliné aussi dans la rue.

62. Comment mieux lutter contre les stéréotypes de genre à l'école ?

Les programmes scolaires doivent être conçus de façon à lutter contre l’invisibilisation des femmes dans l’histoire, les arts, les sciences. Ils doivent permettre aux élèves de comprendre que les inégalités sont construites et ne reposent pas sur des différences biologiques. Nous proposons à cet effet de renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les discriminations, dans les programmes scolaires.

Les programmes scolaires doivent être conçus de façon à lutter contre l’invisibilisation des femmes dans l’histoire, les arts, les sciences.

63. Comment mieux prendre en compte les élèves transgenres dans les établissements scolaires ?

Nous ferons respecter le droit à ce que soit mis en conformité son nom à l’état civil - état civil qui pourra être changé librement et gratuitement - et les documents administratifs dans les établissements scolaires. Un plan d’éradication des violences à l’encontre des personnes LGBTI sera aussi déployé dans le pays, notamment dans les établissements scolaires.

Santé

64. Êtes-vous favorable à la dépénalisation des drogues douces ?

 Non, nous sommes favorables à la légalisation du cannabis.

65. Êtes-vous favorable à la gratuité des protections menstruelles ?

 Oui.

66. Quelles mesures proposez-vous pour lutter contre l'obésité des jeunes ?

Nous déploierons tout un ensemble de mesures visant à lutter contre la malbouffe, au travers de la création d’un ministère de la Production alimentaire. Concernant les jeunes en particulier, nous instaurons une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition, de la maternelle au collège. Dans la restauration collective, nous porterons l’alimentation à 100% biologique et locale, nous réduirons la part des protéines carnées - nocives quand consommées en trop grandes quantités - au profit des protéines végétales et nous y imposerons une option végétarienne quotidienne.

67. 17% des étudiants renoncent à des soins, faute d'argent. Que leur proposez-vous ?

Nous instaurons le remboursement à 100% par la Sécurité sociale de tous les frais de santé, ce qui vaudra donc aussi pour les étudiants. Nous renforcerons de plus les structures de santé universitaires en mettant les moyens nécessaires à l’accueil de chaque étudiant.

68. L'accès à l'IVG est souvent difficile, notamment pour les jeunes femmes, par manque de médecins qui le pratiquent et inégalités territoriales. Que proposez-vous pour que le droit théorique soit respecté dans la pratique ?

Nous engagerons un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin et du médico-social et nous actionnerons tous les leviers pour combattre les déserts médicaux, en particulier par le recrutement de médecins publics et l’augmentation des moyens des facultés de médecine afin de permettre une véritable suppression du numerus clausus.

69. Un panel de moyens de contraception sont désormais gratuits pour les femmes de 18 à 25 ans. Faut-il aller plus loin ?

Nous ajouterons dans la Constitution le droit à la contraception à à l’IVG. Cela implique de permettre un accès à la contraception et à l’avortement garanti dans les faits (remboursement intégral de tous les moyens de contraception, ouverture d’un centre IVG dans chaque hôpital, remise des pilules d’urgence par les infirmières des établissements scolaires, possibilité de choisir le mode d’IVG, etc.).

70. Les infections sexuellement transmissibles sont en hausse chez les 15-24 ans, comment améliorer la sensibilisation des jeunes sur ces questions ?

Nous proposons, entre autres, de renforcer les moyens consacrés au dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST) :

  • En multipliant les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD) aujourd’hui trop souvent surchargés ou éloignés.
  • En rendant le dépistage des IST en laboratoire anonyme et gratuit, sans avance de frais.
  • Il faudra aussi développer une politique d’éducation à la santé sexuelle de l’école à l’université, avec des formations spécifiques pour les personnels qui assurent cette éducation et des campagnes diffusées dans tous les établissements.

71. Comment prévenir les suicides, en augmentation chez les jeunes ?

Nous ferons un grand plan pour la santé mentale qui renforcera les réseaux de CMP (centres médico-psychologiques), qui permettra le suivi psychologique ambulatoire par le conventionnement des professionnels, qui augmentera le nombre de places en faculté de médecine dans la filière psy et, dans un premier temps, qui rouvrira des lits de psychiatrie publics. Nous renforcerons aussi les structures de santé universitaires en embauchant le personnel psy nécessaire au suivi des étudiants. La garantie d’autonomie de 1063€/mois que nous proposerons, notre politique en faveur du plein emploi ainsi que la planification écologique pour lutter contre les effets du réchauffement climatique seront en outre des mesures clés dans l’amélioration du bien-être des jeunes, nombreux à être en situation de grande précarité et soucieux quant à leur avenir.

Emploi et précarité

72. Êtes-vous favorable à l'instauration d'un revenu minimum universel à partir de 18 ans ?

Nous créerons une garantie d’autonomie qui permettra que nul ne soit privé de sa dignité pour vivre : le revenu mensuel de chaque personne atteindra le seuil de pauvreté (1063 euros pour une personne seule).

73. Que faut-il faire pour que le chômage des jeunes continue à diminuer ?

Nous instaurerons un « emploi spécifique jeune » d’une durée de cinq ans, dans le secteur non marchand et public, pour éliminer le chômage des jeunes (trois fois supérieur à celui de leurs aînés à diplôme égal). Nous créerons également la garantie d’emploi, qui permettra à tout chômeur de longue durée d’être embauché au moins SMIC - revalorisé - dans un secteur d’urgence.

74. Comment attirer plus de jeunes vers les métiers de l'agriculture ?

En revalorisant et en garantissant des payes décentes pour permettre de vivre dignement, en en faisant des acteurs centraux de la bifurcation écologique.

75. Comment favoriser l'inclusion des jeunes dans la gouvernance des entreprises ?

Notre programme prévoit d'augmenter la représentation des salariés dans les conseils d’administration.

Vie quotidienne

76. Êtes-vous favorable au permis de conduire dès 16 ans ?

 Non.

77. Comment faire baisser le coût du permis de conduire pour les jeunes ?

Dans le cadre de la conscription citoyenne que nous instaurerons pour les femmes et les hommes de moins de 25 ans, nous proposerons une formation gratuite à la conduite et le passage de l’examen du permis de conduire.

78. Comment favoriser l'activité physique des jeunes ?

Nous consacrerons l’apprentissage de la natation dans le cadre scolaire en le rendant obligatoire. Pour les jeunes femmes, nous promouvrons le sport féminin, instaurerons la parité dans la retransmission télévisuelle des grands événements sportifs et les rendrons accessibles sur les chaînes publiques. Pour inclure tous les jeunes, nous renforcerons l’accessibilité aux équipements sportifs des personnes en situation de handicap et nous organiserons la mise en place réelle, à la fois contrôlée et évaluée, d’un plan d’action, de formation et de sensibilisation sur les LGBT-phobies dans le sport. Nous favoriserons aussi la gratuité des activités sportives pour les populations les plus pauvres.

79. Quelles mesures prendrez-vous pour améliorer la mobilité des jeunes (transports en commun, vélo, etc.) ?

Les jeunes auront un accès largement facilité aux différentes mobilités s’inscrivant dans notre politique de bifurcation écologique. Nous refuserons la suppression des lignes ferroviaires du quotidien et en réouvrirons. Nous augmenterons le nombre de trains et nous garantirons des tarifs accessibles, notamment par la gratuité des transports en commun urbains dans les villes et les TER et cars régionaux pour les moins de 25 ans. Nous développerons en général tous les transports publics à la demande hors des zones denses de transport public.

Nous repenserons aussi la mobilité individuelle en développant les usages partagés de la voiture et les mobilités douces, comme le vélo.

Culture et numérique

80. Êtes-vous favorable à une augmentation du montant du pass culture ?

Je ne reviendrai pas sur le pass culture. Mais je porterai à 1% du PIB le budget du ministère de la Culture avec comme priorités la pratique et l’éducation artistique.

81. Plus globalement, comment mieux permettre aux jeunes d'accéder à la culture ?

Nous favoriserons l’accès à la culture en portant le budget consacré à l’art, à la culture et à la création à 1% du PIB par an. Nous étendrons la gratuité à tous les musées et nous créerons une médiathèque publique en ligne regroupant les œuvres tombées dans le domaine public. Nous lancerons aussi un plan de formation et de recrutement d’emplois culturels de proximité, notamment à destination des jeunes. Nous garantirons une tarification abordable dans les institutions publiques et encadrerons les tarifs abusifs des lieux privés.

82. Chaque lycéen doit-il être doté d'une tablette numérique ?

 Non.

83. Faut-il revenir sur l'interdiction du téléphone portable au collège ?

 Non.

84. Faut-il réguler davantage l'utilisation des réseaux sociaux pour les mineurs ? Pour les moins de 15 ans ?

Pas de réponse.

85. Comment mieux lutter contre le cyber-harcèlement ?

Nous renforcerons les moyens humains de la plateforme PHAROS en charge de la prévention et de la surveillance des violences sur Internet.

Écologie

86. Soutenez-vous le combat de Greta Thunberg ?

 Oui.

87. Faut-il encourager les actions militantes menées par des organisations de jeunesse pour le climat ?

 Oui.

88. Comment favoriser l'éducation et la formation des jeunes à l'écologie et la lutte contre le dérèglement climatique ?

La place de ces questions dans les programmes scolaires doit être renforcée : nous intégrerons l’enjeu écologique dans les programmes de la maternelle au lycée et introduirons de nouveaux enseignements pratiques.

89. Comment encourager les écogestes chez les plus jeunes, par exemple dans les établissements scolaires ?

Plutôt que de seulement encourager des gestes individuels, il faut faire des établissements scolaires des lieux où les bons gestes sont collectivement adoptés. Nous rénoverons le bâti scolaire pour le rendre moins énergivore. La restauration scolaire sera gratuite et les repas élaborés avec des produits locaux et issus de l’agriculture biologique. La lutte contre le gaspillage alimentaire y sera également intensifiée.

90. Comprenez-vous la colère des jeunes qui considèrent que votre génération est responsable de l'état actuel de la planète ?

Il est vrai qu’il y a parfois eu une prise de conscience trop tardive. Les femmes et les hommes de ma génération, y compris à gauche, ont fait une confiance aveugle dans le productivisme. Mais ils pensaient bien faire, améliorer les conditions d'existence du grand nombre. Cependant, je n’adhère pas à la thèse du conflit entre les générations. C’est un système, le capitalisme financier globalisé, qu’il faut mettre en cause. Ce système épuise non seulement la nature mais aussi les êtres humains, de tous les âges.

91. Quelles mesures prendre contre la pollution numérique qui touche beaucoup les plus jeunes ?

Pas de réponse.

Questions personnelles

92. La première mesure que vous prendrez pour les jeunes ?

Je suis pour rendre la jeunesse héritière de la société. Je créé un héritage maximum, à 12 millions d’euros (8 siècles de SMIC). Et, au dessus de 12 millions d’euros, je donne tout aux jeunes sous forme d’une garantie d’autonomie de 1063 euros par mois.

93. Si vous deviez citer une décision pour réenchanter la jeunesse qui a tant souffert pendant le Covid ?

D’abord leur donner les moyens matériels de leur émancipation. C’est la garantie d’autonomie. Mais il faut surtout lui permettre de s’orienter dans des études de son choix. Il faudra donc supprimer parcoursup et remettre des moyens dans l’université. Choisir ses études, c’est la liberté de choisir sa vie.

94. Un texte qui parle particulièrement bien de la jeunesse ?

Le discours à la jeunesse de J. Jaurès (1903).

95. Qui est, d'après vous, le plus grand ou la plus grande ministre de l'Éducation de l'histoire ?

Pas de réponse.

96. Qui sera votre ministre de l'Éducation ?

Pas de réponse.

97. Et votre ministre de la Jeunesse ?

Pas de réponse.

98. Quel genre d'élève étiez-vous à l'école ?

Pas de réponse.

99. Avez-vous le bac ? Quel bac ? Avec mention ?

Pas de réponse.

100. Citez un jeune, vivant, qui est un modèle pour vous.

Pas de réponse.

Consultez ici les 💯  propositions des autres candidats qui accepté de répondre à notre questionnaire :