Publicité

Présidentielle 2022 : voici les réponses de Valérie Pécresse aux 💯questions sur la jeunesse

Par
Valérie Pécresse est la candidate des Républicains et des Centristes.
Valérie Pécresse est la candidate des Républicains et des Centristes.

Quelle politique pour les jeunes ces cinq prochaines années ? France Inter et l'association Chemins d'avenir ont posé 100 questions sur l'éducation, l'emploi, l'écologie ou encore les discriminations aux candidats à la présidentielle. Voici les réponses de la candidate de la droite Valérie Pécresse.

Une politique en 💯 questions. France Inter et l'association Chemins d'avenirs ont interrogé les candidats sur leur politique pour les jeunes. Dans cette campagne "Tefal" où rien n'accroche, où les programmes ont du mal à trouver leur place, nous avons demandé à chaque candidat de détailler le plus finement possible la politique qu'il mettra en œuvre, pour les jeunes.

"La première mesure que vous prendrez pour les jeunes ?" "Faut-il revaloriser le salaire des professeurs ?" "Comment intéresser les jeunes à la citoyenneté européenne ?" Ou encore "Que proposez-vous pour atteindre l'égalité salariale dès le début de carrière ?" Tous les thèmes ont été abordés : éducation, baccalauréat, université, citoyenneté, mais aussi emploi, écologie, discriminations, précarité, questions de genre et d'égalité, santé, numérique.

Publicité

Valérie Pécresse est favorable à l'apprentissage des langues régionales à l'école et au développement du programme Erasmus, notamment pour les apprentis. Elle est pour l'assouplissement de la carte scolaire et pour une TVA réduite pour les protections menstruelles. La candidate des Républicains est opposée à l'écriture inclusive et à la dépénalisation des drogues douces. À l'école, Valérie Pécresse était une élève "curieuse" et "travailleuse". Aujourd'hui, le jeune dont elle est le plus admirative est le nageur handisport Théo Curin et elle se retrouve dans le discours de GretaThunberg. Voici l'intégralité de ses 💯 réponses 📣

École et enseignement

1. Faut-il poursuivre le dédoublement des petites classes en éducation prioritaire (grande section, CP, CE1) ?

✅ Oui, mais il faut l’étendre au-delà de la seule éducation prioritaire. Il faut innover avec un dispositif de deux enseignants présents dans la classe là où les besoins l’exigent.

2. Faut-il envoyer des professeurs plus expérimentés dans les établissements d'éducation prioritaire ?

✅ Oui.

3. Faut-il donner plus d'autonomie aux chefs d'établissements (recrutement des enseignants, gestion des absences) ?

✅ Oui, dans mon projet je veux donner plus d’autonomie à tous et je créerai des écoles publiques 100 % innovantes, avec un projet entièrement réalisé par l’équipe pédagogique.

4. Souhaitez-vous assouplir la carte scolaire ?

✅ Oui.

5. Faut-il assouplir les conditions de l'instruction en famille ?

Le contrôle doit être renforcé sur tous ceux qui détournent le principe de l’éducation à domicile, je pense en particulier aux mouvances islamistes.

6. Faut-il un détecteur de CO₂ dans chaque classe ?

✅ Oui.

7. Faut-il mettre en place un vaste service public des stages de troisième ?

✅ Oui. Il faut également rendre obligatoire l’accueil de stagiaire dans toutes les structures d’au moins 10 salariés recevant des financements publics, comme je l’ai fait en Île-de-France.

8. Êtes-vous favorable à l'apprentissage des langues régionales à l'école ?

✅ Oui.

9. Faut-il maintenir et encourager le programme d'échanges européens Erasmus ?

✅ Oui.

10. Êtes-vous plutôt favorable à une évaluation par compétences ou par notes ?

❌ par compétences  ✅ par notes.

11. Êtes-vous pour ou contre le redoublement ?

✅ Pour, lorsque c’est nécessaire et même si cela doit rester exceptionnel.

12. Quelles mesures mettre en place pour limiter le décrochage scolaire ?

Il faut commencer par lutter contre les causes du décrochage et donc renforcer l’apprentissage des fondamentaux au primaire : je souhaite ajouter une heure de mathématiques et deux heures de français par semaine en primaire.

Il faut aussi une action systématique de repérage précoce et individualisé de la difficulté scolaire.

C’est pour cela que je prévois un examen avant l’entrée en 6e et l’inscription dans une classe de 6e de « consolidation des acquis » pour tous les élèves qui ne réussiraient pas l’examen. Les chefs d’établissement devront signaler en temps réel les situations de décrochage dans des fichiers tenus à jour. Des aides seront aussitôt mises en place avec un vrai service public du soutien scolaire, aide aux devoirs, suivi personnalisé, stage de remise à niveau. Ce sera le rôle de la réserve éducative nationale que je souhaite créer. Elle sera composée de professeurs à la retraite rémunérés, mais aussi d’étudiants.

13. Faut-il revaloriser le salaire des professeurs et, si oui, comment et de combien ?

Il ne peut y avoir de saupoudrage. Il faut faire des choix, établir des priorités avec des effets significatifs sur le bulletin de salaire :

  • En début de carrière, il faut augmenter les salaires.
  • Pour tous, le principe sera : plus d’implication c’est plus de rémunération. Tous ceux qui s’engagent dans des territoires ruraux isolés ou des établissements particulièrement difficiles, tous ceux qui acceptent des missions supplémentaires verront leur rémunération augmenter.

14. Au-delà de la rémunération, comment rendre plus attractif le métier d'enseignant ?

Une des clés c’est d’améliorer l’entrée dans le métier : les professeurs seront affectés dans la région où ils ont passé leur concours. Ce sera la fin du bizutage institutionnel qui conduit les plus jeunes dans les établissements les plus difficiles. Je veux aussi améliorer la formation initiale. Enfin, nous devons garantir le respect inconditionnel qui est dû à l’école et aux professeurs : une instruction du garde des sceaux conduira à poursuivre systématiquement tout outrage ou agression de professeur.

15. Comment remédier aux absences récurrentes des professeurs ?

On ne peut pas parler d’absentéisme chronique des professeurs. En revanche il y a de sérieux problèmes d’organisation et de réactivité dans l’organisation du remplacement. Je souhaite la création d’une réserve éducative composée notamment de professeurs retraités qui pourront être mobilisés rapidement pour assurer les remplacements.

16. Que faire pour revaloriser les filières professionnelles et technologiques et les rendre attractives pour les jeunes ?

Il faut repenser la politique d’orientation dès le collège (question 20). Nous généraliserons les stages, y compris pendant les vacances scolaires et également dans l’enseignement général, de la sixième à la terminale. Tous les établissements de France auront la possibilité de donner des conventions de stage aux élèves à n’importe quel moment de l’année.

17. Comment mieux contrôler le privé hors contrat ?

Il est déjà très encadré (condition d’ouverture, qualification des dirigeants, organisation pédagogique, contrôle par l’éducation nationale). Le problème n’est pas d’ajouter des textes mais d’assurer l’effectivité des contrôles existants.

18. Comment mieux prendre en compte le handicap à l'école ?

C’est une question fondamentale à mes yeux. La loi de 2005 a fait un choix crucial sur lequel je ne reviendrai pas : la scolarisation des enfants en situation de handicap est une obligation à laquelle nous ne nous déroberons jamais. La vulnérabilité et la différence font partie de la vie. C’est à nous de progresser encore dans ce domaine. Nous devons sortir les accompagnants spécialisés AESH de la précarité. C’est pour cela que je m’engage à leur donner un véritable statut, et à organiser pour eux de vrais parcours professionnels.

19. Comment éviter les fermetures d'écoles dans les territoires ruraux ?

J’ai pris un engagement clair et ferme : il n’y aura pas de fermeture de classe dans les villages en cas d’avis défavorable du maire.

20. Comment renforcer l'accompagnement des professeurs et des jeunes dans la préparation aux choix d'orientation ?

Il faut repenser la politique d’orientation dans une continuité qui va du collège jusqu’à l’insertion professionnelle. Les plus touchés dans leur parcours par les difficultés d’orientation sont les élèves de milieux défavorisés (seulement 13 % des enfants d’ouvriers sortent de l’enseignement supérieur diplômés d’un bac + 5 ou plus, ce qui est le cas de plus d’un enfant de cadres sur deux). Je souhaite que soient bâtis des contrats d’orientation permettant aux lycéens de réaliser volontairement des stages d’observation durant les vacances scolaires.

Nous confierons totalement la responsabilité de l’orientation aux régions dans le cadre d’une véritable mesure de décentralisation. Les régions travailleront directement en lien avec les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques. Il y aura un référent orientation dans chaque établissement secondaire qui appuiera le travail du chef d’établissement, du professeur principal et du professeur documentaliste en lien avec la région.

21. Comment améliorer la pratique du sport à l'école, jugée "désastreuse" par certains athlètes tricolores après les derniers Jeux olympiques d'été à Tokyo ?

Il faut que l’école permette d’apprendre les fondamentaux sportifs, et notamment la natation. Les mille décès par noyades l’été dernier ne sont pas acceptables. C’est un enjeu de sécurité. De manière générale, je veux lutter contre la baisse inquiétante de la pratique sportive de nos jeunes au cours de leur scolarité. Pour cela, je veux ouvrir les écoles, collèges et lycées au monde sportif : je définirai avec l’éducation nationale et les collectivités locales un plan de conventions entre établissements scolaires ou universitaires et clubs sportifs afin de permettre l’utilisation des infrastructures sportives, l’encadrement des élèves par ces derniers. Je mobiliserai en ce sens les nouveaux établissements publics innovants.

Je créerai également des externats d‘excellence dans les collèges et lycées en zones prioritaires, qui resteront ouverts jusqu’à l’heure du dîner, permettant de travailler, mais aussi de faire du sport et d’accéder à la culture.

22. Comment améliorer le niveau des écoliers français en langues étrangères ?

L’anglais n’est pas seulement une langue étrangère, c’est un incontournable du XXIème comme les mathématiques ou le codage. L’apprentissage de l’anglais ne suffit pas, il faut que nos jeunes puissent apprendre une 2e langue, avec des options plus variées que le duo « espagnol/allemand ». Pour cela, il y aura un plan massif de formation et de certification des enseignants volontaires pour un enseignement en DNL qui permet l’enseignement des programmes dans la langue, une multiplication des partenariats en e-learning, la promotion des projets de coopération et les partenariats internationaux, la mise en place dans chaque département d'un établissement international. Je veux un plan concret : développer le jumelage entre les établissements scolaires du primaire et du secondaire de façon à ce que tous les établissements de France soient, à terme, jumelés avec un ou plusieurs établissements dans d'autres pays de l'Union européenne en fonction des langues enseignées.

Chaque élève devrait idéalement avoir la possibilité de faire au moins un échange au collège et un échange au lycée et, si possible, davantage tout en ayant en permanence des correspondants dans d'autres pays de l'Union européenne.

23. Le taux de chômage et le taux d'échec scolaire sont deux fois plus élevés dans les outre-mer qu'en métropole : que faire ?

Les mesures que je mettrai en place au plan national permettront de s’attaquer à ces deux fléaux, je pense notamment au Revenu Jeune Actif.

24. Que faut-il faire pour que les élèves soient meilleurs dans leur expression à l'oral ?

La maîtrise de l’expression orale ne peut se limiter à la préparation d'un Grand oral pour le baccalauréat. C’est d’autant plus important que la question de la capacité des élèves à prendre la parole en public de façon claire, argumentée et convaincante croise comme trop souvent celle des inégalités sociales.

On doit enseigner les bases de la rhétorique et de l’éloquence dès le primaire, mais l’oral est typiquement une compétence transversale qui doit être travaillée dans chacune des disciplines, notamment bien sûr les langues. Cette exigence doit s’appuyer sur un travail de l’élève préparé, dès les premiers temps de la scolarité, en amont avec les professeurs sur la base de tous les exercices qui encouragent la prise de parole : travaux individuels (récitations au primaire, puis exposés, témoignages d’expérience) mais aussi sur travaux collectifs que l’on pratique trop peu (par exemple des études de cas avec restitution orale).

Je crois aussi que cela passe beaucoup par les pratiques artistiques et culturelles que j’entends soutenir (club lecture, ateliers théâtre, concours d’éloquence). Je veux des projets d’éducation artistique et culturelle à tous les stades de la scolarité.

Baccalauréat, université et Parcoursup

25. Faut-il revenir sur la réforme du baccalauréat instaurée sous le quinquennat d'Emmanuel Macron ?

✅ Oui. La réforme du baccalauréat n’est pas actuellement aboutie : les parents et élèves ont souvent reconstitué les anciennes filières et les établissements ne proposent pas toutes les spécialités. Elle a surtout eu d’importants effets pervers : forte baisse des heures d’enseignement de mathématiques (voir question 26) ; risques d’inadéquation entre les choix de spécialités effectués en fin de 2nde et les exigences des filières post-bac ; faiblesse du nombre de filles dans les matières scientifiques.

Les élèves et les personnels sont fatigués du changement permanent. Plutôt qu’une réforme de plus, nous proposons d’améliorer le dispositif actuel de manière pragmatique : maintenir le principe de la liberté de choix de spécialités, afin de garder ce qui dans la réforme va dans le sens d’une plus grande autonomie des élèves ; renforcer le conseil à l’orientation confié à la Région, et ce dès le collège ; réintroduire dans le tronc commun un enseignement de base de mathématiques (cf question 26) ; laisser aux établissements, dans le cadre de leur autonomie accrue, la liberté de proposer aux élèves des modules cohérents d’organisation des spécialités ; dans le cadre des nouveaux Établissement Publics innovants : possibilité de constituer dans un lycée un projet pédagogique sur un groupe de disciplines : par ex. des lycées « Math + » « Humanité + » « Sports + » ou « Art + ».

26. Faut-il réinstaurer des mathématiques dans le tronc commun au-delà de la classe de première ?

✅ Oui. J’ai été la première à annoncer, le 5 février, cette mesure pour enrayer les effets négatifs de la réforme du baccalauréat. J’ai rappelé que le nombre d’élèves suivant un enseignement mathématique a chuté fortement. L’année du bac, 40 % des lycéens ne font plus du tout de maths. Avant la réforme la série S était à quasi parité (48% de filles en S) et qu’avec la réforme la part des filles en spé math est passée à 38%.

27. Faut-il revoir le calendrier des épreuves du baccalauréat ?

✅ Oui. Il faut permettre que les épreuves des EDS aient lieu avant la clôture de Parcoursup. Cette année, la décision de report au mois de mai des épreuves de spécialités, implique que celles-ci ne pourront être prises en compte pour Parcoursup. Le dossier Parcoursup reposera uniquement sur le contrôle continu, ce qui accroît encore la pression.

28. Faut-il réformer Parcoursup et, si oui, dans quel sens ?

Parcoursup aujourd’hui n’est pas transparent. C’est ainsi que les lycéens ne savent pas sur quels critères s’effectuent les choix des établissements d’enseignement supérieur lorsque le nombre de place est limité et qu’ils font des choix à l’entrée. Je m’engage à rendre Parcoursup transparent en exigeant que ces critères (ce qu’on appelle aussi les algorithmes locaux) soient publiés. Les universités doivent clarifier leurs exigences.

29. Comment faciliter les changements de filière et les réorientations lors des études supérieures ?

Pour cela il faut mettre en place des passerelles entre toutes les filières mais aussi généraliser le principe de « crédits » capitalisables qui pourront être transférés d’une filière à l’autre pour ne pas perdre ses acquis en cours de cursus.

30. Face à l'augmentation du nombre de bacheliers, faut-il augmenter le nombre de places dans l'enseignement supérieur ?

Aujourd’hui, le problème n’est pas tellement le nombre de places mais la mauvaise adéquation entre les places disponibles et les souhaits des lycéens. Pour cela, je demanderai qu’un travail soit effectué pour améliorer l’information et l’orientation au lycée pour que les lycéens connaissent mieux les filières et leurs débouchés, avec la publication des taux de réussite et d’insertion professionnelle. Je demanderai aussi aux établissements de mieux adapter leur offre de formation aux débouchés réels, et ils seront évalués sur leur capacité à assurer l’insertion professionnelle de leurs étudiants.

31. Faut-il maintenir le remboursement des frais de psy pour les étudiants ?

✅ Oui.

32. Quelles sont les mesures nécessaires, selon vous, pour améliorer la santé mentale des étudiants, mise à rude épreuve avec le Covid, les restrictions et les confinements ?

La santé mentale sera une des trois grandes causes de mon quinquennat en matière de santé, avec notamment la création d’un Institut national de la santé mentale pour favoriser les innovations thérapeutiques. La santé mentale en France était déjà dans un état extrêmement dégradé avec 1 français sur 4 concerné, 8,8 millions de français souffrant de dépression, une espérance de vie réduite en moyenne de 15 ans. Et ça, c’était avant la Covid qui a augmenté le nombre des Français souffrant de troubles anxieux et dépressifs de plus de 30%, les addictions de 50% et même les burnout de 66%.

La santé mentale sera une des trois grandes causes de mon quinquennat en matière de santé.

Si toute la population a souffert, les jeunes ont été parmi les plus touchés. Présidente de Région, je m’en suis occupée de façon très concrète dès janvier 2020 en soutenant une initiative de la Fondation FondaMental pour les étudiants, Écoute Étudiants Ile de France, une plateforme à la fois très solide scientifiquement et très simple d’utilisation qui est un vrai succès. Présidente de la République, je souhaite étendre ce type d’initiative à tout le pays. Je prendrai également les moyens de prévenir les conséquences psychiatriques des Covid longs, qui même légers, peuvent avoir des conséquences différées dans le temps sur la santé mentale. Toutes ces actions seront appuyées par une grande campagne nationale pour déstigmatiser, expliquer que dans une telle situation il n’est pas anormal de ne pas aller bien mais qu’il y a des solutions, et les mettre à la disposition de tous les jeunes, dans tout le pays.

33. Faut-il favoriser davantage l'alternance, et comment ?

L’alternance est désormais plébiscitée par les jeunes dans leur parcours post bac. Il faut être plus volontariste au niveau des lycées professionnels : je fixe un objectif de 100% des formations en lycée professionnel en alternance d’ici 2027. Je veux également développer les aides à l’apprentissage pour les petites et moyennes entreprises qui forment un apprenti. Enfin, je suis favorable à l’apprentissage sous statut scolaire, à partir de la troisième y compris si le collégien à 14 ans. Il ne faut pas lui faire perdre un an.

34. Comment limiter le décrochage toujours massif en première année de fac ?

Pour cela il faut demander aux filières d’indiquer quels sont les prérequis pour réussir et les communiquer dès le lycée aux élèves. Il faut aussi permettre de réaliser une licence universitaire en deux, trois ou quatre ans, pour assurer une meilleure réussite en fonction des profils.

35. Faut-il instaurer de nouvelles matières au lycée par exemple : (cours d'initiation au droit, cours anti-fake news, cours de codage) et si oui, lesquelles ?

Les programmes sont déjà bien chargés. Il faudra faire des choix. Mais il y a des priorités : les langues dès le primaire, et le codage dès le collège. L’apprentissage du bon usage du numérique devra être plus présent dans les programmes.

Valérie Pécresse a participé à l'émission des "Candidats et des jeunes" sur France Inter le 22 février.
Valérie Pécresse a participé à l'émission des "Candidats et des jeunes" sur France Inter le 22 février.
© Radio France - Julien Michel

Citoyenneté

36. Êtes-vous favorable à un service civique obligatoire ?

Non. Le sens du service civique est celui de l’engagement. Le rendre obligatoire dénaturerait la nature même du service civique. Cependant, nous devons aller vers une généralisation, c’est-à-dire permettre à tous les jeunes qui le souhaitent de pouvoir réaliser un service civique. C’est la raison pour laquelle je souhaite augmenter à minima de 50% le nombre de services civiques d’ici à la fin du quinquennat.

37. Êtes-vous favorable au droit de vote dès 16 ans ?

Non.

38. Faut-il rendre le droit de vote obligatoire, notamment pour les jeunes ?

Non.

39. Faut-il supprimer les aides sociales lorsque les mineurs commettent des délits comme le font certaines communes ?

✅ Oui, quand toutes les solutions de remédiation ont été rejetées, les parents doivent prendre leur part de responsabilité. L’éducation est une responsabilité partagée. Je généraliserai les conseils des droits et devoirs des familles autour du maire qui chercheront la meilleure solution pour les enfants en difficulté et pourront aller jusqu’à demander la suppression des allocations familiales des parents.

40. Que proposez-vous pour que les jeunes s'intéressent plus à la politique et s'engagent ?

La question de l’intérêt pour la vie politique ne se limite malheureusement pas à la jeunesse aujourd’hui. C’est pourquoi je propose par exemple un référendum d’initiative populaire. S’agissant des jeunes plus spécifiquement, je proposerai une grande consultation de la jeunesse dès le début du quinquennat, à tous les échelons de la décision publique, sur le plan local comme national. Je veux que la jeunesse de France ait voix au chapitre dans mon quinquennat car il s’agit de construire l’avenir du pays. C’est ce que j’appelle “la Nouvelle France”.

41. Comment mieux lutter contre la faible participation des jeunes aux scrutins ?

C’est un travail de dialogue constant avec la jeunesse qu’il faut avoir. Et pour que les jeunes participent, il faut orienter le débat vers les sujets qui les mobilisent, je pense notamment à la protection de l’environnement.

42. Comment intéresser les jeunes à la citoyenneté européenne ?

Je suis attachée au programme Erasmus y compris pour les apprentis, et j’ai porté puissamment dans ma Région la mobilisation des fonds européens. L’Europe est utile à condition de se donner les moyens de s’en servir, mais aussi de la réformer. Je ne suis ni fédéraliste ni eurosceptique. Il ne faut pas opposer la France et l’Europe : je revendique d’être à la fois patriote et européenne. C’est cela, mon message à la jeunesse sur cette question.

43. Comment améliorer l'engagement des jeunes dans la vie associative et auprès de la société civile ?

J’encouragerai et reconnaîtrai l’engagement des jeunes, notamment associatif, durant le parcours scolaire. Je suis favorable à une option "engagement de 30 heures annuelles au baccalauréat". Cet engagement au cours de la scolarité continuera à l’université, avec une valorisation de cet engagement dans Parcoursup. Nous déploierons également plus largement le service civique, avec une augmentation de 50% des offres, pour que tous les jeunes qui souhaitent en réaliser un puissent le faire.

Discriminations, égalité des chances

44. Êtes-vous favorable à une campagne de communication géante contre les discriminations, comme le réclament plusieurs associations et collectifs ?

La lutte contre les discriminations sous toutes ces formes est essentielle, qu’elles soient en raison du sexe, de l’origine, de la religion ou de l’orientation sexuelle. J’ai un engagement constant et ancien sur ce thème. Pour moi, chacun a la même dignité et doit avoir les mêmes chances de réussir. C’est ce que j’appelle "la promesse républicaine".

L’égalité entre les hommes et les femmes sera en particulier un axe fondamental de mon quinquennat.

45. Faut-il donner plus de pouvoir et de visibilité à l'Observatoire des discriminations ?

Le sujet essentiel, ce n’est pas de donner davantage de moyens à un observatoire, mais de donner la même chance de réussir à chacun et de lutter activement contre les discriminations par les moyens juridiques adéquats.

46. Au-delà de cet observatoire, faut-il mettre en place une cellule ou une brigade spéciale pour lutter contre les discriminations ?

Il est nécessaire de former et de donner les moyens aux forces de l’ordre et à la justice de lutter contre les discriminations, où qu’elles soient perpétrées et quelles que soient leurs formes. À la Région Ile-de-France, j’ai par exemple mis en place une politique d’assistance et d’aide juridique aux victimes, ainsi que des actions de testing pour lutter contre les discriminations.

47. Êtes-vous favorable à des quotas réservés aux étudiants sur des critères territoriaux (quartiers défavorisés, zones rurales) dans les grandes écoles ?

❌ Non. Mais je souhaite généraliser tous les dispositifs qui permettent de faire vivre la promesse républicaine, comme les cordées de la réussite, pour lesquelles j’ai été pionnière en Île-de-France.

48. Plus d'un jeune sur trois est victime de discrimination à la première embauche. Faut-il durcir les sanctions ?

Nous devons soutenir l’entrée sur le marché au travail des jeunes. C’est une absolue nécessité. Nous n’y arriverons pas par des sanctions nouvelles. Nous devons former nos jeunes, nous devons leur ouvrir tous les possibles et les accompagner dans leurs projets d’études et de formation. C’est pour cela que je propose notamment la création d’une Banque des Jeunes avec un remboursement différé tant que les jeunes n’ont pas atteint un niveau suffisant de salaire.

49. Comment réduire les fractures territoriales entre jeunes urbains et jeunes ruraux, concernant leurs perspectives et choix d'avenir ?

Tous les jeunes de France doivent avoir les mêmes chances et les mêmes perspectives. Le Revenu Jeunes Actifs et la Banque Nationale des Jeunes doivent permettre cet élan. Il n’y aura ainsi plus d’inégalités de destin, et plus de frein financier à la poursuite des études. Nous donnerons à chaque jeune une véritable chance de réussir.

C’est la raison pour laquelle je veux refaire de l’école de la République un puissant levier d’intégration et de mobilité sociale. Il faut combler les lacunes qui apparaissent dès l’école primaire, avec des élèves qui arrivent au collège sans savoir lire, écrire ni compter.

Nous devons mieux préparer au monde du travail durant le cursus scolaire notamment en développant une orientation personnalisée qui sera confiée à des intervenants missionnés par les régions. Il est également nécessaire de renforcer l’accompagnement à l’orientation, notamment avec les dispositifs de mentorat et l’ouverture du service civique pour tous les jeunes qui le souhaitent. J’ai par exemple porté comme Ministre le dispositif de cordées de la réussite.

D’autres mesures puissantes dans mon projet viennent réduire ces fractures territoriales et générationnelles : je pense par exemple à l’extension du PTZ+ sur tout le territoire pour les primo-acquérants ou encore à l’exonération des droits de succession pour 95% des Français, et l’accélération des transmissions des grands parents, parents, oncles, tantes, frères, sœurs. C’est un véritable choc de transmission au bénéfice des jeunes générations que je porte.

50. Comment faciliter l'accès des élèves des zones rurales à l'enseignement supérieur ?

Pour cela, il faut rapprocher une partie de l’offre de formation et travailler avec les milieux économiques pour que des formations courtes, de préférence en alternance, puissent être ouvertes en ruralité. Par ailleurs, avec les conseils régionaux, nous proposerons "l’université au lycée" qui permettra d’accueillir dans les lycées des territoires ruraux des premières années universitaires.

51. Vous engagez-vous à investir la même somme pour chaque enfant, quel que soit son territoire d'origine ?

✅ Oui, et plus largement je veux que pour chaque euro dépensé pour la politique de la ville il y ait un euro pour la politique de la ruralité.

52. Comment aider les jeunes à mieux se loger et plus facilement ?

Je porte une mesure ambitieuse d’extension du Prêt à Taux Zéro, partout sur le territoire, pour permettre notamment aux jeunes couples d’acheter leur premier logement. Je renforcerai également la construction de logements étudiants. J’utiliserai aussi le Bail Réel et Solidaire qui permet de ne pas acheter le terrain.

Droits des femmes, égalité femmes-hommes, genres

53 Vous engagez-vous à ne pas avoir de ministre accusé de violences sexuelles dans votre gouvernement ?

Pas de ministre mis en examen. Il ne faut pas encourager les fausses accusations.

54. Êtes-vous favorable à l'écriture inclusive ?

❌ Non, je l’ai d’ailleurs proscrite dans tous les documents de ma Région.

55. Êtes-vous favorable à un renforcement des critères de l'index égalité qui mesure les égalités femmes-hommes dans les entreprises ?

Oui.

56. Faut-il instaurer des cours de prévention sur les violences conjugales, sexistes et sexuelles, par exemple au collège ou au lycée ?

Oui.

57. Êtes-vous favorable à un nouvel allongement du congé paternité ?

Plutôt oui mais les financements ne sont pas là. Je considère que les dernières décisions sur ce point vont dans le bon sens.

58. Êtes-vous favorable à la mise en place d'un droit opposable à la garde d'enfants, pour permettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Pas de loi inapplicable et donc inappliquée. Pour aller vers un tel droit, mais il faudrait qu’il puisse être effectif. Je privilégie l’aide à tous les modes de garde.

59. Que proposez-vous pour atteindre l'égalité salariale dès le début de carrière ?

Dans ma région, j’ai mis en place un fonds de rattrapage des rémunérations pour parvenir à l’égalité salariale. Je souhaite généraliser ce type d’initiatives.

60. Neuf jeunes femmes sur dix ont déjà subi des violences (sexuelles, physiques ou psychologiques) dans leur couple. Que proposez-vous pour lutter contre ce fléau ?

Je veux combattre résolument les violences faites aux femmes. Nous devons lutter sans relâche contre ce fléau. Pour cela j’entends prendre deux mesures fortes dès les 100 premiers jours de mon mandat. D’abord, je nommerai des juges spécialisés pour les violences intra- familiales sur le modèle espagnol, qui permettront que toute ordonnance de protection soit enfin rendue en moins de six jours, comme le prévoit la loi, et sous 24h pour les cas les plus graves. Ensuite, je poursuivrai l’effort de logement pour mettre à l’abri les femmes, comme je l’ai fait en Île-de-France.

61. Comment mieux lutter contre le harcèlement de rue ?

Toutes les formes de harcèlement doivent être combattues, dans la rue comme sur les réseaux sociaux.

62. Comment mieux lutter contre les stéréotypes de genre à l'école ?

Ce qui importe c’est l’égalité homme femme, la lutte contre les discriminations, et cela fait partie des programmes d’éducation civique. Les associations ont aussi un rôle à jouer.

63. Comment mieux prendre en compte les élèves transgenres dans les établissements scolaires ?

L’école est la même pour tous, elle est indifférente aux questions de genre, d’orientation sexuelle, de race, conformément au modèle universaliste français qui est le nôtre et que nous voulons préserver.

Santé

64. Êtes-vous favorable à la dépénalisation des drogues douces ?

❌ Non. Regardons la réalité en face. Les drogues sont dangereuses pour la santé. C’est un fléau pour notre jeunesse : En France la consommation de drogues a notablement augmenté depuis les années 90. Le toxique le plus consommé est le cannabis (80% des consommateurs). La consommation de cannabis diminue fortement les capacités de mémorisation et d’apprentissage. Elle concerne 3,9 millions de consommateurs, dont 1,2 million de consommateurs réguliers. À l'âge de 16 ans, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe. C’est une des causes principales du décrochage. Tous les experts soulignent les « effets redoutables du cannabis, dont la banalisation actuelle dissimule la dangerosité ». Il ne peut y avoir d’accommodement avec un sujet aussi grave.

65. Êtes-vous favorable à la gratuité des protections menstruelles ?

J’ai proposé d’appliquer le taux de TVA super réduit à 2,1% dans le commerce et je suis favorable à des distributeurs gratuits dans les établissements scolaires et universitaires, comme je l’ai fait dans tous les lycées de ma région.

66. Quelles mesures proposez-vous pour lutter contre l'obésité des jeunes ?

Je souhaite engager une révolution de la politique de la prévention en confiant son pilotage et son déploiement aux départements, en doublant les moyens dédis à la prévention et en faisant de l’entreprise et de l’école les premiers lieux de prévention. Pour lutter spécifiquement contre l’obésité et la sédentarité, je souhaite que des partenariats entre chaque école et des clubs sportifs soient conclus. L’éducation au sport et à la santé doit être promue dans tous les espaces de vie et largement encouragé. Les chiffres récents sont inquiétants, la sédentarité des jeunes est une bombe sanitaire à retardement. En outre, je souhaite que des actions soient conduites tendant à supprimer progressivement la publicité pour les produits gras, salés ou sucrés des programmes vus par les enfants.

L’éducation nutritionnelle est un enjeu essentiel et commence dès l’école : la restauration scolaire sera ma priorité pour valoriser le bien manger et les produits locaux.

67. 17% des étudiants renoncent à des soins, faute d'argent. Que leur proposez-vous ?

L’amélioration de l’accès aux soins sera le cœur de ma politique de santé. Je ne me résous pas à ce que tant de jeunes renoncent à se soigner pour des raisons financières. C’est pour cela qu’une action tendant à mieux faire connaitre aux jeunes leurs droits d’accès à une complémentaire santé sera conduite et je renforcerai la médecine de proximité, accessible au plus près des territoires.

69. Un panel de moyens de contraception sont désormais gratuits pour les femmes de 18 à 25 ans. Faut-il aller plus loin ?

La prise en charge des moyens de contraception implique une consultation chez un professionnel de santé (médecin, sage-femme) puis chaque année pour le renouvellement de l’ordonnance. Pour qu’il existe un véritable recours à ce dispositif il faut renforcer l’accès aux soins de 1ers recours, comme le prévoit mon programme « Zéro Désert de santé : moins de délais, moins de trajet ».

Au-delà, face aux besoins de santé des Français et des jeunes, je souhaite utiliser toutes les ressources de notre système de santé et améliorer l’accès aux soins par une politique assumée de délégation de tâches. En matière de contraception, je souhaite ainsi que nous puissions expérimenter la délivrance de certains contraceptifs oraux par les pharmaciens notamment, sans prescription médicale préalable, comme c’est déjà le cas en Angleterre par exemple avec les progestatifs.

Enfin, une chose me tient particulièrement à cœur sur la santé des femmes : la reconnaissance de l’endométriose comme une affection de longue durée.

70. Les infections sexuellement transmissibles sont en hausse chez les 15-24 ans, comment améliorer la sensibilisation des jeunes sur ces questions ?

Ce point nécessite un suivi épidémiologique renforcé et nous avons encore beaucoup à faire sur ce sujet : la vaccination contre les HPV est le témoin de ce manque de sensibilisation des jeunes, avec une des couvertures vaccinales les plus faibles d’Europe (32,7% vs +80% au Royaume Uni). Avec la crise sanitaire, les dépistages IST sont en chute de 30%, ce qui est très préoccupant. Je souhaite donc donner les ressources nécessaires aux acteurs de la prévention afin de mener à bien cette mission (proposition de doubler les moyens consacrés à la prévention), conduire une approche de prévention au plus près du terrain et des jeunes en redonnant aux collectivités locales la main sur les actions de prévention à mener sur leur territoire. Enfin, pour adresser une prévention efficace auprès d’une population jeune, je développerai l’utilisation des outils numériques.

71. Comment prévenir les suicides, en augmentation chez les jeunes ?

Le suicide est la deuxième cause de mortalité des jeunes et cela ne peut plus durer. C’est la violence la plus extrême pour les jeunes, leurs parents, leurs amis. Ces tragédies peuvent être liées à des problèmes familiaux, comme à des situations de harcèlement. Fondamentalement, ils posent la question du mal être des jeunes dans la société d’aujourd’hui. Je mettrai toute mon énergie à lutter contre ce fléau qui est un véritable drame humain.

Emploi et précarité

72. Êtes-vous favorable à l'instauration d'un revenu minimum universel à partir de 18 ans ?

❌ Non. Je propose la création du Revenu Jeunes Actifs : les jeunes qui s’engageront dans une vraie formation qualifiante dans les seuls secteurs en tension recevront en contrepartie une rémunération de 670€ par mois. Cela permet aux jeunes de se former, de s’insérer sur le marché du travail et d’être accompagnés, sans tomber dans l’assistanat.

73. Que faut-il faire pour que le chômage des jeunes continue à diminuer ?

Pour que le chômage des jeunes diminue réellement et surtout durablement, il faut d'abord profondément reprendre en mains l'orientation et le faire de A à Z. Le système actuel d'orientation des jeunes est monstrueux : on envoie des jeunes dans des formations parking ou dans des filières qui ne recrutent pas. Il faut donc rapprocher le monde de l'entreprise de l'école. Les entreprises doivent expliquer leurs métiers, donner envie et rassurer sur l'avenir.

Ensuite, le problème du chômage des jeunes concerne surtout celui des peu ou pas qualifiés. Nous devons les aider à se former dans les métiers qui recrutent et ils doivent pouvoir le faire dans des conditions décentes. C'est ce que je propose avec le Revenu jeunes actifs que j'ai mis en place en Ile-de-France et qui produit des résultats alors que l'emploi des jeunes a été particulièrement frappé dans ma région.

Enfin, les jeunes ont besoin d'avoir confiance en l'avenir et savoir que le "champ des possibles" est vraiment ouvert. Nous devons redevenir un pays de créateurs et d'innovation, une société d'entrepreneurs. Je veux faciliter cela et pas que pour les diplômés des écoles de commerce ou d'ingénieurs. L'entrepreneuriat, c'est aussi l'artisanat, le commerce de proximité. Des générations de commerçants vont passer la main. Les jeunes peuvent saisir des opportunités. La banque des jeunes que je propose aidera à se lancer dans la vie, acquérir son autonomie.

74 Comment attirer plus de jeunes vers les métiers de l'agriculture ?

C'est un enjeu majeur car la moitié des agriculteurs partiront à la retraite dans les 10 ans qui viennent. D'ailleurs la transmission des exploitations agricoles fait partie des toutes premières priorités de mon programme agricole pour que notre agriculture reste vivante, à taille humaine et partout présente dans nos territoires. Attirer les jeunes vers ces métiers est donc un défi de souveraineté alimentaire et d'équilibre de nos territoires pour le prochain mandat.

Je faciliterai la transmission à des jeunes grâce à l'allègement de la fiscalité qu’il s’agisse d’une cession dans le cadre familial ou en-dehors et je permettrai au cédant de rester sur l’exploitation quelques années pour former son successeur.

Au-delà des facilités apportées à la reprise des exploitations, on attirera les jeunes vers les métiers de l'agriculture quand la société se réconciliera avec ses agriculteurs et qu'elle saura manifester sa reconnaissance envers ceux qui nous nourrissent. L'agribashing fait du mal à la génération d'agriculteurs blessés par les attaques de tous les procureurs qui les accusent et salissent leur métier, mais il hypothèque aussi la foi et l'engagement de la suivante. Je veux bâcher l'agribashing et rendre fierté et respect à toutes ces femmes et ces hommes pour qui le travail de la terre est une passion.

75. Comment favoriser l'inclusion des jeunes dans la gouvernance des entreprises ?

Là aussi, je porte une approche globale, avec par exemple l’augmentation de la participation dans les entreprises, ainsi que la volonté de favoriser l’actionnariat salarié. Je veux aussi encourager les jeunes qui le souhaitent à se lancer et à créer leur activité. C’est une des missions confiées à la Banque des Jeunes que je créerai. Je veux aussi généraliser les junior entreprises dans les universités.

Je veux également créer un identifiant entrepreneur pour tous les jeunes Français à leur 16 ans afin de leur donner le goût d’entreprendre.

76. Êtes-vous favorable au permis de conduire dès 16 ans ?

Oui, absolument. Et j’encouragerai tous les dispositifs qui permettent de prendre en charge tout ou partie du coût du permis de conduire pour les jeunes. Et le passage du code au lycée.

77. Comment faire baisser le coût du permis de conduire pour les jeunes ?

L’accès au permis de conduire est aujourd'hui un frein pour de nombreux jeunes lors de leur entrée dans la vie active. Comme je l’ai fait en Ile-de-France, je renforcerai les dispositifs de prise en charge et de financement du permis de conduire pour les jeunes, notamment pour ceux qui sont dans des parcours d’insertion. Par ailleurs, je souhaite abaisser les surprimes d’assurance imposées aux jeunes conducteurs.

78. Comment favoriser l'activité physique des jeunes ?

75% des jeunes sont considérés comme sédentaires, et ont une activité physique quotidienne inférieure à 60 minutes. Ces chiffres sont inquiétants et dangereux pour les nouvelles générations. Nous devons favoriser l’activité physique tout au long de la vie, à l’école, à l’université, en milieu professionnel. Nous devons encourager le rapprochement entre les clubs et les établissements scolaires et encourager les équipes éducatives à renforcer la pratique sportive. Les Jeux de Paris 2024 sont un formidable moyen d’encourager la pratique.

79. Quelles mesures prendrez-vous pour améliorer la mobilité des jeunes (transports en commun, vélo, etc.) ?

Il existe beaucoup de dispositifs en soutien à la mobilité des jeunes. Comme Présidente de Région, j’ai veillé à ce que ces dispositifs restent accessibles au plus grand nombre et au meilleur tarif. J’ai aussi mis en place une aide à l’achat de vélos électriques ainsi que de la location de vélos électriques longue durée. Je n’oppose pas d’ailleurs les modes de transport entre eux : j’ai aussi mis en place le permis de conduire gratuit pour les jeunes en insertion, car c’était souvent un frein à l’accès à un emploi. Si je suis élue, je continuerai dans le même état d’esprit à favoriser au maximum la mobilité des jeunes.

Culture et numérique

80. Êtes-vous favorable à une augmentation du montant du pass culture ?

Non.

81. Plus globalement, comment mieux permettre aux jeunes d'accéder à la culture ?

Il existe déjà des tarifs réduits pour les jeunes : Nicolas Sarkozy a instauré la gratuité d'entrée dans les musées nationaux pour les jeunes de moins de 26 ans, par exemple. Mais les freins à l'accès à la culture ne sont pas seulement économiques, ils sont culturels et sociaux. Pour que les jeunes accèdent à la culture, il faut leur en donner le goût : de la maternelle à l'université, chaque jeune bénéficiera de pratiques artistiques, de présence d'artistes dans les écoles, aura accès à des concerts, des films, des pièces de théâtre, visitera des musées dans le cadre scolaire. C'est une mesure puissante d'accès à la culture pour tous. J’instaurerai la TVA à 5,5% sur les biens culturels (musique, musées, théâtres privés…).

82. Chaque lycéen doit-il être doté d'une tablette numérique ?

Oui il faut doter les lycées d’un ordinateur portable comme je l’ai fait en Île-de-France pour mettre tous les lycéens sur un pied d’égalité et les préparer au monde du travail et à l’enseignement supérieur ! Et il faut travailler en réelle concertation avec les collectivités pour l’équipement des établissements et des élèves. Mais cela ne suffit pas. Il faut s’appuyer davantage sur des ressources numériques éducatives de qualité grâce au dynamisme des Edtechs françaises, c’est aussi un enjeu de souveraineté. Il faut aussi assurer l’équipement numérique de tous les professeurs et renforcer la formation initiale et continue des professeurs en matière de numérique

83. Faut-il revenir sur l'interdiction du téléphone portable au collège ?

Non.

84. Faut-il réguler davantage l'utilisation des réseaux sociaux pour les mineurs ? Pour les moins de 15 ans ?

Une de mes grandes ambitions c’est de réduire les normes et régulations qui étouffent notre pays…. Mais s’il y a bien un sujet sur lequel j’assume de réguler davantage, c’est la protection de l’enfance face à l’addiction numérique. Ce sera une grande priorité. Il faut une prise de conscience !

Pourquoi ? Vous savez que les grands acteurs du numériques investissent des milliards de dollars pour créer les systèmes les plus addictifs en mobilisant les meilleurs neuroscientifiques mondiaux. C’est l’économie de l’attention. C’est la guerre pour le temps de cerveaux disponibles. On ne peut pas les laisser s’emparer de cerveaux qui ne sont pas encore formés.

Je proposerai au Parlement de voter un code pour la protection numérique de l’enfance sur le modèle de ce qu’ont fait nos voisins britanniques.

85. Comment mieux lutter contre le cyber-harcèlement ?

On a progressé et notamment avec un règlement européen en cours d’adoption consacrée aux services numériques qui renforcera l’obligation de modération sur les réseaux sociaux. Mais il reste beaucoup à faire !

Ma philosophie est simple : je serai en première ligne pour combattre le harcèlement dans la rue ou sur Internet.

Je vois quatre pistes à approfondir très vite :

  • Former : je reverrai la formation des enseignants et des élèves pour intégrer les enjeux de harcèlement en ligne, protection de la vie privée
  • Accompagner : on a un numéro vert (3018), une app…il faudrait rendre obligatoire l’installation de cette appli sur tous les portables pour vos âges…
  • Sanctionner : je créerai un parquet national cyber qui devra aussi traquer et obtenir la condamnation de cyber-harceleurs…
  • ... et je simplifierai la plainte en ligne sur ces sujets.

Écologie

86. Soutenez-vous le combat de Greta Thunberg ?

Oui. C’est une voix qui compte parmi les jeunes. Mais l’incantation ne suffit pas, il faut des solutions concrètes.

87. Faut-il encourager les actions militantes menées par des organisations de jeunesse pour le climat ?

Il est souhaitable que les jeunes se mobilisent pour l’avenir de notre planète et ces manifestations doivent rester dans un cadre légal.

88. Comment favoriser l'éducation et la formation des jeunes à l'écologie et la lutte contre le dérèglement climatique ?

Les jeunes sont déjà très sensibilisés à ces questions. Le rôle qui revient à l’école c’est d’instruire à ces questions, de former les esprits à l’analyse critique, bref de contribuer à la connaissance et au savoir. Tous les programmes, dans leurs disciplines respectives, doivent y contribuer.

89. Comment encourager les écogestes chez les plus jeunes, par exemple dans les établissements scolaires ?

On ne doit pas tout décréter depuis le centre. La proximité est la clé. Chaque établissement dans le cadre de son autonomie doit pouvoir choisir des solutions innovantes en fonction de ses caractéristiques propres :  son territoire, sa population, son histoire, l’engagement de ses équipes pédagogiques, bref de son projet. Ici des éco-délégués élus par leurs pairs, là l’installation de ruches, ailleurs du soutien aux associations, les belles initiatives ne manquent pas.  Les jeunes ont de l’énergie et de l’engagement à revendre.

90. Comprenez-vous la colère des jeunes qui considèrent que votre génération est responsable de l'état actuel de la planète ?

Oui car nous avons une dette écologique que nous transférons aux générations futures, de la même manière qu’il y a une dette financière, creusée lourdement sous ce quinquennat. Elles ont raison de nous interpeller vigoureusement. Mon projet est clair, net et précis : la neutralité carbone en 2050. Pour tenir cette trajectoire, il faut assumer de maintenir et de continuer à investir dans le nucléaire, car sans cela, nous continuerons à avoir recours aux énergies fossiles. Je suis aussi engagée pour le développement des énergies renouvelables et des filières d’avenir comme l’hydrogène vert. Ma priorité, c’est la lutte contre le dérèglement climatique, et je m’en donne les moyens sans tomber dans la décroissance qui détruirait l’économie et l’emploi de demain. Je crois à une écologie de progrès.

91. Quelles mesures prendre contre la pollution numérique qui touche beaucoup les plus jeunes ?

S’il y a une urgence numérique, il y a aussi une urgence climatique. Vous êtes très engagés pour le climat ! Aujourd’hui, on constate que l’empreinte environnementale du numérique explose. Vous pouvez faire plus encore en adaptant vos pratiques numériques !

Il y a des choses qu’on peut faire collectivement par l’action publique : je soutiendrai une filière de la réparation et du reconditionnement des équipements informatiques en créant un « Chèque récupération » de 10 € pour les smartphones. Est-ce que vous imaginez qu’il y a 110 millions de téléphones stockés dans les tiroirs des Français ? La réparation et le reconditionnement doivent devenir un réflexe ! Il y a aussi des actions qui relèvent du choix individuel : faites votre propre bilan environnemental et fixez-vous des objectifs pour réduire votre propre pollution numérique.

Questions personnelles

92. La première mesure que vous prendrez pour les jeunes ?

Je lancerai les travaux pour mettre en place la Banque des Jeunes, qui donnera la même chance de réussir à chaque jeune quelle que soit son origine, son milieu social ou son territoire.

93. Si vous deviez citer une décision pour réenchanter la jeunesse qui a tant souffert pendant le Covid ?

Mon projet est un projet d’espoir pour la jeunesse. J’ai dit que je voulais donner la parole à la jeunesse dès le début de mon quinquennat, par une grande consultation. Je rappellerai au début de cette consultation mes projets pour la jeunesse. Nos jeunes verront que les décideurs politiques s’intéressent à eux. Ce sera un signal fort.

94. Un texte qui parle particulièrement bien de la jeunesse ?

"L’Homme qui plantait des arbres" de Jean Giono

95. Qui est, d'après vous, le plus grand ou la plus grande ministre de l'Éducation de l'histoire ?

Je relève d’abord que depuis la Révolution française plus de 200 personnalités ont exercé cette responsabilité éminente et parmi elles une seule femme !

Une fois que l’on a fait ce constat il est difficile de ne pas citer Jule Ferry auquel on doit les fondements de notre école républicaine méritocratique, publique, laïque gratuite et obligatoire. Sa « lettre aux instituteurs » du 27 novembre 1883 n’a rien perdu de son actualité et c’est aussi un projet moderne de Nation éducative fondé sur l’universalisme républicain auquel je suis attachée.

Même s’il n’a pas été ministre, je pense aussi à Condorcet qui a été un des grands penseurs de l’éducation et un précurseur du droit des femmes d’accéder à l’éducation et au professorat dans les mêmes conditions que les hommes. Dans ses Cinq mémoires sur l’instruction publique (1791) il écrit : « Les femmes ont le même droit que les hommes à l'instruction publique (et) puisque l’instruction doit être généralement la même, l’enseignement doit être commun, et confié à un même maître qui puisse être choisi indifféremment dans l’un ou l’autre sexe »

96. Qui sera votre ministre de l'Éducation ?

Cette question sera traitée en temps voulu.

97. Et votre ministre de la Jeunesse ?

Idem. En revanche, je m’engage à ce qu’il y ait un seul ministère de la Jeunesse et des Sports.

98. Quel genre d'élève étiez-vous à l'école ?

Curieuse de tout, travailleuse, et disons-le, un peu défenseure des causes perdues.

99. Avez-vous le bac ? Quel bac ? Avec mention ?

Oui, un bac S avec mention bien.

100. Citez un jeune, vivant, qui est un modèle pour vous.

Théo Curin. C’est un modèle de courage, de ténacité et d’engagement.

Consultez ici les  💯   propositions des autres candidats qui accepté de répondre à notre questionnaire :